La justice française a lancé un appel à témoins mardi pour un ancien éducateur de 79 ans inculpé pour viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs dans plusieurs pays. Le procureur de Grenoble en charge de l’affaire a indiqué à la RTS que Jacques Leveugle aurait sévi dans la région biennoise.

Selon le procureur de Grenoble Etienne Manteaux, sept ou huit mineurs suisses auraient été victimes d’abus sexuels de la part de Jacques Leveugle entre 1971 et 1992 dans la région biennoise.

Au regard du droit français, ces faits sont largement prescrits aujourd’hui et ne seront donc pas priorisés dans les investigations en cours.

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Région du meurtre de sa tante

C’est dans cette même région que Jacques Leveugle aurait tué sa tante. Selon le procureur, elle vivait dans la banlieue de Bienne. Les éléments de la justice française montrent que l’ancien éducateur était proche de cette femme célibataire sans enfant, qui s’était beaucoup occupée de lui.

En 1992, la femme est alors très âgée et demande régulièrement à son neveu de la visiter. Jacques Leveugle s’en serait agacé avant de l’étouffer dans son sommeil, a-t-il admis à la justice.

A l’époque, le médecin chargé de constater le décès n’avait relevé aucune violence apparente. Jacques Leveugle n’avait alors pas été inquiété. Mais à la lumière de l’enquête, ce passage à l’acte pourrait s’apparenter à un assassinat. Selon les autorités françaises, l’homme avait prémédité son geste, agacé par les demandes répétées de sa tante.

Néanmoins, il ne devrait pas subir de conséquences judiciaires, ces faits étant, eux aussi, prescrits en droit français et suisse.

Vu de Suisse, l’appel à témoins lancé en France reste néanmoins utile, selon le procureur général neuchâtelois, qui a accepté de commenter l’affaire. “Même pour des faits prescrits, leur nombre et leur étalement dans le temps peuvent permettre d’apprécier la personnalité, la culpabilité et les mesures à prendre. Le fait d’établir l’ensemble de la situation est donc opportun”, détaille Pierre Aubert dans le 19h30 de jeudi.

Peu de chances d’enquête en Suisse

La justice française ne dispose pas, à ce stade, d’éléments suffisants pour faire une demande d’entraide judiciaire à la Suisse. L’Office fédéral de la justice confirme ne pas avoir reçu de requête dans ce sens.

Etienne Manteaux a indiqué qu’il transmettrait les éléments en sa possession aux autorités judiciaires bernoises. Mais comme les faits sont prescrits en France comme en Suisse, le Ministère public bernois pourrait ne pas ouvrir de procédure.

Sujet radio: Elodie Botteron

Sujet tv: Vincent Jacquat

Article web: juma