Installé au sommet du mont des Oliviers à Jérusalem-Est, les rayons du soleil caressant autant les vieilles stèles qu’ils scintillent sur le toit du Dôme du rocher, il n’est pas difficile de concevoir l’importance historique du plus ancien cimetière juif au monde et de comprendre pourquoi son emplacement, au cœur du secteur arabe de Jérusalem-Est, en a fait une poudrière politique toujours prête à exploser.
Sur ce versant en terrasses de la montagne – qui est situé de l’autre côté de la vallée du Cédron, en face de la Vieille Ville de Jérusalem et du mont du Temple, ce mont vénéré par les trois grandes religions et entouré de quartiers arabes, à l’Ouest – près de 150 000 Juifs, avec parmi eux des sages, des prophètes et des chefs du mouvement sioniste, auraient été inhumés sur une période de 3 000 ans. Chaque section, chaque stèle possède sa propre histoire et ses secrets.
Pour Jeff Daube, le président du comité exécutif au sein du Comité international pour Har Hazeitim (ICHH), un groupe qui consacre ses activités à la restauration et à la protection du cimetière, il s’agit d’un trésor national qui devrait pouvoir attirer un nombre beaucoup plus important de visiteurs.
« A mes yeux, Har Hazeitim [le mont des Oliviers en hébreu] est avant tout un lieu d’éducation », s’exclame Daube, enseignant de carrière et militant politique, lors d’un entretien accordé au Times of Israel à l’occasion d’une visite sur la montagne. « Ce que nous avons ici, c’est le panthéon des personnalités juives, sionistes et rabbiniques les plus éminentes – c’est un manuel de l’Histoire juive sans égal. Et ce que nous voulons, c’est faire venir ici un plus grand nombre de jeunes, de touristes, d’étudiants et de soldats pour qu’ils puissent s’instruire ».
L’ICHH avait été créé en 2010 après qu’un rapport cinglant du contrôleur de l’État de l’époque, Micha Lindenstrauss, avait révélé que le site était dans un état de délabrement avancé, théâtre « d’actes de vandalisme et d’activités criminelles ».
L’organisation a passé les 15 dernières années à œuvrer à réhabiliter le mont des Oliviers et à renforcer sa sécurité. Récemment, elle a lancé les travaux de construction d’un nouveau centre d’accueil des visiteurs – des travaux auxquels une enveloppe de 25 millions de shekels a été allouée. Ce centre devrait ouvrir ses portes à la fin de l’année 2026.

Jeff Daube, président du comité exécutif israélien du Comité international pour Har Hazeitim, guide une visite du mont des Oliviers, le 17 novembre 2025 (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
Malgré son emplacement controversé – il se trouvera à côté d’une mosquée dans le quartier arabe de Ras Al-Amud – le centre d’accueil est un projet qui, affirme Daube avec conviction, sera totalement apolitique. Même si certains en doutent.
« Il n’y a aucun agenda politique derrière ce projet, si ce n’est l’éducation juive. Le message du centre sera conçu pour transmettre cette partie importante de l’Histoire juive à des visiteurs appartenant à toutes les tendances politiques », explique Daube.
Néanmoins, des organisations comme Emek Shaveh – qui s’oppose à ce qu’elle considère comme une « politisation, » dit-elle, des sites archéologiques à Jérusalem-Est – voient dans ce nouveau bâtiment la marque d’une stratégie plus large de la droite de l’échiquier politique, une stratégie dont l’objectif est de mettre en place un contrôle juif accru sur les quartiers arabes.
« Ce nouveau centre est une pièce supplémentaire dans le puzzle des sites touristiques qui sont administrés par les colons, avec pour objectif de consolider la mainmise israélienne par le biais d’une présence juive soutenue », explique Alon Arad, le président-directeur-général d’Emek Shaveh, dans une déclaration faite au Times of Israel. « Ces initiatives sont susceptibles de menacer davantage les droits humains au sein des communautés palestiniennes et elles sont aussi susceptibles d’exacerber les tensions dans la région ».

