Le premier ministre hongrois dit avoir ordonné le déploiement de soldats et d’équipements pour protéger les infrastructures critiques.
Le premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé mercredi l’Ukraine de vouloir perturber le système énergétique hongrois, et a ordonné le déploiement de soldats et d’équipements pour protéger les infrastructures critiques. Sa décision aggrave encore le conflit avec l’Ukraine concernant l’interruption de l’oléoduc de Droujba qui achemine le pétrole brut russe vers la Hongrie et la Slovaquie, deux pays qui reprochent à Kiev l’arrêt prolongé de l’approvisionnement de leurs raffineries.
Kiev affirme que cette interruption a été causée par une frappe de drone russe qui a touché des équipements de l’oléoduc dans l’ouest de l’Ukraine. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, Orban a réaffirmé que la fermeture de Droujba était due à des «raisons politiques et non techniques» et a déclaré que des rapports des services de renseignement indiquaient que le système énergétique hongrois pourrait subir d’autres perturbations.
Veto hongrois sur les nouvelles sanctions de l’UE contre la Russie
«Je constate que l’Ukraine prépare de nouvelles actions visant à perturber le fonctionnement du système énergétique hongrois», a déclaré Orban. «J’ai donc ordonné le renforcement de la protection des infrastructures énergétiques critiques. Cela signifie que nous déploierons les soldats et l’équipement nécessaires pour repousser les attaques à proximité des installations énergétiques clés.»
La Hongrie et la Slovaquie ont maintenu leurs liens avec Moscou et se sont opposées à leurs partenaires de l’Union européenne concernant leur soutien militaire à l’Ukraine dans sa lutte contre l’invasion russe. Lundi, la Hongrie a maintenu son veto sur les nouvelles sanctions de l’UE contre la Russie et sur un prêt colossal à l’Ukraine, dans un contexte de conflit sur l’approvisionnement en pétrole. Orban a présenté les élections législatives hongroises du 12 avril prochain comme un choix radical entre «la guerre ou la paix», affirmant que ses opposants entraîneraient le pays dans la guerre qui fait rage chez son voisin ukrainien.