par Sabine Siebold, Stine Jacobsen et Michael Martina

Le chef de la diplomatie
américaine Marco Rubio rencontrera vendredi ses homologues des
pays de l’Otan pour la première fois depuis que Donald Trump a
remis en cause l’alliance en raison de divergences sur la guerre
contre l’Iran.

Avant de partir pour une réunion des ministres des Affaires
étrangères de l’Otan organisée en Suède, Marco Rubio a déclaré
que Donald Trump était “très déçu” par les membres de l’alliance
qui n’avaient pas autorisé les Etats-Unis à utiliser leurs bases
dans le cadre d’opérations contre l’Iran, ciblant notamment
l’Espagne.

“Il y a des pays comme l’Espagne qui nous refusent
l’utilisation de ces bases – alors pourquoi font-ils partie de
l’OTAN? C’est une question tout à fait légitime”, a dit le
secrétaire d’Etat aux journalistes. “Pour être honnête, d’autres
pays de l’OTAN se sont montrés très coopératifs. Mais nous
devons en discuter.”

Mécontent que des pays de l’Otan n’aient pas répondu
favorablement à sa demande d’aider à garantir la liberté de
circulation dans le détroit d’Ormuz en marge de la campagne
militaire lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran le
28 février, Donald Trump avait dit à Reuters envisager
“absolument” de se retirer de l’alliance, qu’il avait déjà
critiquée à plusieurs reprises par le passé.

Les responsables de l’OTAN ont souligné que Washington
n’avait pas demandé à l’alliance de prendre part à la guerre
contre l’Iran, mais de nombreux membres ont honoré leurs
engagements en autorisant les forces américaines à utiliser leur
espace aérien et leurs bases.

LES EUROPÉENS PRÊTS À APPORTER LEUR AIDE DANS LE DÉTROIT
D’ORMUZ

Lors de la réunion, qui se tiendra dans la ville suédoise
d’Helsingborg, les ministres européens devraient tenter
d’apaiser les Etats-Unis en soulignant qu’ils sont prêts à
contribuer à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz
lorsque les conditions le permettront et à assumer davantage de
responsabilités en matière de sécurité européenne.

Les craintes des Européens quant à l’engagement du président
américain envers l’Otan ont été exacerbées par sa décision de
retirer 5.000 soldats d’Europe, que les responsables américains
ont liée aux critiques du chancelier allemand Friedrich Merz à
l’égard de la stratégie des Etats-Unis en l’Iran.

Les alliés de Washington ont également été déconcertés et
troublés par la manière dont cette décision a été communiquée.
Les responsables américains ont d’abord déclaré que les troupes
seraient retirées d’Allemagne, mais ont ensuite indiqué qu’ils
retarderaient le déploiement d’une brigade en Pologne.

Les Etats-Unis ont également déclaré que le déploiement
prévu de missiles Tomahawk à longue portée en Allemagne n’aurait
plus lieu. En outre, ils prévoient d’informer les alliés de
l’Otan qu’ils réduiront l’ensemble des capacités militaires que
Washington met à la disposition de l’alliance en cas de crise,
ont déclaré à Reuters trois sources proches du dossier.

Le commandant en chef de l’Otan, le général de l’armée de
l’air américaine Alexus Grynkewich, a cherché cette semaine à
rassurer les alliés européens au sujet de ces récentes
décisions, affirmant que les réductions s’étaleraient sur
plusieurs années afin de laisser aux alliés le temps de
développer les capacités nécessaires pour les remplacer.

(Rédigé par Sabine Siebold et Andrew Gray ; version française
Camille Raynaud)