Le Concours Eurovision de la Chanson chemine tant bien que mal. L’Irlande, l’Espagne, l’Islande, les Pays-Bas et la Slovénie ont décidé de passer leur tour en raison du maintien d’Israël. Le Luxembourg est lui resté imperméable aux pressions qui l’invitaient à en faire de même, ne mêlant pas la politique à la musique.

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La décision lourde de sens de réintégrer la grande famille européenne 31 ans après l’avoir quittée permettait difficilement de refaire un écart dans le sens inverse. Les organisateurs ont donc remis l’ouvrage sur le métier et convoqué un premier jury pour désigner les finalistes qui ont investi la Rockhal depuis plusieurs jours.

Un plateau hétéroclite

Ils étaient 8, soit un de plus que l’an dernier pour succéder à Laura Thorn, 22e à Bâle l’an dernier. Mais contrairement aux deux premières années de reprise, aucun candidat ne sortait du lot comme Tali avait pu le faire il y a deux ans et la «Poupée» favorite du public il y a 12 mois.

Pour être certain de ne pas passer à côté du sujet, le jury avait exploré le spectre musical le plus large possible, réunissant tous les codes du genre susceptibles de s’illustrer en demi-finale, et, si possible, en finale.

La soirée s’est déroulée dans la grande salle de la Rockhal devant près de 2.000 personnes. Elle a d’abord vu le vainqueur de l’ESC 2025, Johannes «JJ» Pietsch interpréter son titre «Wasted Love» qui avait permis à l’Autriche de l’emporter chez son voisin suisse.

Quatre candidats se sont ensuite succédé dans une première vague très hétéroclite. Steve Castile et son titre «Sweet Tooth» essuyaient les plâtres en anglais avec un côté dark assumé et un clin d’œil à Mickaël Jackson. La chanson française allait ensuite se décliner côté cour avec Luzac et sa «Prison Dorée» et côté jardin avec Daryss et sa «Melusina». Le premier jouait sur la rupture de rythme pour emmener le public avec lui. La seconde convoquait l’une des légendes du pays, jouant sur une corde sensible et sur un ton à la Barbara Pravi.

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ShiroKuro tentait ensuite l’improbable pari d’emmener un groupe vers la phase finale du concours. Sans réellement convaincre.

Alors que Laura Thorn investissait la grande scène pour une version revisitée de «La Poupée monte le Son» avec de jeunes colistiers, Andrew the Martian se préparait à embarquer le public dans son vaisseau spatial, avec plusieurs univers en un et là aussi une variation de tempo qui allait constituer l’un des fils rouges de la soirée.

Au tour d’Hugo One de monter dans sa DeLorean qui ramenait tout le monde dans les années 80 avec le son vintage des synthés et l’apparition des premières boîtes à rythme. «Born Again» a assurément séduit les nostalgiques.

Eva Marija et Irem complétaient le casting de 2026. La plus jeune participante du plateau, que l’on a l’habitude de voir sur les scènes du pays, trimbalant sa pop-folk, avait choisi une veine beaucoup plus punchy sans délaisser toutefois son violon. Enfin, Irem a délivré son secret de façon très langoureuse. «Bad Decisions» mettait le feu à Belval.

Un verdict clair et net

Les spectateurs et téléspectateurs avaient ensuite 20 minutes pour voter selon un système très critiqué l’an dernier mais maintenu malgré tout par l’organisation. Le poids était ainsi réparti équitablement entre un jury de professionnels et le public, ce qui avait valu quelques remontés spectaculaires l’an dernier. Pas forcément justifiées.

Pour patienter jusqu’au verdict, c’est Sandra Kim qui rallumait la flamme avec son «J’aime la Vie», qui a valu à la Belgique sa première et seule victoire dans le concours en 1986.

Les huit candidats de la soirée reprenaient ensuite en choeur «Arcade», le titre de Duncan Laurence qui a permis aux Pays-Bas de l’emporter en 2019.

Le jugement dernier s’opérait en deux temps. Trois supers finalistes étaient retenus. Sans surprise, Eva Marija et Steve Castile rejoignaient le podium. Ils étaient rejoints par Irem alors que Laura Thorn préfaçait cette grande finale avec son nouveau titre «Not on me».

Le jury international donnait, quasiment à l’unanimité, ses 12 points à Eva Marija qui devançait Steve Castile de 14 points et Irem de 28 points avant le vote du public. Celui-ci confirmait la tendance et sacrait une jeune fille de 20 ans et son «Mother Nature », ode à l’enfance, à l’insouciance, à l’évasion.

Cornaquée par la chanteuse suédoise Maria Broberg et les Danois Julie Aagaard et Thomas Stengaard, Eva Puc de son vrai nom, voyait une nouvelle carrière se profiler à l’horizon.