ENTRETIEN – À quelques mois de l’élection présidentielle, le géographe, révélé par Fractures françaises, dresse un tableau du paysage politique et social actuel.
Pour le géographe, le grand clivage de notre époque demeure l’opposition entre la France périphérique, qui rassemble les perdants économiques et culturels du modèle globalisé, et la France des grandes métropoles, composée parles gagnants de la mondialisation. Emmanuel Macron reste le champion incontesté de ces derniers, tandis que Marine Le Pen et Éric Zemmour se disputent les classes moyennes et populaires. À eux deux, ils représentent un bloc électoral d’au moins 35 %, note Guilluy. S’il constate que celui-ci peine à trouver un débouché, le géographe note cependant sa solidité et sa détermination. Continuer à ignorer ses aspirations ne peut que conduire à une impasse politique.
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Ivan Rioufol vous propose une analyse percutante des détails de l’actualité de la semaine écoulée, les coulisses de son célèbre Bloc-Notes.
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À LIRE AUSSIChristophe Guilluy: «Les gens ordinaires font désormais pression sur la France d’en haut»
LE FIGARO. – À quelques mois de l’élection présidentielle, comment appréhendez-vous la situation politique actuelle?
Christophe GUILLUY. – Au fond, il ne s’est pas passé grand-chose depuis 2017. Nous avions fait une interview sur le duel Macron-Le Pen où je disais que c’était un clivage chimiquement pur: classes populaires contre CSP+, métropole contre France périphérique. Tout cela n’a absolument pas changé. Le noyau de l’électorat de Macron est toujours constitué des bourgeoisies de droite et de gauche, des boomers, des retraités, des gens intégrés. Et pour cause, c’est le seul candidat qui défend le modèle économique et culturel de ces vingt dernières années. Par conséquent, l’électorat qui va le suivre est celui qui est intégré à ce modèle, en bénéficie ou en est protégé, comme les retraités par exemple. Partant de là, il bénéficie d’un socle hypersolide, avec ces 25 % qui ne bougent pas depuis son élection.
En face, il y a les désaffiliés, ceux qui ne sont plus intégrés économiquement, ce qu’on appelait hier la classe moyenne.
Ces derniers sont, selon vous, en révolte contre le modèle existant. Pourquoi?
La division internationale du travail est le point de départ d’une crise culturelle, sociale, économique et géographique. Le travail est parti en Chine, en Inde et partout dans le monde.
Mais cette question de délocalisation n’est pas seulement économique. Ce que les tenants de l’économisme n’ont toujours pas compris, c’est que les classes populaires et moyennes, non seulement étaient le ressort du modèle économique (ils portaient le modèle économique et social, ils finançaient l’État-providence par leur travail), mais ils portaient également un mode de vie majoritaire qui était la référence culturelle pour la classe politique, le monde culturel et les nouveaux arrivants.
La question de l’intégration et de l’assimilation n’est pas une question abstraite à laquelle il suffirait de répondre par: «réaffirmons les valeurs républicaines». Si c’était le cas, on n’aurait pas exactement la même question posée en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou aux Pays-Bas. Tous ces pays ont des modèles et des valeurs complètement différents qui aboutissent exactement au même résultat: crise identitaire, culturelle, qui balaye tout l’Occident. Cette crise est donc liée à un phénomène économique et culturel qui est la fin de la classe moyenne occidentale.
Les classes moyennes et populaires ne sont plus intégrées économiquement et géographiquement ni respectés par le monde politique et le monde culturel
Christophe Guilluy
Cette classe moyenne est-elle en train de disparaître?
Les gens ne disparaissent pas, ils sont encore là mais ne représentent plus un modèle attractif (non seulement pour l’intelligentsia, mais aussi pour les nouveaux arrivants). On peut discutailler du sexe des anges à l’infini sur ces questions d’intégration. Tant qu’on n’aura pas intégré et réintégré économiquement la majorité, il est vain d’aborder ces sujets.
