“En outre, les lits sont occupés moins longtemps, ce qui permet aux hôpitaux de traiter davantage de patients et d’utiliser un personnel soignant, qui est loin d’être surabondant, d’une façon plus efficiente”, dit le rapport. Par exemple, grâce au fait que l’hospitalisation de jour ne nécessite pas de permanence nocturne.

Des séjours moins longs sans retour à l’hôpital

L’étude du KCE montre que la réduction du séjour hospitalier n’augmente pas le risque de réadmission non planifiée ou la mortalité dans les 30 jours pour les patients. Mais le nombre de réadmissions non planifiées reste élevé dans le groupe des patients plus âgés (plus de 85 ans).

Le KCE rappelle également que des études belges plus anciennes montrent que le nombre de réadmissions non planifiées varie sensiblement d’un hôpital à l’autre.

En examinant la littérature scientifique internationale, le KCE confirme que les séjours courts ne comportent pas davantage de risques, à une exception près : la prise en charge de l’insuffisance cardiaque. “Il est donc important de réaliser des analyses par pathologies”, dit le KCE, qui planifie de le faire pour certaines d’entre elles dans le second volet de l’étude.

Étudier l’impact sur la consommation de soins ambulatoires

Le KCE doit encore étudier l’impact sur la consommation de soins et les coûts sur le secteur ambulatoire : généralistes, soins infirmiers à domicile, kinésithérapie et contacts ambulatoires avec les urgences. Mais il doit aussi se pencher sur les répercussions sur le bien-être du patient et des aidants proches.

Le KCE rendra un rapport sur l’impact de cette évolution des séjours plus courts sur les soins ambulatoires à l’automne 2026.

“Des séjours plus courts demandent souvent aussi des soins plus intensifs au cours de l’hospitalisation, ce qui signifie qu’il faut disposer de suffisamment de personnel qualifié pour garantir la qualité et la sécurité des soins”, conclut le KCE.

Quels sont les mécanismes qui incitent les hôpitaux à diminuer la durée des hospitalisations ?

Le financement des hôpitaux intègre des mécanismes qui encouragent la diminution des séjours. Le budget des moyens financiers (budget national à enveloppe fermée) est fixé à l’avance. Il est réparti entre les hôpitaux au moyen d’un système de points, qui débouche sur un nombre de lits justifiés par hôpital.

Un paramètre important dans le système de points est la durée de séjour moyenne par DRG (Diagnosis-Related Group), calculée sur les trois années qui précèdent. C’est sur la base de cette moyenne nationale qu’est calculé le nombre de journées d’hospitalisation et de lits “justifiés” par hôpital. Pour un hôpital, une durée de séjour réelle supérieure à la moyenne nationale est financièrement désavantageuse.

Parallèlement, des mécanismes encouragent le recours à la chirurgie de jour. Il existe une liste de prestations, supposées être réalisées par défaut en chirurgie de jour. Même si elles donnent lieu à une hospitalisation classique, l’hôpital ne touche que l’équivalent d’une hospitalisation de jour.