Maria (nom fictif) souhaitait continuer à travailler comme assistante parentale au Luxembourg, mais les récents changements législatifs exigeant davantage de compétences numériques l’ont amenée à renoncer au seul emploi qu’elle a occupé toute sa vie.

Pour ceux qui veulent commencer une carrière dans ce domaine aujourd’hui, c’est également plus difficile: davantage de compétences linguistiques sont désormais requises. Certains ont toujours travaillé dans le secteur du nettoyage et n’ont jamais appris à se servir d’un ordinateur, une exigence qui est désormais obligatoire dans presque toutes les offres d’emploi.

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Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres qui montrent que l’entrée sur le marché du travail luxembourgeois est de plus en plus exigeante, ce que confirme l’Agence pour le développement de l’emploi (ADEM): «Le marché du travail traverse une période sans précédent.»

La création nette d’emplois à un niveau historiquement bas

«Une combinaison de facteurs explique les difficultés de réinsertion de nombreux candidats sur le marché du travail», explique l’ADEM à Contacto, citant à titre d’exemple la baisse du taux de création d’emplois, l’augmentation de l’inadéquation entre les compétences des candidats et les besoins des entreprises, et l’accélération de la digitalisation.

Si le Luxembourg continuera d’embaucher massivement – près de 170.000 embauches entre 2024 et 2025 -, la création nette d’emplois est «à un niveau historiquement bas, une situation inédite», et le nombre de postes vacants déclarés à l’ADEM est en baisse depuis mi-2022.

En revanche, la digitalisation est désormais l’un des facteurs qui pèse le plus lourd en matière d’embauche. «Il y a des gens qui ont beaucoup d’expérience professionnelle et qui n’ont jamais eu à utiliser les outils numériques. Lorsqu’elles perdent leur emploi, il leur est difficile de revenir sur le marché du travail. Aujourd’hui, pratiquement tous les emplois requièrent des compétences numériques, et même pour postuler, il faut savoir utiliser un ordinateur», note l’agence luxembourgeoise pour l’emploi.

Il existe également un «déficit de compétences», ce qui signifie que «les compétences des candidats ne correspondent pas aux exigences des employeurs».

70% des postes vacants requièrent une ou deux langues du pays

Les exigences linguistiques constituent un autre obstacle à la recherche d’un emploi et ont augmenté «considérablement au cours de la dernière décennie». En 2015, 53% des offres d’emploi enregistrées auprès de l’ADEM exigeaient la maîtrise du niveau B ou C (Cadre européen commun de référence pour les langues) d’une ou deux langues parlées dans le pays. Aujourd’hui, ce chiffre dépasse les 70%. Outre les trois langues officielles du pays (luxembourgeois, français et allemand), l’anglais est également requis. «Le portugais est particulièrement recherché dans le secteur de la construction», explique l’agence pour l’emploi.

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Tous les candidats inscrits à l’ADEM «passent des tests en ligne dans les langues qu’ils ont déclaré parler au moment de leur inscription», ajoute-t-elle, ce qui permet «d’optimiser l’accompagnement personnalisé de l’agence pour l’emploi dans l’orientation vers les mesures d’emploi et de formation».

Des jeunes aux attentes «irréalistes»

Le marché est également plus cruel pour les plus de 45 ans que pour ceux qui débutent. Plus de la moitié des demandeurs de plus de 45 ans sont des chômeurs de longue durée (plus d’un an), alors que ce n’est le cas que d’un jeune sur cinq.

Les jeunes demandeurs (âgés de 16 à 30 ans) sont, en moyenne, inscrits depuis moins longtemps que les demandeurs plus âgés. Environ 42% des jeunes sont inscrits depuis moins de quatre mois, contre seulement 17% des personnes âgées de 45 à 64 ans.

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Au cours des dix dernières années, le taux d’emploi des jeunes âgés de 15 à 24 ans a augmenté de neuf points de pourcentage, alors que le taux d’emploi global n’a progressé que de quatre points, selon Eurostat.

En même temps, «il est clair que de nombreux jeunes se sentent dépassés par la complexité du marché du travail et ont parfois des attentes irréalistes quant à leur parcours professionnel ou aux compétences requises», souligne l’ADEM.

Pour répondre à ce scénario, l’organisme public dit renforcer son offre de formation adaptée aux besoins du marché du travail et dispose également de programmes de coaching et de formations spécifiques pour les jeunes candidats, comme le programme Start Your Career, qui met l’accent sur le développement des compétences numériques et personnelles.

Que dois-je faire si je veux travailler au Luxembourg?

Pour ceux qui souhaitent venir travailler au Grand-Duché, l’agence pour l’emploi conseille de «bien se renseigner sur le marché du travail luxembourgeois», notamment sur «les secteurs qui recrutent, les compétences requises et si le diplôme est reconnu dans le pays ou s’il existe des procédures spécifiques, en particulier pour les professions réglementées».

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Des outils tels que JobInsights permettent d’explorer les «professions les plus recherchées et les secteurs en croissance» et d’autres, comme la plateforme Work in Luxembourg, qui a été réorganisée en 2024, visent à attirer des talents internationaux dans des domaines ayant des besoins spécifiques, en aidant les personnes venant de l’étranger à postuler pour des professions en forte pénurie dans le pays afin de répondre à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Cet article a été publié initialement sur le site de Contacto. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Antony Speciale.