Justice: les curieux coups de fil du député Damien Abad

7 comments
  1. C’est le problème d’aller recruter au sein du parti le plus corrompu de l’histoire de la 5eme République, t’as une grande chance de ramener des raclures.

  2. >**Justice: les curieux coups de fil du député Damien Abad**

    >Le parlementaire, qui a démissionné jeudi de la présidence du groupe LR à l’Assemblée et a intégré le lendemain le gouvernement d’Elisabeth Borne, apparaît dans des écoutes policières ciblant deux de ses amis. Ces derniers étaient surveillés dans le cadre d’une enquête judiciaire sur une affaire de barbouzerie.

    >publié le 20 mai 2022 à 12h45
    (mis à jour à 17h20)

    >L’amitié, c’est sacré, dit-on souvent. Et celui qui était président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale jusqu’à jeudi, candidat à sa réélection lors des prochaines législatives, en sait quelque chose, au point qu’il se retrouve embarrassé par des conversations qui viennent perturber un dossier judiciaire criminel. Des conversations avec un «ami», justement.

    >Ce membre de la commission des finances, qui s’est fait connaître par ses déclarations publiques l’ayant mené à incarner jusqu’à présent l’une des figures majeures de l’opposition de droite et qui a été nommé ministre des Solidarités du gouvernement Borne n’aurait-il pas tendance à se mêler de ce qui ne le regarde pas ? La question affleure dans une affaire insensée, découverte à l’été 2020 après que deux militaires de la DGSE ont été arrêtés en banlieue parisienne : ils se préparaient − selon les investigations judiciaires − à assassiner une femme à la sortie de chez elle. A la lumière de ces faits, sur lesquels deux juges d’instruction sont saisis à Paris, une cellule criminelle composée d’anciens des services de renseignement et d’agents de la sécurité privée a été mise au jour. Selon les juges, ce petit groupe, membres dévoyés d’une loge franc-maçonne, jouait aux officiers d’élite, soi-disant chargés d’exécuter les missions les plus secrètes de l’Etat – c’est parfois ainsi qu’ils se présentaient. En réalité, la justice reproche à l’équipe d’avoir, contre quelques milliers d’euros, effectué des filatures, tabassé des cibles, volé des documents, fomenté des projets sanglants bien loin de quelconques missions officielles. Le groupe s’est − selon l’enquête − retrouvé avec un mort sur les bras : un coureur automobile qui visiblement ne s’était pas acquitté de ses dettes. Les uns et les autres se renvoient la responsabilité du meurtre devant la justice.

    >**«La pêche aux informations»**

    >L’un des suspects de cette fameuse cellule de tueurs à gages a, le premier, dévoilé l’existence d’un projet fou, un de plus : un contrat placé sur la tête d’un salarié d’une usine de plastiques de la vallée d’Oyonnax (Ain). Le salarié qui, certes, avait été vu sur un rond-point avec des gilets jaunes au plus fort des manifestations, était syndicaliste et ne semblait pas poser le moindre problème. Mais le suspect balance les patrons de l’usine, Laurent et Muriel, un frère et une sœur qui ont hérité de l’entreprise, comme les commanditaires potentiels. La brigade criminelle mène de discrètes investigations pour vérifier ce qu’il en est, «branche» leurs téléphones, mais la presse commence à s’interroger, sans plus de détails, sur l’existence d’un projet visant un «syndicaliste» de l’Ain. La presse écrite et les télés affluent aux alentours de l’usine.

    >Et c’est là que le nom du député du cru, Damien Abad, apparaît dans les conversations. C’est un ami de Laurent, qu’il croise régulièrement au rugby, et de sa femme − les entrepreneurs sont allés à un ou deux de ses meetings électoraux. L’écoute captée le 21 mars 2021 par les policiers se déroule entre le frère et la sœur, qui évoquent ensemble la situation. A ce stade, la police n’a pas encore frappé à leur porte, les juges encore moins, ils ignorent le contenu de l’enquête. Le duo s’inquiète des reportages évoquant la cellule de barbouzes démantelée à Paris et de voir que ses membres ont été arrêtés, comprend que l’homme qu’ils avaient fait travailler pour des audits de sécurité dans leur usine faisait partie de cette curieuse équipe, craint d’être incriminés. Les voilà qui reviennent sur un sujet diffusé sur TF1. Laurent : «Il est intéressant et ça démontre bien… la merde dans laquelle on… a mis les pieds.» Muriel : «Ouais mais à notre… insu.»

