Les enjeux sont multiples et nécessitent des solutions concrètes. Et pour cause, la situation actuelle est assez tendue dans les refuges animaliers concernant les pensionnaires félins.

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Du côté de la Lëtzebuerger Déiereschutzliga, la saison 2025 s’est révélée être «l’une des périodes les plus intensives de l’histoire de l’ASBL», avec un effectif temporaire dépassant les 100 chats. «Même les capacités d’accueil élargies ne suffisent pas à endiguer efficacement la surpopulation annuelle.»

Il faut dire que la problématique est de taille, «avec une reproduction incontrôlée des chats errants qui existe depuis plusieurs décennies et qui ne cesse de s’aggraver». L’ASBL, tout comme d’autres refuges du Luxembourg, reçoit de nombreux signalements de chats et de chatons errants.

«Castrer. Pucer. Enregistrer.»

Cette année, la Lëtzebuerger Déiereschutzliga a donc décidé de lancer une campagne de sensibilisation nationale. Avec un slogan simple: «Castrer. Pucer. Enregistrer.» Trois mots pour autant d’axes incontournables pour améliorer la situation. Son lancement est prévu le 2 février et courra sur deux mois.

La campagne de sensibilsation nationale sera lancée lundi 2 février. © PHOTO: Virgule.lu

«La castration est l’axe majeur de cette campagne», souligne Liliane Ferron, vice-présidente de l’asile national pour animaux de Gasperich. «Le nombre élevé de chats non castrés, qu’ils aient une famille ou soient errants, entraîne une croissance exponentielle de la population féline. Plus de castrations sont indispensables pour contenir efficacement ce phénomène.»

Outre leur prolifération trop rapide, plusieurs maladies peuvent toucher les chats laissés à la rue et contaminer également les chats domestiques: le typhus félin, le coryza (Herpès virose félin), virus leucémogène, la chlamydiose ou encore le virus de l’immunodéficience féline, soit le sida des chats…

Un voucher de 100 euros pour toute castration

Pour contrer au mieux ces désagréments, un budget de 100.000 euros est prévu. Grâce à cela, les résidents luxembourgeois propriétaires de chats pourront recevoir un voucher de 100 euros pour toute castration pendant la durée de la campagne. «La facturation sera gérée directement par les vétérinaires, qui appliqueront la réduction et en demanderont ensuite le remboursement auprès de notre organisation.»

La facturation sera gérée directement par les vétérinaires, qui appliqueront la réduction et en demanderont ensuite le remboursement auprès de notre organisation.

Par ailleurs, des capacités supplémentaires seront mises en place pour faciliter la capture et la castration des chats errants, lesquels seront ensuite remis en liberté après une phase de convalescence.

Loïc Feltgen, responsable marketing et communication, précise qu’un formulaire de signalement électronique est prévu à cet effet, pour permettre «de signaler précisément la présence de chats, garantissant une planification efficace des interventions».

Seuls 15% des chats retrouvent leurs maîtres faute de puces et d’enregistrement

Du reste, il rappelle que faire pucer et enregistrer son animal de compagnie est une obligation légale relative à la loi sur la protection des animaux de 2018. Elle précise que «tous les chats qui ont accès à l’extérieur (à l’exception des animaux détenus dans des exploitations agricoles) sont soumis à ces obligations».

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Une mise en pratique qui continue malgré tout à faire défaut, sachant que «chaque année, 300 chats trouvés sont accueillis au centre, alors que seuls 15% d’entre eux peuvent être rendus à leurs propriétaires car ces obligations font défaut…»

Seul le temps dira si cette campagne vertueuse va présenter des effets concrets et si l’opération pourrait être amenée à se renouveler. Patience donc.