Le communiqué, publié par le ministère turc des Affaires étrangères tard dans la soirée du 23 février, protestait contre le projet d’Israël de commencer à enregistrer des terres en Cisjordanie occupée.
La déclaration a été signée par 19 pays : l’Arabie saoudite, le Qatar, le Brésil, la France, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Islande, l’Indonésie, l’Irlande, la Jordanie, le Luxembourg, la Norvège, la Palestine, le Portugal, la République palestinienne, la Slovénie, la Suède, la Turquie et l’Égypte. Le secrétaire général de la Ligue arabe et le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique l’ont également signée.
Des pays affirment que cet enregistrement foncier pourrait aider Israël à légitimer la saisie de terres palestiniennes, notamment lorsque ces dernières ne disposent pas de documents suffisants pour prouver leur propriété. Selon la déclaration, cela constitue une forme d’« annexion de facto ».
La ville palestinienne de Bethléem est située au cœur de la Cisjordanie. Photo : CC/Wiki
L’organisation de surveillance La Paix Maintenant a indiqué que le plan israélien, signé le 15 février, s’appliquerait à l’ensemble de la zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie. Cette zone est actuellement placée en grande partie sous contrôle israélien en matière de sécurité et d’administration, tandis que les Palestiniens ne bénéficient que d’une autonomie limitée. Aux termes d’accords antérieurs, cette zone est considérée comme celle qui appartiendrait à un futur État palestinien en cas de solution à deux États.
Dans une déclaration conjointe, les ministres des Affaires étrangères ont averti que ces mesures pourraient modifier durablement le statut juridique et administratif de la Cisjordanie. Ils ont affirmé que cela compromettrait la possibilité de créer un État palestinien et irait à l’encontre de la solution à deux États. Ils se sont également opposés à toute action susceptible de modifier la composition démographique, les caractéristiques et le statut des territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.
Outre leur opposition au plan d’enregistrement foncier, ces pays ont également appelé Israël à mettre fin aux violences des colons contre les Palestiniens. Ils ont déclaré qu’ils prendraient des mesures conformes au droit international pour s’opposer à l’expansion des colonies et aux politiques susceptibles d’entraîner des déplacements forcés ou des annexions.
La déclaration souligne que les colonies israéliennes violent le droit international, citant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de Justice (CIJ). Dans cet arrêt, la CIJ a déclaré que la présence d’Israël dans les territoires palestiniens occupés est illégale en raison d’un abus de son statut de puissance occupante.
Selon la CIJ, environ 465 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, dans quelque 300 colonies et avant-postes.
Plus tôt ce mois-ci, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que le plan d’enregistrement foncier pourrait entraîner la dépossession des Palestiniens et accroître le contrôle israélien sur la région.
Les ministres des Affaires étrangères ont également appelé Israël à restituer immédiatement les impôts qu’il retient à l’Autorité palestinienne en vertu du Protocole de Paris de 1994, tout en soulignant la nécessité de maintenir le statu quo historique et juridique à Jérusalem et sur les lieux saints, en particulier pendant le Ramadan.
Source : https://congluan.vn/19-nuoc-len-an-ke-hoach-mo-rong-dat-dai-cua-israel-tai-bo-tay-10331331.html