> **Dans le cadre d’une nouvelle enquête pour « trafic d’influence » et « prise illégale d’intérêts », la justice a découvert des documents dérangeants pour le secrétaire général de l’Élysée. Non seulement il a été beaucoup plus impliqué qu’on ne l’imaginait dans tous les dossiers concernant de près ou de loin l’armateur MSC, mais des documents ont disparu à certains endroits – mais été retrouvés dans d’autres – afin d’effacer les traces de ses interventions.**
> Ils savaient par avance que l’affaire serait délicate : perquisitionner le domicile d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, numéro deux du pouvoir, est un moment compliqué. Mais ils ne pensaient pas qu’ils rencontreraient autant d’obstacles. Le 6 octobre 2020, quand les membres de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) se présentent dès 6 heures et demie du matin aux grilles du Quai Branly, une annexe de l’Élysée à Paris, ils se heurtent à un refus net.
> En dépit d’un mandat de perquisition en règle, le responsable de l’armée qui assure la sécurité de l’immeuble leur en refuse l’accès, bien que ce dernier ne bénéficie d’aucune protection juridique particulière. La justice a été priée de se soumettre et d’attendre. Il leur faudra patienter plus d’une heure et demie et l’arrivée de l’avocat d’Alexis Kohler, Me Éric Dezeuze, pour qu’ils soient enfin autorisés à entrer. Une heure et demie, cela donne le temps de se préparer.
> Cet épisode n’est qu’un des nombreux faits inhabituels qui émaillent l’affaire Kohler. Une affaire hors norme par bien des aspects. Depuis plusieurs années maintenant, une ombre grandissante pèse sur Alexis Kohler. Pendant plus d’une décennie, il n’a pas rendu public le fait qu’il était un proche cousin de la famille Aponte, principal actionnaire de l’armateur Mediterranean Shipping Company (MSC).
> Cachant ses liens familiaux, il s’est trouvé à maintes reprises, et à différents postes, en position de mettre les moyens de l’État à disposition du groupe de transport maritime. Ainsi celui-ci a-t-il bénéficié de plus de 3 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (c’est-à-dire à des conditions financières ultra-favorables) pour financer la construction de ses paquebots de croisière par les Chantiers de l’Atlantique.
> La situation d’Alexis Kohler est impossible selon la loi : un agent public ne peut passer des contrats avec une entreprise, la contrôler, traiter des dossiers qui la concernent alors qu’il a des liens familiaux ou des rapports de proximité avec elle. Enfreindre cette règle qui est « de nature à compromettre son impartialité, son indépendance ou son objectivité dans une entreprise », c’est risquer d’être accusé de prise illégale d’intérêts, punie par une sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, selon le Code pénal. Alexis Kohler est présumé innocent.
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> **Dans le cadre d’une nouvelle enquête pour « trafic d’influence » et « prise illégale d’intérêts », la justice a découvert des documents dérangeants pour le secrétaire général de l’Élysée. Non seulement il a été beaucoup plus impliqué qu’on ne l’imaginait dans tous les dossiers concernant de près ou de loin l’armateur MSC, mais des documents ont disparu à certains endroits – mais été retrouvés dans d’autres – afin d’effacer les traces de ses interventions.**
> Ils savaient par avance que l’affaire serait délicate : perquisitionner le domicile d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, numéro deux du pouvoir, est un moment compliqué. Mais ils ne pensaient pas qu’ils rencontreraient autant d’obstacles. Le 6 octobre 2020, quand les membres de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) se présentent dès 6 heures et demie du matin aux grilles du Quai Branly, une annexe de l’Élysée à Paris, ils se heurtent à un refus net.
> En dépit d’un mandat de perquisition en règle, le responsable de l’armée qui assure la sécurité de l’immeuble leur en refuse l’accès, bien que ce dernier ne bénéficie d’aucune protection juridique particulière. La justice a été priée de se soumettre et d’attendre. Il leur faudra patienter plus d’une heure et demie et l’arrivée de l’avocat d’Alexis Kohler, Me Éric Dezeuze, pour qu’ils soient enfin autorisés à entrer. Une heure et demie, cela donne le temps de se préparer.
> Cet épisode n’est qu’un des nombreux faits inhabituels qui émaillent l’affaire Kohler. Une affaire hors norme par bien des aspects. Depuis plusieurs années maintenant, une ombre grandissante pèse sur Alexis Kohler. Pendant plus d’une décennie, il n’a pas rendu public le fait qu’il était un proche cousin de la famille Aponte, principal actionnaire de l’armateur Mediterranean Shipping Company (MSC).
> Cachant ses liens familiaux, il s’est trouvé à maintes reprises, et à différents postes, en position de mettre les moyens de l’État à disposition du groupe de transport maritime. Ainsi celui-ci a-t-il bénéficié de plus de 3 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (c’est-à-dire à des conditions financières ultra-favorables) pour financer la construction de ses paquebots de croisière par les Chantiers de l’Atlantique.
> La situation d’Alexis Kohler est impossible selon la loi : un agent public ne peut passer des contrats avec une entreprise, la contrôler, traiter des dossiers qui la concernent alors qu’il a des liens familiaux ou des rapports de proximité avec elle. Enfreindre cette règle qui est « de nature à compromettre son impartialité, son indépendance ou son objectivité dans une entreprise », c’est risquer d’être accusé de prise illégale d’intérêts, punie par une sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, selon le Code pénal. Alexis Kohler est présumé innocent.
Est il en Kholer?