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Le retour de l’indépendance genevoise fêtée sur la Treille
Les sociétés militaires et patriotiques fleurissent la plaque commémorative apposée sur la Tour Baudet.
Les fusilliers des Vieux Grenadiers de Geneve ont fait parler la poudre lors de cette 211ème cérémonie de la Restauration de Genève.
KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi
La célébration de l’indépendance genevoise reconquise sur la France napoléonienne se fête deux fois au même endroit. Le moment le plus connu donne lieu à 26 tirs d’artillerie sur la Treille au matin du 31 décembre, c’est la cérémonie cantonale.
Mais la veille déjà, les sociétés militaires, patriotiques et étudiantes occupent les lieux. Et c’est ainsi que mardi vers 18 heures, les feux de salves des Vieux Grenadiers, les chants et les discours ont résonné devant environ 400 personnes, parmi lesquels le président du Conseil d’État Thierry Apothéloz, Anne Hiltpold, des élus nationaux et le Procureur général, tous rassemblés sur une Treille balayée par une bise peut-être patriotique, mais à coup sûr assez vivifiante.
Le départ des troupes au Molard.
KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi
En réalité, l’animation avait débuté plus tôt, puisque les Vieux Grenadiers s’étaient donné rendez-vous au Mollard, pour s’ébranler en cortège et rejoindre la Vieille-Ville an passant par la rue Verdaine pour la plus grande joie des touristes. Pas rancunière avec l’histoire, la milice genevoise a gravi la pente au son de la marche consulaire de Marengo, une belle victoire napoléonienne, et l’air de «la marche redoublée de la garde impériale».
Jornot en forme
Sur la Treille, plusieurs discours ont été prononcés, dont celui du maître de cérémonie, Murat Julian Alder, président de la Société militaire, d’un représentant de Zofingue, d’Olivier Jornot et du Brigadier Yves Charrière, commandant de la Patrouille des Glaciers et commandant adjoint de la Division territoriale 1. Leur tonalité commune? L’inquiétude face au retour d’un impérialisme débridé, «bismarckien», dira Yves Charrière, au niveau international.
Mais la palme de l’éloquence revient au Procureur général. Il relève malicieusement que les discours du 30 décembre réhabilitent les acteurs de la Restauration, alors que ceux du 31 ne manquent pas de rappeler leurs positions réactionnaires. Olivier Jornot s’est du coup livré à l’exercice exonérant les tenants du retour de l’Ancien régime de leur légende noire. À l’entendre, ils mériteraient plutôt reconnaissance, leurs actions ayant permis de combler «le vide institutionnel lié au départ des Français, évitant violence et troubles et le scénario d’un possible rattachement ultérieur à la France de la République restaurée». Vous avez des doutes? Une intéressante publication de l’ancien vice-chancelier Claude Bonard et d’Anouk Dunant Gonzenbach vous permettra de vous faire une idée sur la question.
Quittant l’Histoire, Olivier Jornot conclut en brisant une lance en faveur d’une extension de Champ-Dollon, avant de dire tout le bien qu’il pense «de ceux qui servent le Canton et assurent notre sécurité».
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