Quand on débarque d’un pays étranger, quelle que soit sa culture, on observe son voisin et on est prêt à s’assimiler seulement si son mode de vie paraît attrayant. Si l’autochtone a un travail et qu’il est respecté culturellement – deux conditions qui ont explosé dans les années 1980 -, alors il serait naturel que le nouvel arrivant se conforme à ce mode de vie. Malheureusement, les classes moyennes et populaires ne sont plus intégrées économiquement et géographiquement ni respectés par le monde politique et le monde culturel. L’essentiel des précepteurs d’opinion considère ces catégories comme des losers, des «déplorables». Quand on débarque de l’autre bout du monde, et qu’on nous dit que notre voisin est raciste, à moitié débile, à fond dans la consommation, son objectif de vie étant de bouffer et de regarder la télé, on ne va pas épouser ses valeurs.
Le chantier pour les trente ans à venir est de savoir comment réintégrer la majorité de la population. Ils n’ont plus leur place dans le modèle économique qui compte symboliquement, celui des grandes métropoles, de la globalisation économique. Si le projet politique, économique et culturel de demain n’est pas la réintégration de ces populations encore majoritaires, alors il est inutile de parler d’intégration, d’assimilation ou que sais-je encore. C’est un sujet perdu d’avance si l’on ne s’intéresse pas à ce qu’est intrinsèquement une société.
Y a-t-il une volonté politique de réintégrer ces catégories?
L’impasse politique du moment c’est qu’on a un monde politique et médiatique qui ne veut pas lâcher le modèle des grandes métropoles et de la globalisation économique. Ils nous expliquent depuis le Covid qu’il est possible de concevoir qu’ils soient allés trop loin sur le libre-échange. La main sur le cœur, ils ont honte de détruire la planète. Je dis toujours que la première mesure écologique est d’arrêter de faire venir des produits de Chine en cargo. Or les écolos ne sont pas en faveur de la fin du libre-échange.
Le gros problème, c’est que les constats sont faits, les diagnostics sont posés, mais nous sommes dans un moment religieux où il est impossible d’abandonner le dogme du libre-échange. Cela crée des politiques à la petite semaine, c’est-à-dire un peu de péréquations, des politiques très catégorielles, morcelées. Cette représentation morcelée de la société empêche de mener des réflexions sur le devenir de la population majoritaire.
La question de la régulation des flux migratoires travaille tout autant les Français d’origine maghrébine ou africaine que ce qu’on appelle de manière condescendante les « petits Blancs »
Christophe Guilluy
Mais la France n’est-elle pas réellement de plus en plus morcelée?
Pour les tenants du modèle actuel, l’un des éléments les plus importants est de déconstruire l’idée même d’une majorité, car cela leur permet de s’extraire des conditions de la démocratie. Il n’y a plus besoin d’être en démocratie s’il n’existe que des minorités. Les élites entreprennent ainsi une gestion des représentations. C’est ce que j’appelle la «netflixisation». Netflix crée des séries en s’attachant à des panels. Il s’agit de créer une narration qui va satisfaire une catégorie spécifique. Toute la classe politique est là-dedans, alimentée par Netflix et Hollywood. Nous sommes aujourd’hui dans la lutte entre un monde fictionnel et une réalité existentielle. C’est pourquoi, quand on décrit la France comme un pays anomique, dispersé, en perte de valeur, cela me crispe. Il suffit de discuter avec des gens pour voir que ce qu’ils veulent est très précis. Ils sont majoritairement attachés à leur territoire, hyperattachés au fait que l’État-providence est lié au travail. Ils veulent juste préserver leur mode de vie. Les gens n’ont pas bougé d’un iota. Quand on s’étonne du potentiel électoral des populistes, pour ma part, je suis avant tout surpris qu’on s’en étonne. Il y a une permanence, une rationalité, une solidité qui dit tout le contraire d’une représentation d’une France anomique, atomisée, etc. Ces gens n’ont pas encore trouvé un débouché politique. Mais ils ont tout à fait conscience de la fragilité de leur existence. Les trois insécurités: physique, sociale, culturelle, ils les vivent. Il y a une mécanique que j’appelle le soft power des classes populaires. La question de l’immigration, par exemple, pourquoi ressurgit-elle? Ces questions-là sont présentes au plus profond des classes populaires quelles que soient leurs origines. La question de la régulation des flux migratoires travaille tout autant les Français d’origine maghrébine ou africaine que ce qu’on appelle de manière condescendante les «petits Blancs».
