Le président américain a de nouveau qualifié l’Alliance de «tigre de papier» dans une interview au Telegraph, après que ses États membres ont refusé de se joindre à sa guerre contre l’Iran et d’intervenir dans le détroit d’Ormuz.

L’Otan vit-elle ses dernières heures ? Dans une interview au quotidien britannique The Telegraph  ce mercredi, Donald Trump annonce qu’il envisage sérieusement de retirer les États-Unis de l’Alliance atlantique après le refus des États membres de se joindre à sa guerre contre l’Iran. Le président américain a, comme il l’avait déjà fait le 20 mars sur son réseau Truth social, qualifié l’organisation militaire de «tigre de papier» , affirmant qu’il l’a «toujours su». «Et Poutine le sait aussi, d’ailleurs.»

Le locataire de la Maison-Blanche s’en prend une nouvelle fois aux Européens, qui se sont montrés réticents à contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement 20% du pétrole mondial. «C’est difficile à croire. […] J’estime que ça devrait aller de soi», peste-t-il, martelant que les États-Unis, de leur côté, ont «toujours été là, y compris en Ukraine» alors que ce «n’était pas trop problème». «Nous étions là pour eux, et nous aurions toujours été là pour eux. Eux n’étaient pas là pour nous.»


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Mardi, Marco Rubio avait déjà porté un sérieux coup au lien transatlantique en déclarant que l’administration Trump devait «réexaminer» ses relations avec l’Otan une fois la guerre contre l’Iran terminée. Donald Trump se dit «ravi» des propos tenus par le secrétaire d’État américain. «Je dirais même que cela va au-delà d’une simple remise en question», ajoute le républicain. Dans un entretien avec Reuters ce mercredi après-midi, il confirme qu’il abordera le sujet de la présence des États-Unis dans l’Otan lors de son allocution prévue le soir même.

Directement visé, Keir Starmer défend l’Alliance

Auprès des journalistes britanniques, Donald Trump s’en est particulièrement pris au Royaume-Uni, laissant entendre que la Royal Navy n’était pas à la hauteur. «Vous n’avez même pas de marine. Vous êtes trop vieux et vous aviez des porte-avions qui ne fonctionnaient pas», a-t-il déclaré, en référence au piètre état de la flotte de navires de guerre britannique. Et d’adresser une pique à Keir Starmer : «Je ne vais pas lui dire quoi faire. Il peut faire ce qu’il veut. Cela n’a pas d’importance. Tout ce que Starmer veut, ce sont des éoliennes coûteuses qui font grimper vos prix de l’énergie en flèche.»

En réponse aux critiques répétées de son partenaire outre-Atlantique, le premier ministre britannique a défendu l’Alliance. L’Otan «assure notre sécurité depuis plusieurs décennies et nous sommes pleinement engagés» dans cette union, a déclaré le dirigeant travailliste lors d’une conférence de presse à Downing Street. Il a par ailleurs annoncé que son pays organiserait cette semaine une réunion internationale avec «35 nations» pour sécuriser le détroit d’Ormuz.