Dans l’Eure : « Il va falloir combien de cancers pour que ça bouge ? »

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  1. Dans l’Eure : « Il va falloir combien de cancers pour que ça bouge ? »
    18 juin 2022 | Par Jade Lindgaard

    Dans la périphérie de Rouen, un nombre anormalement élevé d’enfants sont atteints de cancers. Alors que les autorités sanitaires ne trouvent pas d’explication, des parents soupçonnent les sites industriels. Une usine polluante a émis bien au-dessus de ses limites autorisées, selon les informations de Mediapart.

    Igoville et Pont-de-l’Arche (Eure).– « Oh là là… » Porté par le vent, le soupir inquiet de l’agent fluvial redescend aux oreilles des passagères de l’élégant bateau à moteur qui vient d’entrer dans l’écluse. Une femme en collants résille et robe portefeuille multicolore se penche au ras de l’eau pour l’amarrer à une échelle. Une copine éloigne les murs en poussant sur une pique. L’eau descend vite. Personne ne porte de gilet de sauvetage. Tout le monde rit aux éclats.

    En ce milieu d’après-midi de juin, la petite troupe part explorer les berges de la Seine, au sud de Rouen, à la recherche de traces de pollution et de rejets par l’une des nombreuses usines qui bordent ou côtoient le fleuve : production de polymères, fabrication de papier, carrière alluvionnaire et métallurgie.

    À bord, Coralie Jarguel, habitante d’Igoville (Eure) et cheville ouvrière de l’association Cancers, la vérité pour nos enfants. Son fils Marcus souffre d’un cancer du sang rare, aujourd’hui en rémission. Dans la rue d’à côté de chez eux, une fillette a été touchée par un neuroblastome. Entre 2017 et 2019, onze enfants ont déclaré un cancer dans huit communes voisines. Des parents soupçonnent les sites industriels de rendre leur famille malade.

    À l’approche de la papeterie, une odeur de chou pourri tombe sur les têtes. Une canalisation se déverse à grands flots dans la Seine. Une mousse blanche et des bulles persistent au ras de l’eau. Est-ce autorisé ou illégal ? Des ouvriers sur une barge font signe d’aller regarder plus loin. « Vous connaissez la navigation fluviale ?, demande la pilote. On voit l’envers du décor. »

    Mais que regarder ou rechercher dans ce paysage dichotomique de la vallée de la Seine, où les îles sauvages, les plages bucoliques et les guinguettes marinières côtoient les usines polluantes et les cuves de matières fumantes ? Dans la zone industrielle, cinq sont classées pour la protection de l’environnement (ICPE), et une est catégorisée Seveso à seuil bas, représentant un plus grand risque.

  2. Donc sur 5 ans ils ont trouvés 17 cas pour 20 000 habitants (0.17/1000hab/an) alors que la moyenne nationale est de 0.025/1000hab/an. Est-ce que x7 c’est significatif pour ce type de chiffres ?

    Les champs magnétiques qui induisent la présence de terre rare est un peu surprenant.

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