Une photo aérienne prise le 12 octobre 2025 montre l’emplacement du centre d’accueil des visiteurs au pied du mont des Oliviers, entouré d’un cercle. Les quartiers arabes de Ras Al-Amud et Silwan se trouvent à gauche (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)
Une histoire des élites juives
Le cimetière du mont des Oliviers, d’une superficie de 25 hectares, est situé sur une crête montagneuse qui s’étend du mont Scopus, au nord, jusqu’au « mont de la Corruption », au sud – un site rattaché au culte des idoles pendant la période du Premier Temple. La crête montagneuse – qui est également appelée mont des Oliviers – sert de ligne de partage des eaux, séparant la ville de Jérusalem du désert de Judée qui s’étend à l’Est.
Le terrain du cimetière, qui s’élève au-dessus de la tombe de Zacharie et de la colonne d’Absalom, est constitué de calcaire crayeux – un type de roche qui se prête beaucoup mieux à l’excavation de tombes et de grottes qu’à la construction, note Daube.
Son emplacement à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem en a fait un lieu d’inhumation évident en raison de l’interdiction religieuse d’enterrer les défunts dans la ville.
Le cimetière a conservé son caractère sacré après la destruction du Second Temple par les Romains, en l’an 70 de l’ère commune et pendant des siècles, les Juifs ont gravi le mont des Oliviers pour contempler les ruines du lieu saint et pour pleurer sa disparition.
Selon les estimations, 38 000 stèles du cimetière avaient été détruites quand la région était passée sous le contrôle de la Jordanie, en 1948. Après la conquête du territoire par Israël en 1967, un grand nombre des pierres tombales avaient été identifiées par Abed Sayd, légendaire gardien du cimetière et fossoyeur de quatrième génération doté d’une mémoire phénoménale, qui connaissait par cœur la configuration du terrain.
Parmi les tombes des 150 000 Juifs qui on été inhumés le long de la montagne, les lieux de sépulture présumés des prophètes bibliques Aggée, Malachie, Zacharie et Hulda. Y ont également été enterrés un sage, Ḥayyim ben Moshe ibn Attar, connu sous le nom de son commentaire de la Torah, Ohr Hachaim, qui avait vécu au 18e siècle ; le rabbin Abraham Isaac Kook ; le rabbin Yitzhak Hutner ; le « père de l’hébreu moderne » Eliezer Ben-Yehuda ; le lauréat du prix Nobel Shai Agnon ; le Premier ministre Menachem Begin ; et la fondatrice de l’organisation féminine Hadassah, Henrietta Szold.

Le cimetière du Mont des Oliviers, le 17 novembre 2025. La tombe de la fondatrice de l’organisation féminine Hadassah, Henrietta Szold, est entourée de plants de romarin (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
La tombe d’Ohr Hachaim (1696-1743) est la plus visitée, en raison de la popularité de ses enseignements au sein de la communauté hassidique, explique Daube. La sépulture la plus ancienne appartiendrait, selon la tradition, à la fille du pharaon égyptien qui avait épousé le roi Salomon, il y a environ 3 000 ans.
« Ce ne sont là que quelques-unes des personnalités les plus célèbres, mais même les moins connues ont des histoires incroyables », fait remarquer Daube.
C’est un club exclusif auquel tout le monde ne peut pas adhérer. Le prix d’une concession face à la Vieille Ville – une « chambre avec vue », s’amuse Daube – s’élève à plus de 50 000 dollars pour ceux qui rêvent d’y entrer, pour cause de forte demande et de manque d’espace disponible. Les concessions moins prisées dans différentes sections du cimetière coûtent tout de même environ 20 000 dollars. Contrairement à Har Hamenuhot, le principal cimetière de Jérusalem, il n’y a pas de complexes funéraires à plusieurs niveaux disponibles.
Environ 400 funérailles ont actuellement lieu, chaque année, sur le mont des Oliviers, note Daube.

