Que reste-t-il d’une industrie lorsque les halls d’usine disparaissent? La réponse: 13.000 pages numériques pleines d’histoire(s), rassemblées par un homme de Käerjeng. Jean-Marie Ottelé fait vivre le patrimoine industriel luxembourgeois avec son site web www.industrie.lu, créé avec beaucoup de passion et de dévouement.
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Il a franchi la barre des 13.000 visiteurs en août dernier. Il couvre ainsi autant de thèmes de l’histoire industrielle luxembourgeoise. Bien que le terme «industrie» ne soit plus vraiment approprié dans l’intervalle. En effet, on trouve aujourd’hui dans sa collection de nombreuses références à la culture ainsi qu’à la gastronomie et à l’hôtellerie. L’idée initiale a donc donné naissance à une diversité de thèmes généraux sur la vie économique luxembourgeoise.
Jean-Marie Ottelé est attaché corps et âme à son site Internet. © PHOTO: Frank Weyrich
En fait, Jean-Marie Ottelé est originaire de Mersch. Sa passion pour les collections a commencé il y a environ 25 ans, lorsqu’il a d’abord rassemblé quelques documents anciens et les a mis en ligne sur Internet. Son premier site web: www.rail.lu. Il y a documenté tout ce qui se déplaçait sur des rails: les locomotives et les wagons des CFL, mais aussi les petits engins roulants qui circulaient sur les terrains des usines.
Les souvenirs d’enfance nourrissent l’enthousiasme
Mais Jean-Marie Ottelé avait encore nettement plus à communiquer au monde. Cinq ans plus tard, il a créé un deuxième site, «industrie», donc. Avec un sourire malicieux, l’homme de 61 ans avoue: «J’étais déjà un peu fier à l’époque lorsque j’ai créé moi-même le logo. J’ai choisi la police d’écriture de manière à ce qu’elle rappelle les toits typiques des halls d’usine de l’époque».
Mais comment en est-il venu à se lancer dans cette aventure? «Mon grand-père était cheminot à Pétange et, quand j’étais petit, il m’y emmenait souvent le dimanche. J’avais alors le droit de monter dans les locomotives», se souvient l’informaticien à plein temps. «De plus, j’ai toujours été intéressé par la technique.» Et puis il y a encore un autre argument: «Je trouve qu’il ne faut pas hésiter à montrer que les gens travaillaient beaucoup autrefois pour gagner leur vie».
La nostalgie par un clic de souris: plus d’une personne se souviendra des reliques du passé. © PHOTO: Capture d’écran/industrie.lu
Au fil des années, Jean-Marie Ottelé a accumulé un volume considérable de documents. Et cette croissance semble même s’être accélérée ces derniers temps. Alors que le compteur se situait encore à 3.000 pages en octobre 2015, environ 1.000 pages ont été ajoutées chaque année au cours des huit dernières années. Début 2026, la plateforme comprendra donc déjà 13.600 témoignages du passé industriel du Luxembourg.
Il ne faut pas hésiter à montrer qu’autrefois les gens travaillaient beaucoup pour subvenir à leurs besoins.
Jean-Marie Ottelé
Un travail de détective des plus fins
Les cartes postales vierges ou les photos d’autrefois donnent régulièrement lieu à un véritable travail de détective pour identifier les objets photographiés. Souvent, Jean-Marie Ottelé peut s’appuyer sur le soutien de sa communauté, qui fournit des indications utiles. Comme pour un puzzle, il trouve ainsi pièce par pièce la solution de l’énigme.
Il arrive même que des indices proviennent de l’étranger. Peu avant la visite du Luxemburger Wort, Jean-Marie Ottelé a même reçu une photo avec une information provenant de la lointaine Tanzanie. Les anciens annuaires téléphoniques ou les répertoires de propriétaires de voitures sont également des ouvrages de référence tout à fait utiles pour fournir des indices à ses recherches.
«Où cette photo a-t-elle été prise vers 1911?», se demande Jean-Marie Ottelé. © PHOTO: DR
Qui est représenté sur ce portrait très ancien? Là encore, Ottelé demande des renseignements. La photo est signée Ernest Maroldt. © PHOTO: DR


Entre-temps, Jean-Marie Ottelé s’appuie également sur un vaste réseau de personnes intéressées par l’histoire. Les visites sur place, au cours desquelles il compare la situation actuelle avec les documents anciens, sont également très instructives. Car Jean-Marie Ottelé le sait: les anciens bâtiments sont tout à fait reconnaissables si l’on a aiguisé son regard.
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Une chose est sûre: Jean-Marie Ottelé ne manquera pas de sitôt de matière pour une documentation encore plus vaste. Le Luxembourg a tout simplement trop d’histoire(s) industrielle(s) à raconter. Quand on lui demande combien de temps il consacre à son hobby, il rit et répond: «Je ne le dis pas. Ma femme le sait certes, mais elle l’aurait alors écrit ici noir sur blanc».
Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Megane Kambala.