Entreprises : ils managent autrement et ça marche !

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  1. **Ils pratiquent des modèles de management atypiques, parfois déroutants, que certains vouaient à l’échec. Et pourtant leurs entreprises fleurent bon le succès. Impossible, les vacances illimitées ? Impossible, l’entreprise sans patron ? Pas si sûr ! De Brest, à Remiremont dans les Vosges, en passant par Lyon et Paris, voici quatre entreprises qui osent manager autrement, qui se sont extraites de tout conformisme et dont une d’entre elles a vu la crise de Covid-19 comme une opportunité de transformation. Il faut bien sûr avoir du courage, celui de changer, celui de faire confiance à ses collaborateurs, celui de prendre le temps de les écouter, de les respecter aussi, et plus que tout celui de miser sur le collectif.**

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    ###AVINIM : DES VACANCES EN ILLIMITÉ

    C’est parce qu’une salariée lui demandait une demi-journée de congé, pas plus, afin d’aider son enfant à préparer la kermesse de l’école, que Martial Demange, gérant du groupe immobilier Avinim, à Remiremont dans les Vosges, lui a d’abord dit de prendre la journée entière. « Ce n’est pas une demi-journée de plus ou de moins qui allait changer les choses, dit-il. Et si elle était heureuse d’aider son enfant, alors tout était pour le mieux. » Le concept fait son chemin et il décide, peu de temps après, en 2017, de mettre en place les vacances illimitées. « Nous avons des périodes de charge intense et savoir que l’on a cette possibilité apporte une vraie sérénité », confirme Emeline Pierrel, directrice juridique d’Avinim.

    Cinq ans plus tard, Martial Demange est toujours aussi convaincu du bien-fondé de son initiative. « Il n’y a pas d’abus, et surtout, beaucoup moins de stress ! Est-ce que l’entreprise a perdu de l’argent ? Non ! Nous sommes rentables. Nous avons même doublé nos effectifs ! », précise-t-il.

    Son idée est d’abord partie d’un constat. En tant que fondateur, en 2008, de la société, il a la liberté de prendre des congés quand il le souhaite et autant qu’il le souhaite, alors que les salariés sont, eux, soumis au Code du travail. En outre, il a mis en place un management fondé sur la bienveillance et l’autonomie des collaborateurs. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas leur faire également confiance sur des congés supplémentaires ?

    « Ces congés, qui ne sont pas un acquis, précise-t-il, se sont mis en place sans accroc, parce qu’un collaborateur devait prendre soin d’un enfant malade ou qu’il lui fallait un long week-end pour effectuer des travaux domestiques. Ils ont été bien compris. » D’ailleurs, et c’est, selon lui, la marque de la réussite du système, il ne note, s’il veut examiner les jours supplémentaires pris, aucune tendance particulière, en fonction de la période de l’année, par exemple, ni d’habitude de la part d’un collaborateur ou d’un autre. « Un salarié peut prendre un jour supplémentaire une année et cinq l’année suivante. Et en théorie, il pourrait prendre jusqu’à un an, même si ce n’était guère possible… », explique-t-il. Car le système repose sur le bon jugement du salarié et son sens de la responsabilité vis-à-vis de son équipe, de l’entreprise et des clients. Avec une seule règle, l’anticipation autant que possible et la bonne marche des services. « Lorsque vous donnez votre confiance, elle est rarement trahie », conclut-il. À cela s’ajoute un bon collectif, qui fait que les salariés ne ressentent pas de jalousie vis-à-vis d’un salarié en congé supplémentaire, ni d’injustice par rapport à leur propre situation. En revanche, il note que depuis 2017, les congés maladie se font rares, signe de meilleure santé des salariés – avant la crise de Covid-19, tout au moins – et les cas de burn out sont inexistants. « Est-ce en raison de cette politique ? En partie, certainement », dit-il.

    Sa démarche est d’ailleurs intégrée à un ensemble d’initiatives. Avinim s’étant développée, son dirigeant a mis en place un Comex, avec un responsable du bien-être des collaborateurs. De plus, au-delà des activités extraprofessionnelles organisées pour les salariés, la société dispense des formations à tous, chaque trimestre, sur le thème du bien-être, de la gestion du stress, de l’importance du sommeil… Enfin, elle tient un baromètre qui permet de faire remonter des informations de la part des salariés. « D’ailleurs, c’est avec les réponses à ces questionnaires que nous avons lancé les formations bien-être », précise-t-il. Martial Demange s’amuse de l’intérêt que lui vaut sa générosité en matière de congés. Mais s’il n’hésite pas à partager son expérience, il rappelle que la culture d’entreprise vient d’abord et que chaque organisation, comme Avinim, doit trouver son propre modèle.

