La visite du chef de l’Etat somalien en Turquie, une proche alliée de son pays, intervient quatre jours après la reconnaissance par Israël du Somaliland. Cette république autoproclamée a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, à un moment où la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l’autocrate Siad Barre.
« Ingérence étrangère »
« Nous avons fermement condamné l’agression illégale du Premier ministre Netanyahu qui a reconnu une partie du nord de la Somalie comme un État indépendant. Cette agression et cette ingérence flagrante constituent une violation manifeste du droit international », a déclaré le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud.
« De telles actions créent un climat propice au développement de groupes extrémistes violents qui se nourrissent d’un discours d’ingérence étrangère, ce qu’Israël a désormais fait de manière flagrante. Il en résulte une insécurité croissante en Somalie et dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique », a-t-il ajouté. « Le président Erdogan m’a déclaré aujourd’hui que la Turquie reste pleinement engagée et prête à soutenir la Somalie », a-t-il précisé.
Israël a défendu mardi sa décision de reconnaître le Somaliland comme Etat souverain, estimant que nul ne pouvait remettre en question sa politique étrangère et notant que de nombreux pays reconnaissaient un Etat palestinien. « D’autres pays sont autorisés à reconnaître un Etat qui n’existe pas. Israël n’a pas le droit de reconnaître un véritable Etat », a dénoncé sur X le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.
Un « spatioport »
La Turquie apporte son assistance militaire et économique aux autorités de la Somalie dévastée par la guerre civile depuis le début des années 1990, dont elle contribue à rétablir l’armée et les infrastructures tout en garantissant sa présence – également maritime – en Afrique de l’Est. « La Turquie a intégré deux nouveaux navires de forage en eaux profondes à sa flotte. Le premier, baptisé Cagri Bey, opérera au large des côtes somaliennes » à la recherche d’hydrocarbures, a-t-il précisé.
Ankara prévoit par ailleurs d’établir un « spatioport », spécialisé dans des lancements spatiaux et des technologies satellitaires, en Somalie, a déclaré le chef de l’Etat turc. Le Somaliland fonctionne depuis de manière autonome, avec sa propre monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparé à la Somalie, minée par l’insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.