Cette relative normalité s’explique par le redoux très marqué observé ces derniers jours. “Depuis une semaine, il fait excessivement doux. Cette grosse semaine de douceur a déjà largement rééquilibré le bilan du mois de janvier, et même de manière spectaculaire, souligne-t-il. Samedi dernier, un record journalier a même été battu à Uccle avec 12 °C. On bat un record à la hausse, alors que durant la période froide, on n’a battu aucun record de froid.”
Une semaine calme, mais pas forcément lumineuse
Pour les prochains jours, pas de bouleversement attendu. “La semaine reste sous le signe d’un temps relativement calme, avec très peu de précipitations, indique Pascal Mormal. Les conditions seront globalement sèches, même si cela ne veut pas dire grand ciel bleu. Des nuages bas et de l’humidité en basse couche pourraient rendre certaines journées grises.”
Les températures resteront proches des normes de saison, “généralement entre 7 et 8 °C, parfois jusqu’à 10 °C. Quelques gelées nocturnes sont possibles, surtout en Ardenne, mais on ne parle pas de grosses gelées”.
Fin janvier : un refroidissement possible, mais très incertain
Mais le moment charnière se situe donc au début de la semaine prochaine, avec plusieurs scénarios sur la table, dont celui d’un froid très marqué. “À partir du week-end, la situation devient plus délicate à anticiper. Un énorme réservoir d’air froid est actuellement installé sur la Russie et l’est de l’Europe. La grande question est de savoir si ce froid va parvenir jusqu’en Europe occidentale, explique le météorologue. Pour l’instant, la semaine prochaine serait plus fraîche, mais seulement de deux à trois degrés sous les normales.”
Le scénario d’une véritable offensive hivernale existe donc bien. “On est dans une zone charnière entre la douceur des flux atlantiques et cette masse d’air froid à l’est. Il ne faudrait pas grand-chose pour que le froid arrive chez nous, mais c’est du 50-50”, résume-t-il.
Il ne veut donc pas encore évoquer de situation exceptionnelle, alors que certains parlent déjà d’une vague de froid historique, en référence à celle – la dernière en date en Belgique – de 2012. “À l’époque, on avait un courant continental extrêmement froid de Moscou à Paris. Aujourd’hui, on n’est pas du tout dans cette configuration”, précise Pascal Mormal.
Son intuition ? “Environ 50 % de chances d’un froid modéré fin janvier-début février, 30 % de chances de températures proches des normales, et à peine 10 % pour un vrai coup de froid sévère”, estime-t-il. Et de conclure. “Rien n’est à exclure pour le moment. On y verra plus clair en fin de semaine.”