Un groupe de lycéens écoute l’histoire d’un soldat israélien tombé au combat sur le mont des Oliviers lors de Yom HaZikaron en 2017 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Récits d’un passé enfoui
Pavé d’innombrables tombes sculptées dans la pierre pâle de Jérusalem, le cimetière recèle un trésor d’histoires fascinantes, obscures ou inspirantes.
Il y a l’histoire d’Hannah Rachel Verbermacher de Ludmir, la seule femme rabbin de l’histoire du judaïsme hassidique. Il y a aussi celle de la grand-mère du roi Charles d’Angleterre, la princesse Alice de Battenberg, qui avait été honorée par Yad Vashem pour avoir sauvé des Juifs pendant la Shoah et dont la dépouille avait été transférée dans une crypte à Gethsémani, le jardin où Jésus aurait été arrêté, en 1988. Et il y a l’histoire de Warder Cresson, un homme riche qui s’était converti au judaïsme et qui était brièvement devenu le tout premier consul américain à Jérusalem en 1844 – il est enterré à côté du milliardaire et philanthrope Sheldon Adelson sur une falaise panoramique qui surplombe le mont du Temple.
Une grotte souterraine qui abriterait les restes de Haggai, Zacharie et Malachie, les prophètes juifs dont les noms avaient été mentionnés dans la Bible, il y a 2 500 ans, se trouve sur un terrain placé sous le contrôle de l’Église orthodoxe russe, qui est entretenu par un moine nommé Yirmiyah. Debout dans la caverne fraîche et sombre, il guide les visiteurs en leur expliquant la structure et l’histoire de l’ancienne tombe.
Un lieu sensible pour la communauté internationale, fait remarquer Daube, qui rappelle que de récents travaux de rénovation, effectués par l’église, qui ont porté sur les garde-corps ornés de croix situés le long de l’escalier de la grotte, ont failli provoquer un incident diplomatique.

Un moine orthodoxe russe nommé Yirmiya fait visiter la grotte des prophètes sur le mont des Oliviers à Jérusalem, le 17 novembre 2025 (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
Plus au sud, une partie de la montagne a été dédiée à la mémoire des 228 soldats tombés sur le front pour Jérusalem lors de la guerre d’indépendance d’Israël, en 1948. Des soldats qui avaient tous en commun d’être des « soldats seuls » qui avaient perdu toute leur famille pendant la Shoah avant d’arriver au sein de l’État juif et qui « s’étaient vu mettre un fusil entre les mains », dit Daube.
A proximité, un autre monument rend hommage aux habitants de la Vieille Ville qui avaient perdu la vie pendant la guerre de 1948. Plus haut, plusieurs dépouilles qui avaient été exhumées du cimetière juif du Gush Katif et réinhumées dans le sillage du retrait israélien de la bande de Gaza, en 2005.

