Comment êtes-vous arrivé à Akritas Chlorakas, 11e du championnat chypriote ?
Fin 2025, j’ai résilié mon contrat en Israël (NdlR : à Ironi Kiryat Shmona) et j’ai passé le mois de janvier à la maison. Il y a eu des intérêts, aux Pays-Bas et en D2 belge. Puis Akritas s’est manifesté, je me suis renseigné auprès de mon frère qui avait joué dans le championnat chypriote. Il m’a rassuré. Et j’ai accepté.


Anthony Limbombe a également joué à Beveren, durant un an et demi.
C’est un club modeste, promu pour la première fois en 2022. On est loin des strasses, des titres et de la Coupe d’Europe que vous avez connus.
C’est sûr qu’on n’a pas les mêmes infrastructures qu’en Belgique ou qu’en France, mais il faut passer outre ces considérations. Je vois au quotidien que les gens font ce qu’ils peuvent. Qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. On a la chance de jouer dans le stade de Pafos, donc le terrain est impeccable.
Quelques jours après votre signature, vous avez joué 17 minutes et déjà donné une passe décisive… devant environ 500 spectateurs. Désarçonnant ?
Je n’y fais pas trop attention. Franchement, je me focalise sur mon retour en forme. Je sais et je sens que le coach compte sur moi, c’est gratifiant.
Je ne me suis jamais senti en insécurité en Israël.
Votre expérience précédente, en Israël, a tourné court.
Mon feeling sur place n’était pas bon. Les résultats sportifs non plus. En plus, j’y vivais seul. Ça ne pouvait pas durer.
On sent que c’est un pays en guerre ?
Pas du tout. Je ne me suis jamais senti en insécurité. Je crois que, tant qu’on n’y a pas vécu, on ne sait pas ressentir ça. À la télévision, on voit les bombes, les attaques et les morts, c’est terrible évidemment, mais là où j’habitais, rien de tout ça. Je m’étais rendu sur place avant de m’engager, et j’ai apprécié l’atmosphère. Mais finalement, ça n’a pas duré et j’ai dû prendre une décision pour mon bien.


En 2018, Limbombe a aidé Bruges à décrocher le titre, avec 6 buts et 6 assists. ©BELGA
Il y a pratiquement 8 ans, vous honoriez votre première – et unique – sélection avec les Diables rouges…
(Il souffle). Ma carrière n’a pas décollé comme elle aurait dû. Après le titre à Bruges (2018) et mon transfert à Nantes, on me voyait déjà en Premier League ou en Liga… J’ai fait des mauvais choix, j’ai connu des blessures… Cela aurait pu être mieux. Ou pire. J’ai ensuite su me relancer à Almere City (Pays-Bas) où j’ai grandement participé à la première promotion du club en D1. Légendaire. J’ai kiffé.
Certaines personnes mal intentionnées m’ont guidé vers de mauvais choix.
Vos transferts – dont celui à Nantes pour lequel vous avez connu un bref passage en garde à vue dans le cadre du Footgate – ont pu susciter des incompréhensions ou des étonnements.
Je ne veux pas m’apitoyer sur qui que ce soit mais certaines personnes mal intentionnées m’ont guidé vers de mauvais choix. Je n’entrerai pas dans les détails mais je parle essentiellement d’agents. C’est toujours dommage quand une carrière n’est pas exclusivement décidée par tes performances ou tes choix, mais c’est comme ça dans le football. D’autres ont abandonné, moi, jamais. J’ai 31 ans, je suis encore en forme et heureux, c’est ce qui compte.


Lors de son prêt au Standard. ©BELGA
Vous restez le plus jeune joueur de l’histoire de Genk à avoir joué en D1. Le 18 septembre 2010, à 16 ans, 2 mois et 3 jours, Franky Vercauteren vous lançait contre Lokeren.
Je n’ai rien oublié (sourire). Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, la star, c’est Karetsas. J’adore ce qu’il propose, il est très doué, mais je pense qu’on ouvre plus facilement la porte aux jeunes en 2026 qu’en 2010. Le football a changé.
Mon prêt au Standard était une erreur.
En 2019-20, votre prêt au Standard a été un échec.
J’étais content de retrouver Michel Preud’homme, qui m’avait pris à Bruges. Mais c’était une erreur. J’aurais dû rester à Nantes. D’autant qu’il y avait une sacrée concurrence avec Carcela, Mpoku ou Lestienne, et que j’ai vite été blessé. J’ai nettement plus d’accroches avec Genk, mon club formateur, et le Club Bruges, où j’ai explosé, qu’avec le Standard. Pour mon avis Joris Kayembe, j’espère d’ailleurs une victoire de Genk, dimanche.
Ivan Leko, avec qui vous avez été champion, est de retour à Bruges. Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
Le meilleur entraîneur que je n’ai jamais eu. Il m’a transformé. Ses méthodes sont extrêmement dures et exigeantes, mais son caractère et sa passion transportent toute l’équipe. La puissance de ses speechs d’avant-match était mémorable. Quand tu sors du vestiaire, le gars, tu as envie de le suivre ! Grand respect.