Le naufrage du cargo russe Ursa Major en Méditerranée intrigue. Une torpille supercavitante pourrait avoir provoqué la brèche fatale. La présence présumée de composants nucléaires à bord renforce le mystère autour de cette affaire.
Le naufrage du cargo russe Ursa Major en mer Méditerranée prend une tournure digne d’un roman d’espionnage. Selon une enquête de CNN publiée ce mardi 12 mai, le naufrage du bâtiment survenu le 23 décembre 2024 pourrait être lié à l’utilisation d’une arme rare : la torpille supercavitante. Les enquêteurs espagnols, après avoir analysé une brèche précise de 50 centimètres sur 50 dans la coque, soupçonnent l’usage d’un engin de type Barracuda. Cette arme sophistiquée, capable d’atteindre des vitesses prodigieuses en créant une bulle d’air pour s’affranchir de la résistance de l’eau, ne figurerait que dans les arsenaux d’une poignée de nations, dont certains membres de l’OTAN, la Russie et l’Iran.
Les circonstances de la tragédie, qui a coûté la vie à deux membres d’équipage, révèlent une chronologie troublante. Le 22 décembre, alors qu’il croisait au large des côtes espagnoles, le navire a soudainement ralenti sans déclarer d’urgence. Ce n’est que vingt-quatre heures plus tard qu’un signal de détresse a été émis à la suite de trois explosions localisées près de la salle des machines. Bien que les secours espagnols soient parvenus à évacuer quatorze survivants, ils ont constaté que l’accès à la salle des machines était impossible. De nouvelles détonations ont finalement précipité le navire par le fond, des événements confirmés par le Réseau sismique national espagnol, qui a enregistré quatre secousses caractéristiques d’explosifs sous-marins.
Au-delà de l’attaque présumée, la nature de la cargaison soulève des interrogations. L’Ursa Major, parti d’Oust-Louga pour rejoindre officiellement Vladivostok, aurait transporté du matériel ultrasensible. CNN s’appuie sur une déclaration des autorités espagnoles rapportant les aveux du capitaine russe : celui-ci aurait admis que le navire transportait “des composants pour deux réacteurs nucléaires similaires à ceux utilisés dans les sous-marins”. Ces équipements auraient été potentiellement destinés à la Corée du Nord.
La zone du naufrage, située à environ 60 milles des côtes, serait depuis devenue le théâtre d’un discret ballet militaire. Des avions américains WC-135R, spécialisés dans la détection de particules radioactives, auraient survolé l’épave à deux reprises. Peu de temps après, le navire océanographique russe Yantar, suspecté par l’Occident d’être une plateforme d’espionnage, aurait également été repéré sur les lieux.