Législatives: en tentant de diaboliser la Nupes, les macronistes gênent leurs propres candidats

5 comments
  1. >**Législatives: en tentant de diaboliser la Nupes, les macronistes gênent leurs propres candidats**

    >La stratégie nationale d’Ensemble, basée sur des attaques sans nuance sur Jean-Luc Mélenchon et la Nupes, handicape les 110 candidats de la majorité engagés à la lutte face à l’extrême-droite au second tour. Ceux-ci jouent leurs partitions pour tenter de sauver leur peau.

    >Une déconvenue en entraîne souvent une autre. Pour les macronistes, la déception des résultats du premier tour des législatives, laissant un maigre espoir de majorité absolue dimanche prochain, s’est doublée d’un casse-tête imprévu : éliminés dans plus de circonscriptions qu’ils ne l’anticipaient, ils ont été sommés dans l’urgence de définir une consigne de vote face à une soixantaine de duels RN-Nupes. Ou comment perdre leur première journée de campagne d’entre-deux-tours en atermoiements sur un sujet concernant à peine plus de 10 % des circonscriptions… pour aboutir à un appel à voter Nupes face au RN, à l’exception des candidats qui «ne respectent pas les valeurs républicaines». Sans dire clairement qui est concerné par cette réserve.

    >**Obtenir une «majorité forte et claire»**

    >La stratégie d’Emmanuel Macron de mobiliser l’électorat modéré contre «les extrêmes» – la France insoumise et le Rassemblement national mis dans le même sac par le chef de l’Etat – était efficace à l’élection présidentielle, lorsque le second tour se résumait à un duel entre lui et Marine Le Pen. Elle se révèle inadaptée aux élections législatives, quand 577 mini-présidentielles très différentes sont organisées dans le pays. Sur le terrain, les candidats de la coalition Ensemble, réunissant La République en marche, le Modem et Horizons, ont des intérêts divergents. Moins d’une moitié des circonscriptions donnent lieu à un duel entre Ensemble et la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes) de Jean-Luc Mélenchon.

    >La stratégie nationale des ténors macronistes d’agiter l’épouvantail de la «ruine» et de «l’extrême gauche» n’aide donc qu’une moitié de ses candidats. Et encore. Les projections des instituts de sondages jugent hors de portée une majorité absolue Nupes au soir du second tour et une entrée de Mélenchon à Matignon. Un argument de moins pour mobiliser les électeurs de droite contre «Mélenchon Premier ministre». Pour obtenir une «majorité forte et claire», selon l’appel lancé par Elisabeth Borne, les macronistes ajustent leur stratégie. Ils alertent désormais, comme Edouard Philippe dans le Figaro, sur «la folie» et le «désordre politique» induits par une absence de majorité absolue à l’Assemblée. «On essaye de faire de la pédagogie sur ce que signifierait une majorité relative, c’est-à-dire des blocages et des choses qui vont moins vite», souligne un conseiller de l’exécutif.

    >**«Il y a un combat face au RN»**

    >Dans 110 autres circonscriptions, les candidats Ensemble n’ont pourtant aucun intérêt à vilipender la Nupes. Et pour cause, ils sont eux-mêmes en duel avec l’extrême droite et ont besoin de voix de gauche pour l’emporter dimanche. «J’ai un souci de report de voix de la Nupes, s’inquiète l’un de ces candidats marcheurs. Si on leur explique que ce sont des enfoirés qui soutiennent un taré, ça va être compliqué ! On est en train de mener un combat contre Mélenchon en oubliant qu’il y a un combat face au RN.» Dans le Nord, le député sortant Paul Christophe, investi par Ensemble, préfère rester sourd aux débats nationaux pour se concentrer sur son duel local avec l’extrême droite. «Mon job est de compter sur moi et d’aller convaincre les électeurs, résume-t-il. Il y a des circonscriptions très politisées, plutôt urbaines, où les consignes des partis portent. Et il y en a d’autres, comme la mienne, où c’est plutôt la personnalité des candidats qui compte.»

    >En Moselle, la députée sortante Hélène Zannier insiste sur sa bonne entente avec ses concurrents de la Nupes et de droite éliminés au premier tour, «des personnes charmantes». «Je compte sur le civisme des personnes de la Nupes et de LR pour nous aider, développe-t-elle. Je leur tends la main comme je l’ai toujours fait.» Avec des mots bien plus apaisants que les invectives lancées au niveau national par la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin, qualifiant sur CNews des candidats de la Nupes, «en se repeignant de vert et rose», d’être «des anarchistes d’extrême gauche». Montchalin, elle, est engagée dans un duel difficile face au socialiste Jérôme Guedj dans l’Essonne. Chez Ensemble, chacun joue sa partition selon ses intérêts. Au risque de la cacophonie et du sauve-qui-peut.

  2. Je ne suis sans doute pas représentatif de grand monde, mais en tant qu’électeur de gauche qui a *toujours* fait barrage au FN, y compris lorsque ça supposait d’avaler de sacrées couleuvres de droite,… j’avoue que cette fois-ci j’hésite très fortement à remettre le couvert lors du 2eme tour RN-LREM dans ma circonscription dimanche prochain.

    Je pense que ça va se terminer en abstention ou bulletin nul avec un message inutile.

Leave a Reply