Dans de nombreux supermarchés, les boîtes d’œufs disparaissent
en quelques heures et les linéaires restent vides. Pour éviter une
flambée des prix, certaines enseignes ont commencé à proposer des
œufs importés d’Ukraine.

Depuis le début de l’année dernière, le taux de rupture dépasse
13 % en grande distribution, avec un pic à 15 % l’été. “C’est
énorme, affirme David Lecomte, directeur Insight consommateur
chez NielsenIQ, pour un entretien rapporté par 60 Millions de consommateurs.
On estime, en effet, qu’un taux de rupture acceptable est de
l’ordre de 2 %.”

“L’œuf est un aliment relativement complet, car il est riche en
protéines”

L’œuf remplace souvent la viande dans les assiettes : une boîte
de six coûte 2,08 € en moyenne, quand le bœuf atteint 16,11 € le
kilo. “L’œuf est un aliment relativement complet, car il est
riche en protéines (12g pour deux œufs) et en de nombreuses
vitamines du groupe B (catalyseurs d’énergie), A et E
(antioxydantes) et en vitamine D (fixation du calcium sur les os).
Il contient également du fer (près de 2 mg pour deux œufs)
nécessaire à l’efficacité de l’hémoglobine assurant la livraison de
l’oxygène aux muscles”, détaille la Dre Laurence Plumey.

Pour suivre, “Les capacités de production tournent à plein
régime et ne suffisent plus actuellement à absorber cette forte
demande”, observe encore David Lecomte. Malgré cette tension,
les prix n’ont augmenté que de 1,2 % en un an, en partie grâce à
des achats à l’étranger. En parallèle, la filière française prévoit
300 nouveaux poulaillers d’ici 2030 afin d’atteindre 90 % de poules
pondeuses élevées hors cage.

Des œufs ukrainiens moins chers mais
pas sans risque pour le consommateur

Les importations venues d’Ukraine sont au cœur des critiques du
CNPO, l’interprofession de l’œuf. “Ces œufs ne respectent pas
les normes de production et peuvent contenir des substances
interdites en Europe, entraînant un risque sanitaire important pour
le consommateur”, affirment-ils. Plusieurs alertes européennes
en 2025 ont signalé dans ces œufs des résidus d’antibiotiques
bannis dans l’Union européenne depuis plus de quinze ans.

Le débat touche aussi au bien être animal.
Alors que la grande distribution s’est engagée à sortir des œufs de
poules en cage et à recourir à l’ovosexage pour éviter le broyage
des poussins mâles, certains œufs ukrainiens restent produits en
“code 3”. “C’est une vraie situation de concurrence
déloyale”, dénoncent les professionnels, qui estiment
supporter en France des contraintes bien plus strictes pour
répondre aux attentes sociétales.