Tours à moitié vides, parvis déserté, restaurants sans clients… La crise existentielle du quartier de La Défense

7 comments
  1. Tiens mais Le Monde, en plus du mur de paie, nécessite qu’on accepte ses cookies pour pouvoir le visiter… je ne perdrai plus de temps à cliquer sur leurs liens du coup, merci Le Monde !

  2. Les poules pondeuses, ayant goûté le plein air, rechignent a retourner dans leur poulailler surpeuplé, bruyant et difficile d’accès.

    Les fermiers sont choqués.

  3. Tours à moitié vides, parvis déserté, restaurants sans clients… La crise existentielle du quartier de La Défense
    Guillemette Faure
    Le quartier d’affaires au nord-ouest de Paris se vide. Cette vie minérale et encravatée ne fait plus rêver les jeunes actifs. En cause : leur plébiscite du télétravail et l’isolement – relatif – du centre économique, dont la verticalité symbolise un rapport au travail périmé

    C’était en décembre 2021, entre deux vagues de Covid-19. Sogeprom, promoteur immobilier et filiale de la Société générale, organisait une conférence d’échanges d’idées sur l’avenir du bureau. « Vous préférez venir ou être en visio ? On est à la Défense », m’interrogeait-on. L’option à distance m’allait bien. Deux jours plus tard, un autre appel demandait aux participants s’ils se déplaceraient au cas où la réunion aurait lieu à Paris. La rencontre s’est finalement tenue dans un salon loué pour l’occasion près de la station George-V, autrement dit à six arrêts de métro de la station Esplanade-de-la-Défense.

    Malgré ses beaux locaux, Sogeprom sait que les gens traînent les pieds pour venir dans le quartier d’affaires, qui est loin d’avoir retrouvé sa population d’avant la crise sanitaire. Combien de personnes manque-t-il dans ce qui est le plus grand pôle tertiaire d’Europe ? Un quart des 180 000 personnes qui travaillaient là avant la pandémie, à en croire Paris La Défense, l’établissement public qui gère le quartier. Le restaurant Sodexo interentreprises, installé dans Les Collines de l’Arche, prévu pour 2 000 personnes, n’en sert plus que la moitié, « et encore, c’est la moyenne haute », selon un de ses responsables.

    Alors qu’on reprochait au quartier d’affaires d’être débordé par ses flux – illustrés par la queue pour l’escalator qui permet de s’extirper du RER A –, confinements et télétravail ont montré qu’on n’y vivait pas nécessairement mieux en étant moins nombreux. « Pendant les confinements, j’ai totalement perdu l’habitude de me coltiner 45 minutes de métro ou de RER », raconte Marc (plusieurs des personnes interrogées ont souhaité rester anonymes), 29 ans. Fin 2020, il a repris le boulot dans une agence numérique, passée de Paris à la Défense par souci d’économie, en instaurant le télétravail. Son entreprise lui impose deux jours par semaine dans les bureaux – deux jours de trop, selon lui. Comme il travaille avec des développeurs en Roumanie et dans d’autres pays européens, quand il arrive au bureau, il met son casque sur les oreilles.

    Open spaces vides

    « A chaque réunion, il y a au moins un participant en conf’call. Chaque fois je me dis que j’aurais très bien pu ne pas venir. Quand je suis sur place, je ne peux pas me lever pour faire un café ou me mettre dans le canapé », regrette Marc. Ajoutez à cela que les open spaces vides peuvent être sinistres. Les entreprises qui « rendent des étages », comme on dit à La Défense, passent généralement au flex office en même temps qu’au télétravail partiel. « Celui qui arrive le plus tôt chope la meilleure place, sinon c’est l’entrée ou le couloir… », raconte Marc à propos de la nouvelle organisation de son agence, hébergée dans un espace de coworking. En entreprise, les postes ne sont plus attribués alors qu’ils le sont encore à la table de la cuisine, chez soi.

    « Y a un côté “tiens, t’es là ?”. On perd l’habitude de travailler ensemble, voire on se parle en visio d’un bureau à l’autre », explique Yann, cadre de 32 ans

    Yann, 32 ans, travaille pour une filiale d’EDF dans une tour. Son étage est plein à 20 %. Avec le télétravail, quand on vient, raconte-t-il, on ne sait pas bien sur qui on va tomber. « Y a un côté “tiens, t’es là ?”. On perd l’habitude de travailler ensemble, voire on se parle en visio d’un bureau à l’autre. » La chefferie était jusque-là perchée aux 22e et 23e étages ; son supérieur travaille désormais en province, à une heure et demie de Paris en TGV. Et c’est en visio que Yann est le plus souvent en contact avec lui. Autrefois, on devinait la séniorité de quelqu’un dans l’entreprise à la hauteur de son étage. Le privilège des chefs consiste aujourd’hui à s’installer à Dijon, Tours ou Marseille, et à louer un hôtel pour deux jours en se réjouissant que le RER A relie aussi facilement la Défense à la gare de Lyon – ce qui rend encore plus amers ceux qui sont sur place.

    Pourquoi venir au bureau, si tout le monde est en visio ? Pas toujours le choix, cela dit. Dans un grand groupe de conseil, également installé sur le parvis, des réunions sont instaurées le mardi. Aucun lien de visioconférence n’est inclus dans l’invitation, pour faire comprendre que cet échange d’idées n’aura lieu qu’en présentiel.

  4. >Ajoutez à cela que les open spaces vides peuvent être sinistres. Les entreprises qui « rendent des étages », comme on dit à La Défense, passent généralement au flex office en même temps qu’au télétravail partiel.

    Pour des raisons économique, mon entreprise va supprimer un étage et instaurer le flex office cet été. Je peux vous assurer que ça commence déjà à grincer fort au bureau : il n’y a pas de roulemebt par service, ça va être la loi de la jungle (“premier arrivé, premier servi”). Je pense à ceux qui ont crée leur petit nid douillet à leur bureau, accroché leur post-it, photos de familles etc… Quitte à choisir, je préfère rester chez moi au lieu de me coltinee 45 minutes de RER A pour atterrir dans un lieu de travail, complètement impersonalisé et où je devrais me battre pour avoir une place.

  5. Non mais les patrons ils sont là parce qu’ils aiment le contact humain, je comprends qu’ils soient sur la défensive

  6. Bah écoutez je suis d’accord mais là tout de suite si j’avais un stage à la Défense je serais content. Ça me permettrait de voir si j’aime ça ou pas.
    J’ai du mal à rejeter la chose sans essayer…

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