C’est un Donald Trump agacé qui a pris la parole ces derniers jours. Le président américain s’est adressé aux pays membres de l’Otan, en marge du conflit en Iran. Cette opération militaire, initiée par Washington et son allié israélien, “était un test pour l’Otan”, a assuré le milliardaire (nouvelle fenêtre). Si les pays qui font partie de l’alliance atlantique n’apportent pas leur aide aux États-Unis, “nous nous en souviendrons”, a assuré le chef d’État républicain.
Pour compléter son propos, Donald Trump a ajouté que les États-Unis pourraient envisager à l’avenir de ne pas venir au soutien des membres de l’Otan, si ces derniers en éprouvaient le besoin. “Pourquoi serions-nous là pour eux s’ils ne sont pas là pour nous ?”, a-t-il lancé. Des déclarations véhémentes qui interrogent sur le rôle de l’alliance atlantique et sur les devoirs des pays qui la composent. Les règles de l’Otan devraient-elles conduire la France, l’Allemagne ou l’Italie à soutenir militairement les Américains en Iran ? Pour le savoir, TF1info s’est rapproché d’une ancienne salariée de l’alliance, la chercheuse Samantha de Bendern.
Washington n’a pas officiellement demandé de l’aide
Sur son site Internet, l’Otan se présente (nouvelle fenêtre) explicitement comme “une alliance à vocation défensive”, dont les membres sont “déterminés à sauvegarder leur liberté et leur sécurité communes, face à toutes les menaces, d’où qu’elles viennent”. Cette vocation défensive, qui constitue l’identité même de l’alliance atlantique, n’implique “aucune obligation militaire d’assistance” en cas d’offensive conduite par l’un de ses membres, insiste Samantha de Bendern.
La représentante du Royal Institute of International Affairs, un institut de réflexion basé à Londres, insiste par ailleurs sur le fait que Donald Trump n’a “effectué aucune demande d’aide formelle aux pays membres de l’Otan”. Pour l’heure, il s’est “contenté d’envoyer des tweets”, en marge d’une “guerre construite autour de coups médiatiques”.
Pour solliciter une aide en bonne et due forme de l’Otan, Washington devrait s’y prendre autrement. “Si un pays est attaqué, il peut demander une assistance aux autres membres”, glisse la spécialiste. Une requête sur la base de l’article 5, selon lequel (nouvelle fenêtre) toute “attaque armée contre l’une ou plusieurs [parties] survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties”. La chercheuse note qu’en cas d’unanimité parmi les membres de l’Otan, une action commune peut alors être entreprise.
Dans le cadre du conflit actuel, les Américains n’ont pas officiellement sollicité leurs alliés. “Et même s’ils le faisaient, il est très peu probable que l’Otan viendrait apporter son soutien”, ajoute Samantha de Bendern. Les États-Unis sont en effet à l’initiative du conflit, aux côtés d’Israël, bien qu’ils soient exposés à une riposte iranienne.
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Dans l’histoire de l’Otan, le seul exemple d’une mise en œuvre de l’article 5 remonte à 2001. À la suite des attentats du 11 septembre déclenchés par Al-Qaïda, les membres de l’alliance atlantique se sont en effet “mobilisés à l’unanimité pour venir en aide à leur allié américain attaqué”. Un “geste de solidarité” qui s’était notamment traduit par l’envoi de soldats en Afghanistan, dans un contexte géopolitique très différent de celui que nous observons actuellement.
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Thomas DESZPOT
