“Physiquement, ça va ?” D’entrée, le ton avait été donné. L’interrogation, elle, était toute naturelle. Être inséré dans ce type de dispositif requiert évidemment un état de santé et des aptitudes athlétiques conformes aux conditions qui nous attendent sur zone.
Sitôt transporté dans le Center training area de la base militaire, à quelques kilomètres de la petite ville de Tapa, au Nord-Est de l’Estonie, l’intérêt de ces mesures de précaution est complètement justifié. Passer d’une phase d’observation à une autre, d’une scène d’exercice à un poste de commandement impose un rythme soutenu, à toute heure, sachant qu’ici, la nuit laisse très peu de place à la faible lumière d’un jour compressé entre une aube tardive et un crépuscule précoce.
Dans de la gadoue semblable à de la fange
Si nous avons échappé à la neige au moment de cette immersion, une pluie lourde et pénétrante s’était empressée de prendre les devants. La nature a horreur du vide et on se demande bien si des sols enneigés ne valaient pas mieux que progresser dans de la gadoue semblable à de la fange, vêtus d’habits perpétuellement humides.
Mais pas le temps ici de s’attarder sur des considérations assez futiles. Encore moi…