L’ambition de Donald Trump sur le Groenland « reste intacte », estime le Danemark

Le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, a estimé que la volonté de Donald Trump de s’emparer du Groenland restait « intacte », mais a salué ses déclarations sur l’absence de recours à la force pour y parvenir.

« Ce qui ressort clairement de ce discours, c’est que l’ambition du président reste intacte », a-t-il dit devant les journalistes, dans une première réaction du Danemark après le discours du président américain à Davos. « C’est bien sûr positif, pris isolément, qu’il soit dit, “nous n’allons pas recourir à la force militaire”, il faut bien sûr en tenir compte, mais cela ne fait pas disparaître le problème », a ajouté le ministre.

« Il est dit très clairement qu’“il vaut mieux posséder que louer” [le territoire], et que le Danemark n’est pas capable d’assurer la protection du Groenland. » Donald Trump a exclu pour la première fois mercredi, lors du Forum économique mondial, l’usage de la force pour mettre la main sur l’île arctique. Il a néanmoins exigé des « négociations immédiates » sur son acquisition par les Etats-Unis.

A la sortie d’une réunion parlementaire avec le ministre de la défense, Troels Lund Poulsen, M. Lokke Rasmussen a répété que le territoire n’était pas à vendre. « On ne négocie pas des êtres humains. On peut commercer entre des personnes, mais on ne négocie pas des personnes », a martelé le ministre.

Il est également revenu sur ce qui avait été décidé lors de la réunion entre lui, son homologue groenlandaise, Vivian Motzfeldt, le vice-président J. D. Vance, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, le 14 janvier à Washington « Cet accord prévoit des discussions de haut niveau pour voir si nous pouvons répondre aux préoccupations américaines sans franchir nos lignes rouges », a souligné Lars Lokke Rasmussen.

« Nous ne négocierons jamais en renonçant à des principes fondamentaux, a-t-il complété. Nous vivons en 2026, dans un ordre international fondé sur le droit, la souveraineté des Etats et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – un ordre que les Etats-Unis eux-mêmes ont contribué à bâtir après la seconde guerre mondiale ».