Les «gilets jaunes» ont ainsi souvent été qualifiés de «petits Blancs». On oublie un peu rapidement qu’ils étaient par exemple très mobilisés dans les DOM-TOM. C’est se tromper sur le fond du mouvement que d’en faire un mouvement ethnique. C’était un mouvement très puissant composé de gens d’origines diverses mais qui ont intégré le mouvement sans leur étendard identitaire. Je ne dis pas cela pour faire l’éloge hypocrite de la diversité à la manière des publicitaires qui nous gouvernent. Je dis cela car, quand on a des classes populaires en mouvement, respectables, puissantes, fortes, elles redeviennent attractives, y compris pour des personnes de toutes origines. Quand tu es respecté culturellement, tu crées les conditions de l’assimilation des autres.
Sur le plan politique, ce que vous appelez la «majorité ordinaire» apparaît cependant divisé. La percée d’Éric Zemmour ne vient-elle pas contredire l’idée d’un affrontement entre France périphérique et France des métropoles?
Tous ces débats de salon, conjoncturels, ne touchent pas ou peu la société. La mécanique des gens ordinaires, ce que j’appelle le temps des gens ordinaires, est plus importante,
Je suis d’accord avec son constat, mais quelle est sa solution ? Arrêter les “logiques de marché” ?
Il faut faire l’inverse.
C’est beaucoup trop simplifié.
Un géographe devrait avoir la capacité de travailler avec les échelles pour représenter une situation bien plus complexe que ce qu’il donne à voir ici. Réduire la politique français à Macron vs Lepen, et aux classes populaires vs la bourgeoisie, c’est tellement ridicule que ça plonge dans l’incompétence. Et la netflixisation franchement… J’en ai lu des concepts foireux, mais celui là c’est un champion ! “Il suffit de discuter avec les gens” lol
Vraiment des champions nos experts en sciences sociales !
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ENTRETIEN – À quelques mois de l’élection présidentielle, le géographe, révélé par Fractures françaises, dresse un tableau du paysage politique et social actuel.
Pour le géographe, le grand clivage de notre époque demeure l’opposition entre la France périphérique, qui rassemble les perdants économiques et culturels du modèle globalisé, et la France des grandes métropoles, composée parles gagnants de la mondialisation. Emmanuel Macron reste le champion incontesté de ces derniers, tandis que Marine Le Pen et Éric Zemmour se disputent les classes moyennes et populaires. À eux deux, ils représentent un bloc électoral d’au moins 35 %, note Guilluy. S’il constate que celui-ci peine à trouver un débouché, le géographe note cependant sa solidité et sa détermination. Continuer à ignorer ses aspirations ne peut que conduire à une impasse politique.
Faits & Gestes
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Ivan Rioufol vous propose une analyse percutante des détails de l’actualité de la semaine écoulée, les coulisses de son célèbre Bloc-Notes.
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À LIRE AUSSIChristophe Guilluy: «Les gens ordinaires font désormais pression sur la France d’en haut»
LE FIGARO. – À quelques mois de l’élection présidentielle, comment appréhendez-vous la situation politique actuelle?
Christophe GUILLUY. – Au fond, il ne s’est pas passé grand-chose depuis 2017. Nous avions fait une interview sur le duel Macron-Le Pen où je disais que c’était un clivage chimiquement pur: classes populaires contre CSP+, métropole contre France périphérique. Tout cela n’a absolument pas changé. Le noyau de l’électorat de Macron est toujours constitué des bourgeoisies de droite et de gauche, des boomers, des retraités, des gens intégrés. Et pour cause, c’est le seul candidat qui défend le modèle économique et culturel de ces vingt dernières années. Par conséquent, l’électorat qui va le suivre est celui qui est intégré à ce modèle, en bénéficie ou en est protégé, comme les retraités par exemple. Partant de là, il bénéficie d’un socle hypersolide, avec ces 25 % qui ne bougent pas depuis son élection.
