De nouveaux pourparlers sont prévus dimanche entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump au sujet du plan de paix visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Selon un analyste politique, même si la dernière version du plan favorise encore la Russie, Washington pourrait recourir à des mesures plus radicales si Moscou reste intransigeante.
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La rencontre intervient juste après que Volodymyr Zelensky a exposé les principaux points de la version ajustée du plan américain de règlement du conflit, revue après des consultations avec Kiev.
Néanmoins, les changements apportés ne suffisent pas à satisfaire les «exigences maximalistes» de la Russie, notamment en ce qui concerne les territoires, souligne l’analyste politique Georges Mercier.
«Ce qui est intéressant de voir, c’est que si on parvient à un accord qui donne beaucoup à la Russie et — cet accord-là donnerait beaucoup à la Russie — que la Russie dit néanmoins “non”, peut-être que là, enfin, les Américains pourraient avoir le ras-le-bol de l’intransigeance russe», a-t-il déclaré aux ondes de LCN, vendredi.
Selon lui, si Vladimir Poutine refuse de trouver un compromis, les États-Unis pourraient recourir à des mesures plus radicales susceptibles de «vraiment faire mal» à la Russie.
«Récemment, les États-Unis ont saisi un pétrolier du Venezuela. Mais il y a une flotte de navires fantômes qu’on appelle, qui permet aux Russes de continuer de vendre leur pétrole. Si Vladimir Poutine refuse l’accord, qui lui est favorable, est-ce que Donald Trump pourrait décider de saisir ou de commencer à agir de manière plus musclée contre les pétroliers russes, contre le secteur énergétique russe? C’est une possibilité», a-t-il ajouté.
De grandes concessions de la part de l’Ukraine
Bien que Moscou critique cette version du plan de paix et accuse Kiev de vouloir « torpiller » les négociations, l’analyste souligne qu’elle reste favorable à Poutine.
«Un des grands enjeux pour les Ukrainiens, c’était la fameuse question des territoires. Les Ukrainiens ne voulaient pas donner à la Russie des territoires qui auraient été conquis et même pas complètement conquis par la force», a-t-il expliqué.
La nouvelle version du plan envisage la création d’une zone démilitarisée dans le Donbass, exploité conjointement par la Russie, l’Ukraine et les États-Unis.
«Donc, ce n’est pas une cession de territoires, mais c’est quand même donner quelque chose aux Russes. Ça, c’est quand même les récompenser en quelque sorte pour leur agression», a-t-il indiqué.
Choisir une zone démilitarisée au lieu d’une cession complète de territoire est plus « tolérable » pour les Ukrainiens, même si l’initiative profite principalement aux Russes.
«Il faut être très conscient que même cette proposition-là, c’est un, sinon un aveu de faiblesse, c’est une concession majeure qu’accepte de faire Volodymyr Zelensky», a-t-il conclu.
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