Un monument sur le mont des Oliviers rend hommage aux habitants de la vieille ville tombés pendant la guerre de 1948, le 17 novembre 2025 (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
Différentes sections du cimetière sont placées sous la supervision de différentes sociétés funéraires de la Chevra Kadisha – et des différences sont visibles dans le niveau d’entretien qui dépend, pour sa part, de facteurs divers : le temps, les fonds, l’intérêt présenté par les sépultures… Les tombes des dirigeants sionistes ont tendance à être bien entretenues, dit Daube, tandis que celles qui se trouvent sous l’église Dominus Flevit, qui sont les plus négligées, sont envahies par les mauvaises herbes.
La tombe d’Henrietta Szold, qui est entourée de plants de romarin, avait fait l’objet des soins attentifs du gardien Abed Sayd jusqu’à son propre décès, il y a plusieurs années, raconte Daube – conformément à une promesse que le père du gardien lui avait faite dans les années 1940. Son petit-fils perpétue aujourd’hui la tradition familiale et les visiteurs du cimetière l’aperçoivent souvent près de l’olivier qui se trouve à proximité de la tombe de Szold, où son ancêtre se reposait aussi.
La Cité de David tient à jour une base de données qui répertorie les noms de dizaines de milliers de personnes qui ont été inhumées sur le mont des Oliviers – mais le système est difficile à consulter, explique Daube. Il dit espérer qu’un futur projet de l’ICHH permettra de créer un site internet facile d’accès pour le public, autorisant ce dernier à découvrir les noms et les histoires des défunts.
Un lieu pour toutes les nations ?
L’histoire du mont des Oliviers va toutefois bien au-delà de l’Histoire juive.
Souvent mentionnée dans le Nouveau Testament chrétien, la crête de la montagne a une importance particulière pour les chrétiens – c’est là que Jésus aurait livré ses enseignements à ses disciples et c’est de là qu’il serait monté au ciel, selon le Livre des Actes.
Le secteur qui entoure Gethsémani est l’un des plus sacrés de la chrétienté, et de nombreux chrétiens et juifs croient encore que l’ère messianique commencera au sommet de cette montagne.
Aujourd’hui, le mont des Oliviers abrite plus d’une douzaine d’églises – dont la magnifique Église de toutes les Nations, avec sa façade et ses piliers imposants, et l’église orthodoxe russe Sainte-Marie-Madeleine, avec ses dômes dorés.
Et à ce jour, alors même que les moines et les nonnes prient et qu’ils font la récolte des olives, des conflits surgissent fréquemment entre l’État et l’Église catholique, le plus grand propriétaire foncier de Jérusalem, notamment en ce qui concerne les droits de propriété, les permis de rénovation et le contrôle des voies d’accès.

L’église Sainte-Marie-Madeleine a été construite par Alexandre III de Russie et achevée en 1888. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Aujourd’hui, une grande partie de la partie arabe de Jérusalem-Est se trouve sur la montagne – secteur où vivent environ 350 000 Palestiniens et plusieurs milliers de Juifs.
Les efforts déployés par les partisans du mouvement pro-implantations pour parvenir à ancrer des enclaves juives dans des quartiers palestiniens à la population dense – comme c’est le cas à Ras Al-Amud et à Silwan – se sont souvent heurtés à une résistance farouche de la part des habitants.
Alors que nous contemplons Ras Al-Amud depuis le sommet du mont des Oliviers, Daube pointe du doigt Maale Hazeitim, un complexe résidentiel qui a été construit en 2003 et qui accueille aujourd’hui plus de 200 familles juives.
À proximité, un grand bâtiment rectangulaire connu sous le nom de Maalot David abrite une quarantaine de familles juives. Dans la direction opposée, un bâtiment, « Beit HaChoshen », où vivent neuf familles juives. Il se distingue des autres immeubles par son gigantesque drapeau israélien.
L’ICHH ne s’implique pas directement auprès de ces communautés même si l’organisation coopère avec elles sur diverses questions, précise Daube.

Le quartier juif de Maale Hazeitim, au cœur du quartier arabe de Ras al-Amoud, sur le mont des Oliviers, mai 2011 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Les habitants de ces complexes résidentiels – qui sont protégés du harcèlement et des occasionnels jets de cocktails Molotov par des murs élevés et des protocoles de sécurité sophistiqués – ont tendance à croire que leur présence renforce la position stratégique d’Israël à Jérusalem-Est. D’autres les considèrent toutefois comme une provocation inutile qui ne fait que porter atteinte aux relations entre Juifs et Arabes.
Les habitants de Ras al-Amud ont déploré le fait que les nouvelles caméras de sécurité et les patrouilles autour du cimetière empiétaient sur les ruelles où ils vivent, tandis que les familles juives installées à Maale Hazeitim évoquent des cocktails Molotov qui auraient été lancés sur leurs immeubles depuis les toits voisins. Même la simple question de l’accès des bus touristiques au cimetière suscite des controverses, les résidents palestiniens s’opposant à ce que les bus stationnent dans les rues étroites et les guides juifs exigeant des voies d’accès plus sûres.