En face, il y a les désaffiliés, ceux qui ne sont plus intégrés économiquement, ce qu’on appelait hier la classe moyenne.
Ces derniers sont, selon vous, en révolte contre le modèle existant. Pourquoi?
La division internationale du travail est le point de départ d’une crise culturelle, sociale, économique et géographique. Le travail est parti en Chine, en Inde et partout dans le monde.
Mais cette question de délocalisation n’est pas seulement économique. Ce que les tenants de l’économisme n’ont toujours pas compris, c’est que les classes populaires et moyennes, non seulement étaient le ressort du modèle économique (ils portaient le modèle économique et social, ils finançaient l’État-providence par leur travail), mais ils portaient également un mode de vie majoritaire qui était la référence culturelle pour la classe politique, le monde culturel et les nouveaux arrivants.
La question de l’intégration et de l’assimilation n’est pas une question abstraite à laquelle il suffirait de répondre par: «réaffirmons les valeurs républicaines». Si c’était le cas, on n’aurait pas exactement la même question posée en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou aux Pays-Bas. Tous ces pays ont des modèles et des valeurs complètement différents qui aboutissent exactement au même résultat: crise identitaire, culturelle, qui balaye tout l’Occident. Cette crise est donc liée à un phénomène économique et culturel qui est la fin de la classe moyenne occidentale.
Les classes moyennes et populaires ne sont plus intégrées économiquement et géographiquement ni respectés par le monde politique et le monde culturel
Christophe Guilluy
Cette classe moyenne est-elle en train de disparaître?
Les gens ne disparaissent pas, ils sont encore là mais ne représentent plus un modèle attractif (non seulement pour l’intelligentsia, mais aussi pour les nouveaux arrivants). On peut discutailler du sexe des anges à l’infini sur ces questions d’intégration. Tant qu’on n’aura pas intégré et réintégré économiquement la majorité, il est vain d’aborder ces sujets.
Quand on débarque d’un pays étranger, quelle que soit sa culture, on observe son voisin et on est prêt à s’assimiler seulement si son mode de vie paraît attrayant. Si l’autochtone a un travail et qu’il est respecté culturellement – deux conditions qui ont explosé dans les années 1980 -, alors il serait naturel que le nouvel arrivant se conforme à ce mode de vie. Malheureusement, les classes moyennes et populaires ne sont plus intégrées économiquement et géographiquement ni respectés par le monde politique et le monde culturel. L’essentiel des précepteurs d’opinion considère ces catégories comme des losers, des «déplorables». Quand on débarque de l’autre bout du monde, et qu’on nous dit que notre voisin est raciste, à moitié débile, à fond dans la consommation, son objectif de vie étant de bouffer et de regarder la télé, on ne va pas épouser ses valeurs.
Le chantier pour les trente ans à venir est de savoir comment réintégrer la majorité de la population. Ils n’ont plus leur place dans le modèle économique qui compte symboliquement, celui des grandes métropoles, de la globalisation économique. Si le projet politique, économique et culturel de demain n’est pas la réintégration de ces populations encore majoritaires, alors il est inutile de parler d’intégration, d’assimilation ou que sais-je encore. C’est un sujet perdu d’avance si l’on ne s’intéresse pas à ce qu’est intrinsèquement une société.
Y a-t-il une volonté politique de réintégrer ces catégories?
L’impasse politique du moment c’est qu’on a un monde politique et médiatique qui ne veut pas lâcher le modèle des grandes métropoles et de la globalisation économique. Ils nous expliquent depuis le Covid qu’il est possible de concevoir qu’ils soient allés trop loin sur le libre-échange. La main sur le cœur, ils ont honte de détruire la planète. Je dis toujours que la première mesure écologique est d’arrêter de faire venir des produits de Chine en cargo. Or les écolos ne sont pas en faveur de la fin du libre-échange.
Le gros problème, c’est que les constats sont faits, les diagnostics sont posés, mais nous sommes dans un moment religieux où il est impossible d’abandonner le dogme du libre-échange. Cela crée des politiques à la petite semaine, c’est-à-dire un peu de péréquations, des politiques très catégorielles, morcelées. Cette représentation morcelée de la société empêche de mener des réflexions sur le devenir de la population majoritaire.
