“Toute personne ayant été témoin ou disposant d’éléments permettant d’objectiver le déroulé des faits est invitée à les porter à la connaissance des enquêteurs”, a souligné lundi le ministère public à l’AFP.
Jusqu’à maintenant, l’enquête était ouverte pour recherche des causes de la mort et confiée à l’IGPN, la police des polices.
“La saisine tardive d’un juge d’instruction (…) ne saurait masquer l’inaction coupable du parquet”, s’est indigné l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, qui regrette le délai de “cinq jours pendant lesquels la vérité a été étouffée, les preuves laissées à l’abandon, et la famille tenue à l’écart”.
Pas de certitude sur le décès
Le parquet a de son côté fait valoir s’être rendu sur place “dès qu’il avait été avisé” du décès, “accompagné du commissaire de permanence de l’IGPN”.
Puis, “en l’absence initiale de tout élément connu sur les causes du décès, une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte, cadre juridique permettant le recueil des auditions et la possibilité d’ordonner une autopsie, ce qui a été fait immédiatement”, a-t-il souligné.
Après réception des “premiers éléments” et du rapport d’autopsie, le parquet a ouvert une information judiciaire, “comme systématiquement lorsqu’une personne décède dans des conditions suspectes ou inexpliquées dans un lieu de privation de liberté”.
“Le rapport d’autopsie n’apporte pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès” et des “analyses toxicologiques et anatomopathologiques” doivent être menées, précise-t-il.
“Un réexamen du scanner par des radiologues a été ordonné, de même que les examens complémentaires dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines”, ajoute le ministère public.