Publié20. janvier 2026, 09:00
Au Luxembourg: POST Luxembourg distribuera-t-il encore le courrier après 2029?
L’idée de maintenir ou non un service postal universel est discutée au niveau européen. Au Grand-Duché, l’opérateur public est le prestataire au moins jusqu’à fin 2029.

Editpress
Au Danemark, l’opérateur postal public ne distribue plus le courrier depuis le 1er janvier dernier, face à la prépondérance des communications éléctroniques. Dans ce pays nordique, le courrier distribué avait baissé de 90% depuis les années 2000. La distribution des lettres désormais est assurée par la société privée Dansk Avis Omdeling.
Cette situation pourrait-elle se poduire au Grand-Duché, alors que le service universel du courrier (distribution garantie du courrier cinq jours par semaine) est garanti par POST Luxembourg jusqu’à fin 2029? D’autant que dans une réponse parlementaire, le ministre DP de l’Économie Lex Delles indique que le financement à long terme et les garanties du «service universel» font l’objet de discussions au niveau européen, où la création d’un nouveau cadre européen «est envisagée dans les prochaines années». En sachant qu’au Luxembourg, l’envoi national d’une lettre standard coûte 1,20 euros. «Cela peut monter à 2, 3, 4 euros dans d’autres pays européens», constate Luc Tapella, directeur de l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
«Cette diminution des volume de courrier reste modérée et régulière»
Contacté, POST Luxembourg estime que la décision de la poste danoise d’abolir l’envoi de lettres s’inscrit dans une stratégie de digitalisation «particulièrement ambitieuse», menée depuis plus de vingt ans par l’État danois. «Il s’agit d’un cas très spécifique – et pas nécessairement d’un modèle à suivre», glisse un porte-parole de l’entreprise publique.
POST Luxembourg enregistre pourtant une baisse continue des volumes de courrier: d’environ 170 millions de lettres en 2011 à près de 100 millions en 2024. «Cette diminution reste toutefois modérée et régulière, entre 3% et 7% par an, ce qui nous permet d’agir avec prudence et responsabilité», nuance POST Luxembourg, qui précise que sa stratégie «diffère fondamentalement» de celle adoptée au Danemark ou en Allemagne, où la distribution de colis a été séparée de celle des lettres.
«POST Luxembourg privilégie une approche intégrée, où les processus de tri et de distribution des lettres et des colis s’articulent de plus en plus ensemble»
«POST Luxembourg privilégie une approche intégrée, où les processus de tri et de distribution des lettres et des colis s’articulent de plus en plus ensemble, note l’opértateur piublic. Cette intégration nous permet de créer des synergies, d’améliorer l’efficacité et de répondre aux évolutions du marché, notamment la croissance du e-commerce et la concurrence accrue dans la logistique».
Selon les données de l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), le chiffre d’affaires des services courriers était de 110 millions d’euros en 2024, en baisse de 4,6% par rapport à 2023. En ce qui concerne les services colis, le chiffre d’affaires a atteint 93,98 millions d’euros en 2024, en baisse de 0,6% par rapport à l’année précédente.
L’ILR sera chargé de désigner le prestataire du service universel après 2029. «Nous procéderons à une consulation publique du marché pour voir si un prestataire est interessé, explique le directeur Luc Tapella. Si un seul prestataire se propose, nous vérifions son aptitude à fournir la mission de service universel. Dans les autres cas, nous organisons un appel d’offres».
Le service postal universel comprend:
•la levée, le tri, l’acheminement et la distribution des envois postaux jusqu’à 2 kg;
•la levée, le tri, l’acheminement et la distribution des colis jusqu’à 10 kg;
•la distribution de colis originaires d’un autre État membre de l’Union européenne jusqu’à 20 kg;
•les services relatifs aux envois recommandés et aux envois à valeur déclarée;
•ce service doit être garanti au moins cinq jours par semaine.
(ol)