Les statistiques sont souvent alarmantes, et celle-ci ne déroge pas à la règle. “Rien qu’en 2025, révèle Amir Ben David dans Zman Yisrael (centre gauche), 435 000 Israéliens [sur une population de 10 millions d’habitants] ont été pris en charge dans les centres de santé mentale du pays. Cela représente une augmentation considérable de 30 % par rapport aux chiffres de la fin de 2022.”
Pour les professionnels de la santé mentale, il est évident que les terribles événements survenus en Israël après les massacres commis par le Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre de Gaza “ont contribué à cette augmentation historique”.
Il est par ailleurs probable, poursuit le journal, que le nombre de personnes souffrant de détresse psychique, mais qui ne consultent pas des centres de santé mentale nationaux, se négligent ou “se soignent” seules, avec des drogues, de l’alcool, etc., ait également augmenté au cours de cette période.
Quelque 3,5 millions de séances
“Aux chiffres officiels il faut aussi ajouter ces dizaines de milliers d’Israéliens qui se sont tournés vers des centres locaux de résilience ou diverses initiatives mises sur pied en catastrophe par les pouvoirs locaux. On arrive alors à une augmentation totale de plus de 50 % du nombre de patients par rapport à 2022”, poursuit Zman Yisrael.
Quoi qu’il en soit, selon le rapport du ministère de la Santé, quelque 3,5 millions de séances psychothérapeutiques ont été organisées l’an dernier par des professionnels indépendants de santé mentale (psychiatres, psychologues, assistants sociaux cliniciens et thérapeutes).
Lors d’une conférence de presse organisée le 27 janvier à l’intention des journalistes spécialisés, Gilad Bodenheimer, directeur du département de santé mentale du ministère de la Santé, a annoncé qu’après la signature du cessez-le-feu avec le Hamas en octobre 2025 1,4 milliard de shekels (380 millions d’euros) ont été alloués au Programme national de santé mentale, tandis que plus de 700 nouveaux thérapeutes et plus d’un millier de psychologues avaient rejoint le système de santé mentale. “Un chiffre élevé mais loin d’être suffisant”, a-t-il regretté.
“Dès les horreurs du 7 Octobre, conclut Bodenheimer, il était évident que nous allions être confrontés à une situation exceptionnelle et que la résilience et la santé mentale de toute la société israélienne seraient gravement affectées. Mais la détresse vécue par ces centaines de milliers d’Israéliens est sans précédent dans notre histoire.”