Aviv Tatarsky, chercheur à l’organisation Ir Amim. (Autorisation)
« Depuis plus de 30 ans, des organisations de droite s’efforcent d’installer des Israéliens dans des habitations de ces quartiers », explique Aviv Tatarsky, chercheur à Ir Amim, un groupe de veille qui se consacre aux activités israéliennes à Jérusalem-Est.
« Cette stratégie s’est avérée être infructueuse dans la mesure où il y a beaucoup de Palestiniens dans ces quartiers et aucun espace pour s’étendre – et la prise de contrôle des bâtiments est un processus lent et coûteux. Mais ces gens continuent de se concentrer sur la nécessité d’asseoir la mainmise israéliene, même s’il s’agit de quartiers palestiniens ».
Ir Amim, tout comme Emek Shaveh, dénonce depuis longtemps l’utilisation des sites patrimoniaux de Jérusalem comme autant d’outils politiques qui permettent de remodeler l’accès aux espaces publics sans avoir à acquérir des terrains.
Les initiatives entreprises dans le domaine du tourisme – comme la construction du centre d’accueil du mont des Oliviers – servent mieux cet objectif que l’installation de résidents juifs dans des immeubles résidentiels parce qu’elles sont susceptibles d’avoir un impact beaucoup plus important, indique Tatarsky.
« Le nombre de visiteurs désireux de venir découvrir cet endroit est beaucoup plus important que le nombre de personnes qui peuvent venir vivre dans le secteur – et en procédant ainsi, vous pouvez aussi impliquer, malgré eux, des gens qui n’ont par ailleurs aucune affiliation idéologique avec le mouvement », ajoute Tatarsky.
Nettoyer les dégâts
C’est dans ce contexte politique tendu que le cimetière du mont des Oliviers a été négligé pendant des années par les forces de sécurité et par les autorités de l’État et par les responsables de la ville.
Quand Israël avait conquis Jérusalem-Est, prenant la partie orientale de la ville sainte à la Jordanie, en 1967, l’ancien cimetière avait été profané. Si l’État avait procédé à quelques petites rénovations peu après la guerre, la zone avait été largement ignorée, son avenir restant incertain au niveau politique.
Lorsque le contrôleur de l’État avait diffusé son rapport sur l’état du site, en mai 2010, le cimetière était alors devenu « une décharge pour les entrepreneurs, un lieu de passage pour les ânes, un terrain de football pour les jeunes Arabes et un marché pour la drogue et les trafics, [où] des vandales profanaient régulièrement les tombes et souillaient les stèles [et où] les familles en deuil et les fidèles juifs étaient fréquemment visés par des jets de pierre », affirme une brochure qui avait été publiée par l’ICHH en 2018.

Des chrétiens participent à la procession du dimanche des Rameaux sur le mont des Oliviers à Jérusalem, le 24 mars 2024. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)
Ce rapport avait incité l’homme d’affaires juif américain Abe Lubinsky et son frère Menachem à créer l’ICHH, avec le soutien de leaders communautaires juifs.
Au cours de la première année d’activité de l’organisation, environ 175 caméras de surveillance avaient été installées autour du cimetière, placées sous la supervision d’une entreprise de sécurité privée, et les travaux de restauration de milliers de tombes avaient été lancés.
Le travail de l’ICHH s’était encore élargi étendu au fil du temps – et il y a aujourd’hui 230 caméras qui sont surveillées en permanence par des agents hébergés dans une structure temporaire. Des clôtures et des éclairages ont été installés, et des agents patrouillent pour localiser d’éventuels vandales et autres criminels.
Conformément à une décision prise par le gouvernement en 2012, la sécurité du cimetière est désormais coordonnée par le ministère de la Construction et du Logement, et non par la police, a précisé un porte-parole du ministère.
« Nous avons utilisé tous les moyens à notre disposition pour reprendre le contrôle de ce lieu, ce qui a permis de changer presque complètement la situation en matière de sécurité ici », dit Daube. « À un moment donné, nous avons commencé à travailler en collaboration avec le chef d’un clan arabe important pour faire en sorte que les gens sachent qu’ils ne devaient pas commettre d’actes de vandalisme – et cela a semblé faire des merveilles. »
Il n’y a pas eu d’acte de vandalisme significatif dans le cimetière depuis 2018, note Daube. L’ICHH s’attend à recevoir une subvention à hauteur de 6 millions de shekels, une subvention allouée pour moderniser son équipement de surveillance, dans un avenir proche, dit-il.
Si vous le construisez, ils viendront
Le nouveau centre d’éducation des visiteurs, au pied du mont des Oliviers, va permettre à l’ICHH de passer à la vitesse supérieure dans l’administration du mont des Oliviers.
Le centre, qui est en cours de construction aux abords de la mosquée Masjid Ras al-Amud, sur la route de Jéricho, s’étendra sur 2 100 mètres carrés. Il devrait être achevé au mois de décembre 2026 – avec une ouverture au public prévue au mois de février 2027, selon les plans de l’ICHH.
Ce projet, qui avait été lancé par l’Autorité de développement de Jérusalem, avait été soumis pour approbation en 2017 et un accord entre la municipalité et l’ICHH avait été signé en 2022.

