A Genève, des négociations entre l’Iran et les Etats‑Unis se sont déroulées mardi, tandis que des pourparlers entre l’Ukraine, la Russie et Washington tentent aussi de mettre fin à la guerre en Ukraine. Cette séquence diplomatique intense permet à la Suisse de retrouver un rôle central, explique l’ancienne présidente de la Confédération.

Invitée mardi dans le 19h30 de la RTS, Micheline Calmy‑Rey, ancienne présidente de la Confédération et ex‑conseillère fédérale en charge des Affaires étrangères, rappelle la réputation d’excellents négociateurs des Iraniens, avant d’inscrire ces discussions de Genève dans un contexte de tension maximale. Selon elle, l’ampleur des attentes qui entourent ce round montre qu’une issue diplomatique reste envisageable.

Interrogée sur les spéculations concernant une possible décision déjà arrêtée par Donald Trump d’attaquer l’Iran — alors que des porte‑avions américains croisent dans la région et que certains redoutent même une frappe contre l’Ayatollah Ali Khamenei — Micheline Calmy‑Rey souligne qu’il est impossible d’anticiper la décision du président américain.

La diplomatie reste la seule voie réaliste

Elle estime cependant que la dynamique actuelle offre quelques signaux positifs: “Téhéran aurait consenti certaines concessions sous pression”. Elle rappelle aussi qu’en 2015, “l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien avait été conclu entre l’Iran, les Etats‑Unis, l’Union européenne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU — avant que Washington ne s’en retire deux ans plus tard.”

 Je crois […] que les Etats‑Unis et les pays voisins, notamment arabes, craignent de déclencher un chaos régional si une guerre devait éclater

Micheline Calmy‑Rey, ancienne présidente de la Confédération

“Je sais bien qu’il y a des personnes en Iran, ou dans l’opposition, qui disent que cela ne sert à rien de discuter et que, de toute façon, il faut un changement de régime. Mais je crois malgré tout que les Etats‑Unis et les pays voisins, notamment arabes, craignent de déclencher un chaos régional si une guerre devait éclater”, affirme l’ancienne présidente de la Confédération. Ainsi elle estime que la crainte d’un embrasement incontrôlable demeure un frein puissant à toute option militaire.

Le retour de la Genève diplomatique

Le retour de grandes négociations internationales à Genève constitue un succès diplomatique significatif pour la Suisse. “C’est une bonne nouvelle, nous n’allons pas bouder notre plaisir. Franchement, le Département des affaires étrangères peut être très content de ce succès”, félicite la Genevoise.

Elle souligne que la ville possède un “écosystème” unique: la présence du siège européen des Nations unies, d’une quarantaine d’organisations internationales et d’un réseau dense d’acteurs diplomatiques créent des conditions idéales pour accueillir des pourparlers sensibles.

Nous pouvons féliciter le Département fédéral des affaires étrangères d’avoir […] remis Genève au centre. Nous en avions vraiment besoin

Micheline Calmy‑Rey, ancienne présidente de la Confédération

Ainsi, même si la visite du conseiller fédéral Ignazio Cassis au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Moscou début février 2026 avait suscité de vives critiques, Micheline Calmy‑Rey y voit finalement un geste qui a contribué à relancer l’influence diplomatique helvétique.

“Nous pouvons féliciter le Département fédéral des affaires étrangères d’avoir su créer cette plate‑forme et d’avoir remis Genève au centre. Nous en avions vraiment besoin: l’année dernière, nous avons vécu des pertes d’emplois et des retraits de financements, donc oui, […] c’est un beau succès”, conclut-elle.

>> Voir aussi les explications du 19h30 :

L'Iran et les Etats-Unis ont conclu une étape de négociations à Genève

L’Iran et les Etats-Unis ont conclu une étape de négociations à Genève / 19h30 / 2 min. / aujourd’hui à 19:30

Propos recueillis par Philippe Revaz

Adaptation web: Miroslav Mares