En France, selon l’Insee, l’ascenseur social n’est pas en panne

7 comments
  1. Il n’est pas en panne mais bien mis à mal par l’éducation nationale, qui avec sa politique du tri minimal, laisse le tri se faire par d’autres mécanismes.
    Employeurs, classes préparatoires, facultés (lorsqu’elles ne trient pas au sort).
    Dans les endroit difficiles, on voit souvent que les gens qui savent écrire sont ceux… Dont les parents parlent français, et où ils peuvent éduquer eux-mêmes leurs enfants, là où l’éducation nationale échoue.

    Donc oui, il y a un ascenceur social, mais certainement pas sur tous les plans 🙂

  2. Jamais aimé cette image, “ascenseur social”.

    Premièrement tout le monde ne commence pas au rez-de-chaussée. Deuxièmement dans la plupart des cas ce sont des efforts qui permettent “l’ascension”, pas un simple appui sur un bouton.

    La seule part de vérité est que plus de personnes l’utilisent pour monter que pour descendre (i.e. globalement le niveau de vie des français augmente).

  3. > **Selon une étude novatrice, 72 % des enfants de parents modestes gagnent mieux leur vie qu’eux.**
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    >Une étude originale, publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le 19 mai, tord le cou à l’idée que la France serait « le » pays de la reproduction des inégalités sociales. Les statisticiens ont, pour la première fois, comparé le revenu 2018 d’adultes de 28 ans à ceux de leurs parents, dix ans plus tôt, pour mesurer la mobilité des ressources entre générations. « Les revenus des parents influencent, bien sûr, fortement ceux des enfants, mais sont loin de les déterminer entièrement », écrivent les auteurs.
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    >Parmi les enfants de parents défavorisés appartenant aux 20 % des ménages les plus modestes, un quart font tout de même partie à 28 ans des 40 % des ménages les plus aisés et « 12 % ont une mobilité très ascendante et rejoignent les 20 % les plus riches ». En élargissant le point de vue, l’étude constate que 72 % des enfants de parents modestes gagnent mieux leur vie qu’eux. A l’autre extrémité du tableau, 15 % des enfants de parents aisés ont une mobilité descendante et se retrouvent, à 28 ans, parmi les 20 % des ménages les plus modestes.
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    > Selon l’Insee, ceux qui ont le plus de chances d’améliorer leurs revenus comparés à ceux de leurs parents sont plutôt des hommes, habitant l’Ile-de-France et dont l’un des parents est diplômé du supérieur. Les enfants d’immigrés ont, eux, une mobilité ascendante plus forte que la moyenne, de 15 % contre 10 %. Plusieurs facteurs pourraient y contribuer : ils résident plus généralement dans les grandes villes et des territoires dynamiques offrant davantage d’opportunités d’emplois ; leurs parents ont investi plus intensivement dans leur éducation… L’étude bat en brèche une autre idée reçue, en faisant le constat que la mobilité ascendante est identique, à 19 %, en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, et dans les Hauts-de-Seine, le plus riche.
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    > **« Modèle à la française efficace »**
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    >« Ces conclusions peuvent sembler contradictoires avec le sentiment de déterminisme social, très fort en France comparé à d’autres pays », explique, sur le blog de l’Insee, Michaël Sicsic, chargé d’étude sur les inégalités et la pauvreté et coauteur de l’étude. Il fait référence à la publication, en juin 2018, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), d’une étude largement reprise dans le discours médiatique et politique, qui avait frappé les esprits en affirmant notamment que la France « affiche, en matière de revenus du travail et de statut social, une mobilité relativement faible par rapport à d’autres pays », comme l’Espagne, la Grèce, le Portugal ou le Danemark.
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    > L’OCDE classait dans ce domaine la France 21e sur 30 pays, et estimait à six générations, soit cent quatre-vingts ans, le temps nécessaire aux descendants d’une personne d’origine modeste pour parvenir à disposer de revenus moyens ! « Mais ce calcul de l’OCDE est théorique, observe M. Sicsic. Il repose sur une estimation et des simulations de revenus, tandis que l’étude de l’Insee relie directement les revenus réels des parents, tels que déclarés à l’administration fiscale, à ceux de leurs enfants, et prend en compte un très large panel. »
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    > « Cette étude novatrice de l’Insee montre que l’ascenseur social n’est pas en panne, se félicite Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Que le modèle social à la française est efficace et que prétendre le contraire en ne pointant que ses défaillances, car il y en a, donne des arguments à ceux qui veulent le défaire. »

  4. C’est le moment de ressortir ce graphique qui avait été réalisé par des économistes de l’INSEE : [Décomposition de la redistribution du revenu national](https://blog.insee.fr/wp-content/uploads/2021/04/fig2-decomposition-de-la-redistribution-du-revenu-national-en-2016.png), en euros par UC.

    La ligne rouge foncée du graphique représente les ressources par foyer après transferts de l’État. 75% de la population française (les D2 à D8) vivent avec des ressources très proches les uns des autres, càd avec 30.000€ à 40.000€ par an, par unité de consommation.

    La très grande majorité de la population française vit dans la classe moyenne.

  5. C’est dingue, tous les commentaires du monde sont hyper négatif et remettent en cause l’article. Je suis trop con et feignant pour aller voir l’étude, mais j’ai quand même confiance dans le Monde et l’insee, et ça me semble une très bonne nouvelle.

    C’était le point noir du système à la française selon l’étude de l’ocde : une bonne redistribution mais au détriment de la mobilité sociale. Or cette étude bat un peu en brèche cette notion. Tout n’est pas figé dans un déterminisme en France.

    J’aimerais tout de même un article beaucoup plus approfondi. J’espère que cette étude aura de l’écho.

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