Le Premier ministre israélien doit rencontrer ce mercredi 11 février Donald Trump à Washington, pour tenter de le convaincre d’adopter une ligne plus dure face à Téhéran, lors de futures négociations. “Nous discuterons d’une série de sujets : Gaza, la région, mais bien sûr et avant tout des négociations avec l’Iran”, a déclaré Benyamin Netanyahou avant son départ pour les Etats-Unis.
Cette nouvelle rencontre entre les deux alliés fait suite à l’ouverture de pourparlers entre les Etats-Unis et la République islamique le 6 février à Oman, tandis que Washington maintient la pression militaire sur Téhéran avec le déploiement d’une importante force navale dans le Golfe.
La Cisjordanie au menu des discussions ?
Les mesures annoncées par Israël pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie pourraient aussi s’inviter dans les discussions, le président américain ayant averti plusieurs fois qu’il ne “permettrait pas” à Israël d’annexer ce territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967.
Les deux dirigeants se sont déjà rencontrés à six reprises aux États-Unis depuis le début du second mandat de Donald Trump en janvier 2025. Le président américain s’est aussi rendu à Jérusalem en octobre, où il avait été accueilli en héros après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza.
“Influences destructrices”, selon Téhéran
L’Iran répète qu’il n’acceptera de discuter que de son programme nucléaire, dans le cadre des pourparlers qui viennent de s’ouvrir, tandis que les Etats-Unis exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l’arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël – comme les Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas. Une exigence non négociable pour Israël, dont le territoire est distant d’environ 2.000 kilomètres de l’Iran.
“Il faut inclure dans toute négociation la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l’axe iranien”, a insisté Benyamin Netanyahou avant son départ pour Washington. Dans le même temps, Téhéran a appelé les Etats-Unis à résister aux “influences destructrices” qui pourraient faire dérailler la reprise des pourparlers entre les deux pays, accusant Israël d’agir “en saboteur”.
Guerre de 12 jours
En 2024, l’Iran a lancé deux attaques de missiles contre Israël, la première fois en riposte à une attaque israélienne meurtrière sur son consulat à Damas, la seconde en représailles à l’assassinat par Israël, à Téhéran, du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, et à celui, à Beyrouth, du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. En juin 2025, les deux pays se sont livré une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque sans précédent d’Israël ayant visé en premier lieu le commandement militaire iranien ainsi que les lanceurs de missiles et les installations du programme nucléaire. Les États-Unis s’étaient joints à l’offensive de leur allié en frappant trois sites nucléaires iraniens.
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Benyamin Netanyahou répète depuis des années que l’action militaire est le seul moyen de résoudre une fois pour toutes la question nucléaire iranienne. Il “s’inquiète du fait que le président Trump ne soit pas aussi enthousiaste qu’il l’aurait souhaité à l’idée d’une attaque militaire”, relève Guy Ziv, professeur associé en politique étrangère et sécurité globale à l’American University. “Il veut d’abord convaincre” le président américain que les missiles balistiques de l’Iran doivent “être inclus dans tout accord”, estime le chercheur, et “s’assurer que Trump considère cela également comme une ligne rouge”.
F.Se avec AFP
