Des fleurs ont été déposées à proximité du lieu du drame. Pour les proches de disparus, l’attente est insoutenable.

Des fleurs ont été déposées à proximité du lieu du drame. Pour les proches de disparus, l’attente est insoutenable.

MAXIME SCHMID / AFP

« On a essayé de les joindre, certaines de leurs localisations sont encore placées ici », témoigne comme abasourdie l’une des adolescentes qui réside dans une autre commune du Valais proche de la station de ski alpine huppée. Elle désigne de la tête l’établissement Le Constellation au néon rose, désormais caché à la vue des passants par des bâches opaques blanches. « Peut-être qu’ils ont perdu leur téléphone », avance en essayant d’y croire celle qui devait aussi venir dans ce bar mais à qui ses parents ont dit qu’ils préféraient qu’elle reste avec eux.

L’attente insoutenable

« On a essayé de joindre nos copains. On a fait plein de photos. On a mis sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver », dit encore Éléonore. « Mais il n’y a rien. Pas de réponse. On a appelé les parents. Rien. Même les parents, ils ne savent pas », ajoute-t-elle. D’autres proches se démènent et font circuler sur les réseaux sociaux des photos de leurs proches, souvent des visages juvéniles. Sa copine indique avoir tout juste « réussi à avoir des nouvelles » d’un de leurs copains : « il est complètement brûlé, il est dans le coma » à Lausanne (ouest).

Les autorités helvétiques l’ont répété jeudi : il faudra du temps pour identifier les victimes, l’accent est mis pour l’heure sur la médecine légale. L’ambassadeur d’Italie, Gian Lorenzo Cornado, indiquait jeudi soir que cinq blessés sur 112 n’étaient pas identifiés. À quelques centaines de mètres du bar incendié et d’une allée piétonne bordée de pins aux guirlandes dorées, une cellule de crise a été installée dès jeudi dans le centre des congrès.

Le lieu est un peu excentré par rapport aux ruelles passantes et commerçantes. La zone est bouclée à la presse, l’entrée barrée par des policiers. Là, des familles de victimes sont reçues. Comme cette adolescente à la longue tresse et le regard planté dans le sol, sur qui se penche et parle avec un homme, brassard de l’UNIP au bras, cette unité d’intervention psychosociale de Neuchâtel. Dans une salle plus en retrait, un autre volontaire vêtu d’une chasuble bleue s’agenouille et s’adresse à un couple à l’air éprouvé.

Soutien psychologique

Dans ce centre improvisé, policiers, protection civile ou encore diplomates tentent d’orienter des proches désemparés. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, assurait jeudi après-midi lors d’une conférence de presse : « Nous devons être efficaces pour tout entreprendre, […] et pour les parents qui attendent les proches, qui ne savent pas ce qu’il se passe, l’identification », évoquant « le travail extrêmement difficile » mené par les spécialistes. Concernant « les personnes qui sont intervenues sur le plan psychologique, il y a ceux qui ont vu les scènes, ceux qui ont aidé et ceux qui vont encore le faire, je vous prie de croire que c’est quelque chose qui va être de longue durée ».