Sinon sur l’article (très vrai) j’ai partculièrement apprécié ces deux passages :
>Schéma identique dans la chronique « Géopolitique » de France Inter. Lorsqu’il évoque M. Assange, Pierre Haski dénonce les poursuites américaines qui le visent et prend parti contre son extradition. Mais Haski rappelle aux auditeurs la « part d’ombre, tant personnelle que politique », d’un « personnage devenu sulfureux ». Les huit chroniques qu’il consacre à M. Navalny entre le 1er janvier 2018 et le 21 octobre 2021 (contre deux à M. Assange) ne manifestent aucune réserve de cet ordre. Elles mettent en avant le courage et la combativité de l’opposant russe — deux qualités incontestables, mais dont le fondateur de WikiLeaks ne paraît pas non plus dépourvu.
>« Le drame de Julian Assange, résumait en 2019 le journaliste Jack Dion, c’est d’être australien et non pas russe. S’il avait été poursuivi par le Kremlin, (…) les gouvernements se disputeraient l’honneur de lui offrir le droit d’asile. Son visage serait affiché sur la façade de l’hôtel de ville de Paris, et Anne Hidalgo mettrait la tour Eiffel en berne jusqu’au jour de sa libération (5). »
Moué : comparer un mec enfermé dans une ambassade à Londres à un autre ayant subi une tentative d’assassinat et enfermé dans des geôles russes en disant qu’on lui consacre trop d’attention parce qu’il ne suit pas la ligne politique (de gauche) du monde diplo ou d’amnesty international me semble relever de l’acrobatie mentale assez scabreuse…
Cela n’enlève bien évidement rien aux actions de soutien dont devrait faire l’objet Assange.
Ça ferait : F R E E N A V
Ça marche pas.
J’en reviens pas que cette article soit vraiment upvoté. Vous l’avez lu, sérieusement ? J’ai quand même beaucoup de problèmes avec… à commencer par cette étrange posture qui consiste à faire une équivalence Navalny-Assange, en faisant comme si Assange avait été accusé à tort et à travers sans raison.
Cela conduit à poser une équivalence entre les démocraties occidentales prises dans leur ensemble (ce qui est déjà contestable – les EUs qui envoient la CIA chercher Assange dans une ambassade, ce n’est pas la France qui n’a pas assez d’articles dans sa presse sur Assange au goût du Monde diplomatique), et des dictatures comme la Russie. Les auteurs de l’article essaient de faire passer Assange pour un autre Navalny se battant pour la liberté et la démocratie. Mais pour ça il faudrait des arguments.
Là, tout repose sur une fausse équivalence, autrement dit : un sophisme. Quand j’arrive à la fin de l’article, j’ai juste l’impression d’avoir lu d’avis partial d’un individu qui se trouve être journaliste. Si j’avais été d’accord avant, je serais toujours d’accord maintenant, et vice-versa. Personnellement, j’ai été légèrement agacé par la mauvaise foi des auteurs (il est bien évident que soupçonner Assange en particulier de faire le jeu de Poutine, ça n’a rien à voir avec la désignation d’ONG comme agents de l’étranger), mais surtout par l’absence totale d’argumentation. C’est quand même assez dingue de prétendre dénoncer des amalgames en faisant des amalgames…
4 comments
Le numéro de novembre est sympa.
Sinon sur l’article (très vrai) j’ai partculièrement apprécié ces deux passages :
>Schéma identique dans la chronique « Géopolitique » de France Inter. Lorsqu’il évoque M. Assange, Pierre Haski dénonce les poursuites américaines qui le visent et prend parti contre son extradition. Mais Haski rappelle aux auditeurs la « part d’ombre, tant personnelle que politique », d’un « personnage devenu sulfureux ». Les huit chroniques qu’il consacre à M. Navalny entre le 1er janvier 2018 et le 21 octobre 2021 (contre deux à M. Assange) ne manifestent aucune réserve de cet ordre. Elles mettent en avant le courage et la combativité de l’opposant russe — deux qualités incontestables, mais dont le fondateur de WikiLeaks ne paraît pas non plus dépourvu.
>« Le drame de Julian Assange, résumait en 2019 le journaliste Jack Dion, c’est d’être australien et non pas russe. S’il avait été poursuivi par le Kremlin, (…) les gouvernements se disputeraient l’honneur de lui offrir le droit d’asile. Son visage serait affiché sur la façade de l’hôtel de ville de Paris, et Anne Hidalgo mettrait la tour Eiffel en berne jusqu’au jour de sa libération (5). »
Moué : comparer un mec enfermé dans une ambassade à Londres à un autre ayant subi une tentative d’assassinat et enfermé dans des geôles russes en disant qu’on lui consacre trop d’attention parce qu’il ne suit pas la ligne politique (de gauche) du monde diplo ou d’amnesty international me semble relever de l’acrobatie mentale assez scabreuse…
Cela n’enlève bien évidement rien aux actions de soutien dont devrait faire l’objet Assange.
Ça ferait : F R E E N A V
Ça marche pas.
J’en reviens pas que cette article soit vraiment upvoté. Vous l’avez lu, sérieusement ? J’ai quand même beaucoup de problèmes avec… à commencer par cette étrange posture qui consiste à faire une équivalence Navalny-Assange, en faisant comme si Assange avait été accusé à tort et à travers sans raison.
Cela conduit à poser une équivalence entre les démocraties occidentales prises dans leur ensemble (ce qui est déjà contestable – les EUs qui envoient la CIA chercher Assange dans une ambassade, ce n’est pas la France qui n’a pas assez d’articles dans sa presse sur Assange au goût du Monde diplomatique), et des dictatures comme la Russie. Les auteurs de l’article essaient de faire passer Assange pour un autre Navalny se battant pour la liberté et la démocratie. Mais pour ça il faudrait des arguments.
Là, tout repose sur une fausse équivalence, autrement dit : un sophisme. Quand j’arrive à la fin de l’article, j’ai juste l’impression d’avoir lu d’avis partial d’un individu qui se trouve être journaliste. Si j’avais été d’accord avant, je serais toujours d’accord maintenant, et vice-versa. Personnellement, j’ai été légèrement agacé par la mauvaise foi des auteurs (il est bien évident que soupçonner Assange en particulier de faire le jeu de Poutine, ça n’a rien à voir avec la désignation d’ONG comme agents de l’étranger), mais surtout par l’absence totale d’argumentation. C’est quand même assez dingue de prétendre dénoncer des amalgames en faisant des amalgames…