La question de la régulation des flux migratoires travaille tout autant les Français d’origine maghrébine ou africaine que ce qu’on appelle de manière condescendante les « petits Blancs »
Christophe Guilluy
Mais la France n’est-elle pas réellement de plus en plus morcelée?
Pour les tenants du modèle actuel, l’un des éléments les plus importants est de déconstruire l’idée même d’une majorité, car cela leur permet de s’extraire des conditions de la démocratie. Il n’y a plus besoin d’être en démocratie s’il n’existe que des minorités. Les élites entreprennent ainsi une gestion des représentations. C’est ce que j’appelle la «netflixisation». Netflix crée des séries en s’attachant à des panels. Il s’agit de créer une narration qui va satisfaire une catégorie spécifique. Toute la classe politique est là-dedans, alimentée par Netflix et Hollywood. Nous sommes aujourd’hui dans la lutte entre un monde fictionnel et une réalité existentielle. C’est pourquoi, quand on décrit la France comme un pays anomique, dispersé, en perte de valeur, cela me crispe. Il suffit de discuter avec des gens pour voir que ce qu’ils veulent est très précis. Ils sont majoritairement attachés à leur territoire, hyperattachés au fait que l’État-providence est lié au travail. Ils veulent juste préserver leur mode de vie. Les gens n’ont pas bougé d’un iota. Quand on s’étonne du potentiel électoral des populistes, pour ma part, je suis avant tout surpris qu’on s’en étonne. Il y a une permanence, une rationalité, une solidité qui dit tout le contraire d’une représentation d’une France anomique, atomisée, etc. Ces gens n’ont pas encore trouvé un débouché politique. Mais ils ont tout à fait conscience de la fragilité de leur existence. Les trois insécurités: physique, sociale, culturelle, ils les vivent. Il y a une mécanique que j’appelle le soft power des classes populaires. La question de l’immigration, par exemple, pourquoi ressurgit-elle? Ces questions-là sont présentes au plus profond des classes populaires quelles que soient leurs origines. La question de la régulation des flux migratoires travaille tout autant les Français d’origine maghrébine ou africaine que ce qu’on appelle de manière condescendante les «petits Blancs».
Les «gilets jaunes» ont ainsi souvent été qualifiés de «petits Blancs». On oublie un peu rapidement qu’ils étaient par exemple très mobilisés dans les DOM-TOM. C’est se tromper sur le fond du mouvement que d’en faire un mouvement ethnique. C’était un mouvement très puissant composé de gens d’origines diverses mais qui ont intégré le mouvement sans leur étendard identitaire. Je ne dis pas cela pour faire l’éloge hypocrite de la diversité à la manière des publicitaires qui nous gouvernent. Je dis cela car, quand on a des classes populaires en mouvement, respectables, puissantes, fortes, elles redeviennent attractives, y compris pour des personnes de toutes origines. Quand tu es respecté culturellement, tu crées les conditions de l’assimilation des autres.
Sur le plan politique, ce que vous appelez la «majorité ordinaire» apparaît cependant divisé. La percée d’Éric Zemmour ne vient-elle pas contredire l’idée d’un affrontement entre France périphérique et France des métropoles?
Tous ces débats de salon, conjoncturels, ne touchent pas ou peu la société. La mécanique des gens ordinaires, ce que j’appelle le temps des gens ordinaires, est plus importante,
Je suis d’accord avec son constat, mais quelle est sa solution ? Arrêter les “logiques de marché” ?
Il faut faire l’inverse.
C’est beaucoup trop simplifié.
Un géographe devrait avoir la capacité de travailler avec les échelles pour représenter une situation bien plus complexe que ce qu’il donne à voir ici. Réduire la politique français à Macron vs Lepen, et aux classes populaires vs la bourgeoisie, c’est tellement ridicule que ça plonge dans l’incompétence. Et la netflixisation franchement… J’en ai lu des concepts foireux, mais celui là c’est un champion ! “Il suffit de discuter avec les gens” lol
Vraiment des champions nos experts en sciences sociales !