Burç Eruygur

12 Mai 2026•Mise à jour: 12 Mai 2026

AA / Bucarest / Burc Eruygur

Le prochain sommet de l’OTAN, qui se tiendra dans la capitale turque Ankara en juillet, doit marquer un nouvel élan stratégique pour les Européens et pour l’Alliance elle-même, a déclaré mardi un général français lors du 10e Forum sur la sécurité de la mer Noire et des Balkans, à Bucarest.

S’exprimant lors d’un panel intitulé « Du détroit d’Ormuz au sommet d’Ankara : le lien transatlantique sous pression », le général Éric Peltier, directeur général adjoint de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) française, a présenté trois observations majeures sur le sujet.

Peltier a affirmé que la guerre en Iran exerce une pression croissante sur les liens transatlantiques et que les Européens doivent adapter « de toute urgence » leur politique de sécurité et de défense, car les États-Unis « ne considèrent plus l’Europe comme une priorité stratégique ».

« Le sommet d’Ankara doit marquer un nouvel élan stratégique pour les Européens et l’OTAN », a déclaré Peltier.

Il a soutenu que la guerre en Iran est à la fois un « symptôme et un accélérateur » des changements de l’environnement sécuritaire mondial, et que l’architecture de sécurité transatlantique se trouve « à la croisée des chemins, face à une transformation profonde et des tests de crédibilité ».

Concernant l’adaptation de la politique de sécurité et militaire, Peltier a souligné que les Européens devaient reconnaître que les États-Unis ne seront plus aussi présents en Europe que par le passé, précisant que cette tendance était déjà perceptible sous le mandat de l’ancien président Barack Obama.

Parmi les risques, a-t-il noté, figure la « bilatéralisation » des relations entre les pays européens et les États-Unis, ce qui conduirait à une « action fragmentée et à un affaiblissement de la cohésion européenne ». Il a mis en garde contre une situation où le « partage du fardeau se transformerait en abandon du fardeau ».

Il a ajouté que le sommet d’Ankara devait par conséquent marquer un nouvel élan stratégique à la fois pour l’Europe et pour l’OTAN, « ancré dans un effort collectif visant à rééquilibrer la relation transatlantique et à partager la responsabilité de la sécurité du continent européen ».

Ce forum de deux jours, qui a débuté mardi, rassemble des responsables officiels, des experts et des représentants des milieux universitaires et des affaires. Anadolu est le partenaire de communication mondial de l’événement.

Le sommet de l’OTAN à Ankara se déroulera les 7 et 8 juillet et sera le deuxième sommet de l’Alliance organisé en Türkiye. Le précédent sommet de l’OTAN sur le sol turc s’était tenu à Istanbul en 2004.

* Traduit de l’anglais par Mariem Njeh