Le Hamas semble, malgré les effets d’annonce, toujours présent et influent dans la gestion de la bande de Gaza.
Si la première condition est remplie depuis lundi et l’annonce de la remise du corps du dernier otage, la deuxième ne l’est pas, selon M. Prévot, “ni dans sa lettre, ni dans son esprit”.
“Le Hamas semble, malgré les effets d’annonce, toujours présent et influent dans la gestion de la bande de Gaza. Les démarches entamées jusqu’à présent dans le cadre du Plan de Paix du Président Trump sont appréciables et vont dans la bonne direction d’une mise à l’écart du Hamas, mais il est encore trop tôt pour considérer que l’on ait atteint un résultat certain”, a-t-il expliqué dans un communiqué.
La Belgique prend également ses distances avec la mise en place du “Board of peace” (Conseil de paix) telle que conçue par l’administration Trump, comme l’avait indiqué M. Prévot la semaine passée. La formule actuelle dépasse largement le mandat donné par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Le président américain semble essayer d’en faire des “Nations Unies bis”, selon plusieurs observateurs, et aussi bien le prix d’entrée réclamé que la personnalité des dirigeants appelés à y siéger suscitent de sérieuses questions. La plupart des pays européens n’ont pas souscrit à l’initiative pour le moment.
Il y a des grands admirateurs de Trump parmi nous mais ça m’étonnerait que ceux qui ont lu les statuts du Conseil de la paix trouvent cela fantastique.
“Dès lors que ce Board of Peace n’est pas légitime aux yeux de l’immense majorité des pays européens dont la Belgique, il serait a fortiori paradoxal de s’en prévaloir pour désormais plaider que la seconde condition de notre accord politique serait rencontrée. Je dois rester cohérent. Seule une évolution significative de ce Board of Peace et de la réalité de terrain permettrait de reconsidérer la question”, a-t-il ajouté.
Mercredi, à la Chambre, le Premier ministre Bart De Wever, s’est également montré très réservé sur le “Board of Peace”. “Il y a des grands admirateurs de Trump parmi nous mais ça m’étonnerait tout de même que ceux qui ont lu les statuts du Conseil de la paix trouvent cela fantastique”, a-t-il expliqué.
Il serait “judicieux d’attendre un peu” et d’examiner l’évolution de la situation, a-t-il embrayé. “C’était la logique de l’accord (au sein du gouvernement) de récompenser progressivement les évolutions qui vont dans le bon sens en franchissant à chaque fois une étape de plus”.
Le ministre belge des Affaires étrangères a rencontré le Premier ministre palestinien la semaine passée à Davos. A le lire, les autorités palestiniennes ne feraient pas grief à la Belgique de sa prudence.
“L’important reste pour la Palestine et les Palestiniens que la Belgique ait pu procéder, urbi et orbi, à la reconnaissance politique de la Palestine depuis New York en septembre 2025 et que nous continuions à plaider vigoureusement pour le respect du droit international, notamment humanitaire, et pour le juste soutien à l’Autorité palestinienne et à ses efforts de consolidation de la paix”, a souligné M. Prévot.
La position belge à l’égard d’Israël et de la Palestine a fait l’objet d’âpres discussions durant les mois d’août et de septembre au sein du gouvernement entre d’une part Vooruit, les Engagés et le CD&V et, d’autre part la N-VA et le MR. Il y a deux semaines, les socialistes flamands ont appelé M. Prévot à enclencher le processus de la deuxième étape de la reconnaissance.