    ###BOONDMANAGER : EN 100% TELETRAVAIL… DEPUIS 2009

    À Brest, le siège de BoondManager est « virtuel ». Et Lucie Barreau, responsable marketing & communication depuis 2017 de cette société éditrice d’un logiciel à destination des ESN & sociétés de conseil, qui compte plus de 900 clients, n’a jamais eu de bureau. De fait, depuis la création de l’entreprise, en 2009, le travail s’effectue en full remote (à distance, ndlr).

    « C’est une affaire de famille, lancée par trois frères, raconte-t-elle. L’un était à Lille, l’autre à Brest, et un troisième les a ensuite rejoints. Personne ne voyait l’intérêt de déménager. Tout a donc commencé à distance. » La croissance est rapide et les fondateurs cherchent des talents là où ils sont, sans se préoccuper des limites d’un bassin d’emploi local : ils embauchent ainsi un commercial à Bordeaux, puis un autre, à Nice, et enfin, d’autres professionnels, un peu partout en France et à l’étranger. « Au début, le modèle n’était pas pris au sérieux, mais il fonctionne bien », ajoute-t-elle. L’avènement du tout télétravail dans le sillage de la pandémie n’a fait que justifier le choix des fondateurs. « La seule chose qui a changé pour nous, cela a été les enfants à la maison ! », s’exclame Lucie Barreau, pour ajouter que la société est, depuis la crise sanitaire, très sollicitée par d’autres organisations, qui souhaitent apprendre de son expérience. De même, BoondManager a profité de son avance en matière de télétravail et de formation à distance mais aussi d’initiatives comme la pratique sportive via une coach en visio pour ouvrir ses cours de crossfit à ses clients lors du premier confinement. « C’est aussi une façon de leur dire : rejoignez-nous ! », dit-elle.

    La méthode BoondManager a en effet un intérêt certain, ne serait-ce qu’en raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de l’informatique. Le 100 % télétravail, bien rodé, lui permet en effet, dans sa recherche de candidats, de s’affranchir de la contrainte géographique. Mieux, ses 45 collaborateurs, heureux d’avoir pu garder leur lieu de résidence ou de s’installer à la campagne, bénéficient d’un bon équilibre de vie, ce qui les rend plus efficaces – et plus attachés à leur employeur. Un avantage compétitif supplémentaire, puisque le turnover, élevé dans le secteur de l’informatique, a été de… 0 % l’an dernier chez BoondManager.

    Rémy Guestéréguy, web designer, spécialisé dans les interfaces et l’expérience utilisateur, a ainsi profité de son embauche, il y a près de deux ans, pour mener à bien un projet familial, celui de quitter la banlieue parisienne pour rejoindre le Pays basque, d’où il est originaire. « Le 100 % télétravail proposé par BoondManager a tout changé », dit-il, car trouver un poste en région, où la concurrence est rude du fait d’une offre moins étoffée, était auparavant compliqué. Il habite maintenant près de Bordeaux et peut rejoindre facilement ses coéquipiers, puisque, bien entendu, l’entreprise s’emploie à créer du lien entre collaborateurs, par le biais de rencontres physiques régulières et de séminaires, trois fois par an. « J’ai plus de liens avec mes collègues actuels que je n’en ai eu dans le passé avec des équipes en présentiel ! », s’exclame Rémy Guestéréguy. Ce supplément d’âme relationnel tient, selon lui, notamment au fait qu’en télétravail, « nous sommes tous plus relaxes ».

    Mais le succès de BoondManager « vient aussi de nos recrutements, précise Lucie Barreau. Nous sélectionnons des professionnels sachant se gérer, tenir leurs objectifs et s’épanouir dans ce genre de modèle – qui ne convient pas à tout le monde. Et nous avons un management fondé sur la confiance. » Un système qui ne peut se mettre en place dans l’urgence, comme cela a dû être le cas avec les confinements… « Il ne s’agit pas seulement d’avoir des outils de communication, mais un état d’esprit », conclut-elle.

    récemment d’un commercial, pour accélérer son développement

  2. Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Qu’on me convoque tous ces néo-hippies déviants au siège du MEDEF.

    Le travail, c’est pas que la production hein, c’est aussi le contrôle social.

    Tout le monde sait qu’il faut garder la tête des sans-dents sous l’eau, en les abrutissant de taf: Si on les laisse trop souffler, y pourraient commencer a réfléchir.

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