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La ministre a scrupuleusement mis les pieds dans le plat. Lors d’une conférence de son parti, Jacqueline Galant, ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le niveau institutionnel de la Belgique francophone, s’est exprimée à propos du prochain départ de l’administrateur de la RTBF, la radio-TV publique. La ministre issue du Mouvement réformateur (MR, centre droit), qui a les médias dans son dicastère, a dit son espoir qu’une nouvelle direction permettra d’«apporter une ligne un peu différente qui ira de l’autre côté de l’échiquier politique». Tollé général contre cette intrusion dans l’indépendance du média public. Et mise en lumière d’une polémique sur les biais du service public qui ressemble drôlement à celle faisant rage en Suisse, autour de la redevance à 200 francs.

Professeur à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste des médias et observateur critique des débats en cours, François Heinderyckx nuance en parlant d’une «petite tirade de mauvaise humeur», mais il ajoute: «Ce qui est nouveau ces temps, c’est d’entendre une rhétorique anti-médias publics qui s’étend aux chercheurs, aux intellectuels, aux étudiants en sciences humaines et sociales… Des discours qu’on entend en Hongrie.»