Invitée de RTL et Public Sénat ce dimanche, la ministre déléguée aux Armées a critiqué l’attitude de Washington vis-à-vis du Vieux continent, estimant que l’administration Trump ne se comporte pas comme un « allié ».

La France et l’Europe devront-elles bientôt se passer des États-Unis ? Le Pentagone a publié ce samedi sa nouvelle stratégie nationale de défense, marquant une rupture avec sa politique passée : l’armée américaine apportera désormais un soutien « plus limité » aux alliés de Washington. « Les Américains disent qu’ils vont faire moins. C’est dit, c’est clair. À nous d’en tirer les leçons », a réagi ce dimanche 25 janvier sur RTL et Public Sénat Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées.

« Il faut qu’on travaille avec nos partenaires européens à faire plus pour la défense de l’Europe », plaide-t-elle, appelant à « renforcer le pilier européen de l’Otan ».

« Il y a de la marge »

Alice Rufo critique vivement les dernières péripéties diplomatiques qui ont secoué le Vieux continent, Donald Trump ayant notamment affiché ses ambitions d’annexer le Groenland. Après une rencontre avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte cette semaine à Davos, il a annoncé un « futur » accord sur le territoire autonome danois.

Cela n’a pas empêché le président américain de susciter l’indignation au niveau international après avoir déclaré que les alliés de l’Otan étaient restés « un peu loin des lignes de front » en Afghanistan. Des propos condamnés en France et au Royaume-Uni, notamment.

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Les États-Unis sont-ils toujours nos alliés ? « On fait partie de la même alliance. Entre ça et se comporter comme un allié, il y a de la marge », lance Alice Rufo. « Dire Je vais annexer un pays souverain de l’alliance (…) dire vos soldats ne se sont pas battus… (…) Ça, ce n’est pas ce qu’on fait dans une alliance ».

« Les États-Unis n’aiment pas l’Europe telle qu’elle est et telle qu’on l’aime », poursuit la ministre qui décrit le Vieux continent comme « un espace de respect de droit, où il fait bon investir ».

L’Europe est « critiquée par des puissances prédatrices »

Alice Rufo exclut toutefois une convergence d’intérêt entre Moscou et Washington, qui pourraient bénéficier d’un affaiblissement de l’Europe. « Fondamentalement, il n’y a pas d’intérêt stratégique conjoint entre la Russie et les États-Unis », assure-t-elle.

« En revanche, que l’Europe telle qu’elle est, un espace qui respecte le droit dans un monde où la brutalité s’impose, soit critiquée par des puissances prédatrices, c’est un fait », dit-elle.

Alice Rufo juge qu’il y « aura un avant et un après cette semaine » et que les Européens doivent sortir « plus lucides » de ces jours de tensions. « Je ne crois pas que l’Europe, le Royaume-Uni, la France ou le Canada, soient secondaires dans le monde contemporain. Le tout est d’être conscients de nos forces, de savoir les exercer correctement, et d’être lucides sur ce qui nous manque encore : la réduction de nos dépendances », plaide-t-elle.