    >Selon Laurent, Damien Abad, dont le Parisien rappelle qu’il était venu visiter l’usine avec Laurent Wauquiez, l’aurait appelé en lui demandant : qu’est-ce que c’est que «ce bordel» ? «Il veut savoir où ça en était», raconte Laurent à sa sœur. «Demain matin il appelle la préfète [du département, ndlr] pour savoir si elle a des informations… et puis suivant ce qu’elle dit il appelle le procureur.» Pour savoir, toujours selon le chef d’entreprise, s’il «va y avoir» une enquête, «qui dirige l’enquête», est-ce que ce sera «sur Paris ou Lyon ou Bourg»… «Il va essayer d’aller un peu à la pêche aux informations» et il «me tient au courant», et nous «on le tient au courant au fur et à mesure», dit-il encore à propos d’Abad… «Damien voulait aussi qu’on fasse… un article dans le Progrès… pour contrer un peu tout ce qu’ils ont dit» et «calmer le jeu». Tout au long de la conversation, Muriel acquiesce avec force interjections, «dingue» ou «putain».

    >**«Je ne me permettrais pas d’interférer»**

    >Placé en garde à vue début mai 2021 dans le cadre du projet meurtrier contre son salarié, Laurent est interrogé sur les suggestions – selon la conversation qu’il avait rapportée – du député, et maintient ses propos devant les policiers. Il a été innocenté à ce stade de toute implication alors que Muriel, elle, est soupçonnée d’association de malfaiteurs «en vue de commettre un crime» avec son mari − le couple a passé quelques mois en détention préventive et a été libéré. Muriel est désormais sous le coup d’un bracelet électronique, précise son avocat.

    >Damien Abad a-t-il cherché à intervenir sur le cours de la justice ? A Libé, le député assure qu’il n’a fait que répondre ce jour-là à un ami en pleurs. «Il m’a appelé», dit-il en contredisant les propos du chef d’entreprise. «Je lui ai remonté le moral comme à un ami», dit le chef de file LR à l’Assemblée. «Je me suis renseigné sur ce qui se passait, c’est tout. Je ne me permettrais pas d’interférer.» Le député a-t-il voulu jouer les attachés de presse ? «Je leur ai peut-être suggéré de faire un article, c’était par rapport à leur société. Mais jamais je n’ai cherché à les protéger.» A la femme de son ami Laurent, il a adressé un SMS le 5 avril 2021 : «J’ai vu la préfète» qui confirme qu’aucune enquête n’est en cours «dans le département».

    >Abad ne se souvient plus s’il lui a téléphoné ou s’il est tombé fortuitement sur la représentante de l’Etat dans le département, mais il n’aurait en tout cas, assure-t-il, jamais appelé le procureur de la République. «Il dit n’importe quoi», en parlant de Laurent. Le 4 mai 2021, le jour de la garde à vue de Laurent et Muriel, la femme du chef d’entreprise prévient le député par SMS. Deux jours plus tard, ce dernier répond : «Je te souhaite bon courage.» L’affaire de la cellule de barbouzes compte à ce stade plus de quinze personnes mises en examen.

    >Mise à jour: avec la nomination vendredi après-midi de Damien Abad au sein du gouvernement d’Elisabeth Borne

  3. Prochainement sur vos écrans : Damien Abad faisait partie d’un complot visant à déplacer le Mont Saint-Michel en Normandie.

  4. >Le groupe s’est − selon l’enquête − retrouvé avec un mort sur les bras : un coureur automobile qui visiblement ne s’était pas acquitté de ses dettes. Les uns et les autres se renvoient la responsabilité du meurtre devant la justice.

    Je… quoi?

    > «Demain matin il appelle la préfète [du département, ndlr] pour savoir si elle a des informations… et puis suivant ce qu’elle dit il appelle le procureur.» Pour savoir, toujours selon le chef d’entreprise, s’il «va y avoir» une enquête, «qui dirige l’enquête», est-ce que ce sera «sur Paris ou Lyon ou Bourg»… «Il va essayer d’aller un peu à la pêche aux informations» et il «me tient au courant», et nous «on le tient au courant au fur et à mesure», dit-il encore à propos d’Abad…

    QUOI?

    >Damien Abad a-t-il cherché à intervenir sur le cours de la justice ? A Libé, le député assure qu’il n’a fait que répondre ce jour-là à un ami en pleurs. «Il m’a appelé», dit-il en contredisant les propos du chef d’entreprise. «Je lui ai remonté le moral comme à un ami», dit le chef de file LR à l’Assemblée. «Je me suis renseigné sur ce qui se passait, c’est tout. Je ne me permettrais pas d’interférer.»

    **TOUT VA BIEN.**

  5. On va finir par le voir enlever ses lunettes et se servir normalement de ses mains, comme à la fin d Usual Suspects

Leave a Reply