Un groupe de touristes admire la vue sur Jérusalem depuis le mont des Oliviers, le 17 novembre 2025 (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
Le financement du centre – une enveloppe de 25 millions de shekels – est réparti à parts égales entre des sources gouvernementales et des donateurs privés, note Daube. Le projet a été présenté aux donateurs comme un projet conjointement mené entre Israël et la diaspora, avec pour objectif de créer un centre qui sera dédié à l’éducation, à la sécurité et à l’organisation d’événements au sein du cimetière international du peuple juif, explique-t-il.
Il est conçu pour pouvoir servir de plaque tournante apolitique pour des initiatives éducatives, selon l’ICHH. Il accueillera des groupes de visiteurs et il développera des outils technologiques, notamment des programmes de réalité augmentée, dans le but d’améliorer la compréhension historique.
« Imaginez que vous puissiez simplement brandir votre téléphone pour obtenir une description de la tombe devant vous », dit Daube. « Nous espérons y parvenir un jour ».
Le nouveau centre, qui sera situé près du lieu de sépulture de Begin, au fond du cimetière, comprendra une bibliothèque de recherche, des salles de cours, une synagogue, des jardins et un amphithéâtre sur le toit, face au dôme doré du mont du Temple. De plus, 10 % de l’espace du bâtiment de deux étages sera consacré à l’installation du premier poste de police permanent du secteur.
« Nous avons constaté que les donateurs se soucient avant tout de la sécurité, et cette initiative a contribué à vaincre les réticences », dit Daube.
L’ICHH espère que le centre contribuera à rendre toute la zone beaucoup plus sûre pour les Juifs qui s’y aventurent, attirant ainsi encore plus de monde – au fur et à mesure que l’opinion publique évoluera. Les lignes de transport public vers le mont des Oliviers, qui sont actuellement peu fréquentes et peu fiables, devront également être améliorées, ajoute Daube.

À l’intérieur du chantier de construction du nouveau centre d’accueil des visiteurs du mont des Oliviers, le 17 novembre 2025. Le mont du Temple est visible en arrière-plan (Crédit : Zev Stub/Times of Israel)
De leur côté, les opposants au projet affirment que cette initiative a pour objectif de permettre aux militants de droite de s’imposer dans les quartiers arabes.
« Il n’y a qu’à Jérusalem qu’on peut rebaptiser un poste de police, des agents en civil et des caméras de surveillance en ‘centre du patrimoine’, » a commenté Emek Shaveh dans un communiqué. « Ce nouveau centre s’inscrit dans le cadre du plan israélien qui vise à élargir… les projets de colonisation dans ce secteur ».
Mais un grand nombre, comme c’est le cas de Daube, considèrent que le mont des Oliviers est un trésor national dont la valeur stratégique et historique transcende la politique.
« Nous parlons du panthéon des plus grands dirigeants juifs au monde, nous parlons d’un cimetière vivant qui raconte une histoire de grandeur depuis l’époque des prophètes jusqu’à aujourd’hui », s’exclame Daube. « Il n’y a pas de meilleur endroit pour préparer nos jeunes à devenir les leaders de demain ».