Selon une information exclusive du quotidien britannique The Guardian, le président des Etats-Unis et son administration envisageraient de construire une base militaire à Gaza. La structure, composée d’un petit champ de tir, de bunkers et d’un entrepôt, pourrait accueillir 5 000 personnes. Ce site, ceinturé de barbelés et de 26 tours de guet blindées, s’étendrait sur 35 000 mètres carrés, d’après les registres des contrats du Conseil de la paix, consultés par les journalistes.
Les lieux devraient servir de base opérationnelle pour accueillir la future Force internationale de stabilisation (ISF). Introduites par l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre entre le Hamas et Israël, puis voté à l’ONU en novembre – dans le cadre du Plan de paix pour Gaza de Donald Trump – ces troupes auront pour vocation de superviser la sécurité dans l’enclave et à ses frontières.
“Protocole relatif aux restes humains”
Grâce à une vidéo à laquelle The Guardian a eu accès, ses journalistes ont pu établir que les Etats-Unis prévoyaient de construire la base militaire dans une zone du sud de la bande de Gaza. Selon une source proche du dossier, des entreprises de construction “ayant de l’expérience dans les zones de guerre”, ont déjà visité les lieux. Le contrat, préparé par des responsables américains a directement été émis par le Conseil de la paix. Sondés par le quotidien britannique, des experts ont confié leurs inquiétudes face à l’opacité de l’institution, particulièrement sur le volet financier.
Le document précise que “l’entrepreneur” de ces travaux “doit effectuer une étude géophysique du site afin d’identifier les vides souterrains, les tunnels ou les grandes cavités par phase”, une référence probable au vaste réseau de tunnels construits par le Hamas. Au chapitre “protocole relatif aux restes humains”, le contrat prévoit un arrêt des travaux “si des restes humains ou des artefacts culturels présumés sont découverts”. Selon l’agence de défense civile de Gaza, les corps d’environ 10 000 Palestiniens seraient ensevelis sous les décombres de l’enclave. Quant à la quantité de débris de guerre à éliminer, elle est estimée à 60 millions de tonnes.
Jusqu’à 20 000 soldats dans Gaza
Les troupes stationnées auront pour mission de protéger les civils, de former et de soutenir les “forces de police palestiniennes approuvées”. A mesure que l’armée israélienne se retirera de Gaza, l’ISF y sera déployée. Ses rangs seront composés d’une coalition majoritairement issue de pays arabes et musulmans, allant jusqu’à 20 000 soldats.
L’Indonésie, dont le président s’est rendu à Washington le 19 février pour la réunion inaugurale du Conseil de la paix, aurait proposé d’envoyer jusqu’à 8 000 soldats. Le grade de commandant adjoint de la force de stabilisation a été attribué au pays. Le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie se sont également engagés à participer.
Si une grande partie du sud de la bande de Gaza demeure sous contrôle israélien, il est encore difficile de déterminer à qui appartient le terrain sur lequel les Etats-Unis envisagent de construire la base militaire pour l’ISF. Interrogée par les journalistes du Guardian sur ce contrat de construction, l’administration Trump n’a pas souhaité donner suite à leurs questions.