Harcèlement sexuel : les SMS qui compromettent Jacques Bouthier

4 comments
  1. Ancienne employée d’Assu 2000 au Maroc, Inès raconte les avances sexuelles de son patron, le harcèlement de ses proches et les tentatives d’intimidation.

    Inès* avait 20 ans quand elle a été embauchée chez Assu 2000, à Tanger, en tant qu’attachée commerciale. C’était il y a 4 ans, une première expérience, après un BTS, pour cette jolie fille au large sourire et aux longs cheveux blonds. Elle était plutôt fière d’intégrer ce grand groupe français de courtage en assurances (aujourd’hui rebaptisé Vilavi), qui se targue d’être « le premier employeur financier de Tanger ».

    Dès le début, ses responsables – deux femmes – lui lancent : « Oh, t’es grave le style de Jacques Bouthier, toi ! » « Mais elles ne me disent pas de me méfier, on n’est pas en France… », précise-t-elle. Un mois après son embauche, elle rencontre pour la première fois le grand patron français, qui vient régulièrement rendre visite à ses 900 collaborateurs qui travaillent au Maroc, et qui font l’essentiel de son chiffre d’affaires.

    Sur le plateau de ce centre d’appels, au premier étage, où une centaine de conseillers clientèle s’affairent au téléphone, casque sur la tête, Jacques Bouthier a l’habitude de venir saluer ses ouailles. Il fait « le tour du patron », racontent des employés. C’est ce qu’il appelle du « management de proximité ».

    « Il me touche l’épaule et il descend vers ma poitrine, je le repousse brusquement ! »

    « Alors que je suis en communication avec un client, je sens quelqu’un me toucher l’épaule, reprend Inès. Il me touche l’épaule et il descend vers ma poitrine, je le repousse brusquement ! Je me retourne, je ne savais pas qui c’était… » Il s’exclame tout fort devant une vingtaine de mes collègues, hilares : “Au nom du ciel, quelle beauté ! Quelle belle poitrine !”

    Ma responsable arrive, me pince, en disant bien fort : “Bonjour M. Bouthier, vous allez bien ?” Elle insiste plus tard : “Tu sais, c’est le PDG d’Assu 2000 !” Je lui réponds qu’il n’a pas pour autant le droit de me toucher. Elle désapprouve ma remarque et ajoute : “Toi, tu vas faire long feu ici.” »

    Inès a besoin de ce travail payé 3 500 dirhams, soit 350 euros de salaire fixe (plus des commissions) pour neuf heures par jour au téléphone six jours sur sept. Elle ne peut pas se permettre de le perdre, alors elle opte pour une autre stratégie : éviter à tout prix de croiser le boss. « Dès que je le voyais arriver sur le plateau, je partais me cacher aux toilettes. » Inès a clairement tapé dans l’œil du patron, qui aime, dit-on, les filles minces.

    Pendant les soirées de gala, Jacques Bouthier (dont l’avocate n’a pas souhaité nous répondre) aurait continué devant témoins ses avances. Inès se souvient d’une réception donnée au consulat français de Tanger, en 2018 : « Il ne me lâchait pas. Il me draguait, insistait lourdement en disant “allez, t’es trop belle, tu me donnes envie” et d’autres trucs dégueulasses que je n’ose même pas rapporter. Comme je refusais, ça l’excitait encore plus… Il me dégoûtait, je me cachais à chaque fois derrière mes supérieures, elles rigolaient. Si j’avais le malheur de dire tout haut “votre PDG est un pervers”, on me disait “chut”… »

  2. Espérons que l’arrière train de ce gros porc servira de base d’atterrissage pour tous les poids lourd de Fleury mérogis.

Leave a Reply