> **Affaire Steve Maia Caniço : le téléphone portable qui charge la police**
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> Il y a trois ans, Steve, 24 ans, se noyait dans la Loire à Nantes, lors d’une Fête de la Musique marquée par une intervention de police musclée. Longtemps les autorités ont nié toute responsabilité. Mais l’analyse de son smartphone raconte une tout autre histoire.
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> Par Céline Rastello
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> · Publié le 19 juin 2022 à 8h00
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> « Quelqu’un s’est noyé ! Quelqu’un a coulé ! » Les hurlements ont longtemps hanté ses nuits. Lui revenaient aussi, comme s’il les subissait encore, l’aveuglement soudain dû à l’épais nuage de gaz lacrymogène, l’étouffement, la panique. Puis le quai qui se dérobe sous ses pieds avant la chute de plusieurs mètres dans l’eau glacée. Il revoyait aussi la corde qu’il avait réussi à agripper avant d’aider quelqu’un à l’attraper. Et repensait sans cesse à cet autre jeune homme, témoin crucial, qui, dans l’eau, était parvenu à saisir par son pull une personne qui dérivait en battant des bras. Mais elle le faisait couler, il avait dû la lâcher…
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> « On a tout de suite su qu’il manquait quelqu’un », souffle Jérémy Bécue, 27 ans, en tirant sur une cigarette roulée. Steve Maia Caniço, 24 ans, ne savait pas nager. Il n’est jamais rentré de cette Fête de la Musique qui a viré au cauchemar après l’intervention de la police quai Wilson, à Nantes, dans la nuit du 21 juin 2019.
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> Le corps de l’animateur périscolaire sera retrouvé un peu plus d’un mois après, non loin du lieu de la fête, près de l’imposante grue Titan jaune, un des emblèmes de la ville. Dès le lendemain, le Premier ministre, Edouard Philippe, prend la parole depuis le perron de Matignon. « Il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de M. Steve Maia Caniço », affirme-t-il en citant un premier rapport de l’IGPN, la police des polices. A sa droite, le ministre de l’Intérieur, Christophe Cas
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> taner, se tait.
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> Les proches de Steve sont heurtés. Le temps du deuil n’est pas respecté. Cherche-t-on à éviter une nouvelle affaire d’Etat ? La répression brutale de toutes les manifestations de « gilets jaunes » a noirci l’image des forces de l’ordre. Il ne faudrait pas y ajouter la mort d’un jeune homme venu danser dans une soirée techno.
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> **« Faute grave de discernement »**
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> Edouard Philippe promet une « transparence totale » et annonce saisir l’Inspection générale de l’Administration (IGA). A la radio, le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, assure que « les forces de l’ordre interviennent toujours de manière proportionnée ». Pas exactement ce que conclut l’IGA en septembre 2019 : « La gestion des dispositifs de sécurité et de secours conduit à s’interroger sur la pertinence de certains choix opérés quai Wilson et à constater un manque de discernement dans la conduite de l’intervention de police »… Un syndicaliste policier ne l’a pas attendue pour dénoncer une « faute grave de discernement ».
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> Sur les murs de la cité traumatisée, à [la question « Où est Steve ? »](https://www.nouvelobs.com/edito/20190724.OBS16321/ou-est-steve-voila-la-question.html) succède la requête « Justice pour Steve ». Une interrogation s’impose, lancinante : pourquoi le jeune homme est-il tombé ? Trois ans après le drame, l’enquête ouverte contre X pour « homicide involontaire » a finalement avancé. Depuis mars, l’instruction est terminée. [Le commissaire de police chargé de l’intervention](https://www.nouvelobs.com/justice/20210720.OBS46735/affaire-steve-le-commissaire-charge-du-dispositif-policier-mis-en-examen-pour-homicide-involontaire.html) et [le préfet en poste à l’époque](https://www.nouvelobs.com/faits-divers/20211015.OBS49888/mort-de-steve-maia-canico-l-ancien-prefet-de-loire-atlantique-mis-en-examen-pour-homicide-involontaire.html) ont été mis en examen pour « homicide involontaire ». Au cœur des investigations, il y a le téléphone portable de Steve, retrouvé dans la poche de son jean, dont la minutieuse expertise technique a tout fait basculer.
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> Ce 21 juin 2019, ils sont nombreux, sur l’île de Nantes, à faire la fête quand la police arrive. A 4 heures, une vingtaine d’agents viennent faire couper le son de la dizaine de « sound systems » alignés sur le quai. Tous obtempèrent. Mais l’un d’eux, vers 4h25, lance un dernier morceau, « Porcherie », de Bérurier noir. Et l’atmosphère s’embrase. Pour se défendre de lancers de projectiles, diront-ils, les policiers dégainent illico les premières grenades de gaz lacrymogène, plongeant rapidement une partie du quai, non loin du petit bâtiment appelé le « bunker », dans un chaos total. En vingt-huit minutes, trente-trois grenades lacrymogènes et dix de désencerclement sont lancées, douze tirs de lanceur de balles de défense (LBD) et un de Taser sont effectués. Alors que l’eau est là, à deux pas, que le nuage de gaz arrive vers le fleuve, poussé par le vent, et qu’il n’y a pas de parapet…
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> **Un scénario qui ne colle pas**
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> Selon le même rapport de l’IGPN qu’a brandi le Premier ministre, le téléphone de Steve a déclenché cette nuit-là « un dernier relais téléphonique à 3h16 ». Soit plus d’une heure avant les premiers tirs de gaz lacrymogènes, qu’on situe alors vers 4h30. Sous-entendu : Steve aurait pu tomber dans l’eau avant même l’arrivée des agents. Mais ce scénario ne colle pas avec ce qu’affirment plusieurs participants à la soirée, que la police des polices n’a pas interrogés.
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> Une jeune femme confie à « l’Obs » avoir vu Steve aux alentours de « 4 h-4h15 », assoupi sur le quai entre le « bunker » et le fleuve. En septembre 2019, « le Canard enchaîné » révèle que le téléphone de Steve a en réalité borné une dernière fois à 4h33, heure du dernier « ping » (signal envoyé au réseau) relevé. Soit durant l’intervention policière. L’horaire de 3h16 correspond en réalité au dernier SMS envoyé par Steve. Sans doute épuisé d’avoir dansé comme un fou comme à son habitude, le jeune homme écrit à un ami : « Je suis trop fatigué. […] On peut se retrouver ou quoi ? »
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> Pourquoi ce bornage à 4h33, nouvel élément décisif, n’était-il pas mentionné par l’IGPN ? Parce qu’elle ne peut faire de réquisition judiciaire aux opérateurs téléphoniques dans le cadre d’une enquête administrative, justifieront plusieurs sources policières. « Ce rapport a été rédigé en urgence, sans éléments techniques suffisants », déplore alors Cécile de Oliveira, l’avocate de la famille de Steve. Entre-temps, une information judiciaire a été ouverte, la police judiciaire, saisie, et l’enquête, dépaysée à Rennes, pour plus de sérénité. Ce dossier brûlant atterrit sur le bureau du juge David Bénichou, un magistrat aguerri qui s’attelle à reconstituer, minute par minute, les événements. En l’absence de témoin direct de la chute de Steve, une double inconnue persiste : quand et où est-il exactement tombé ? Du fait de son immersion prolongée dans la Loire, son smartphone Huawei Honor 8X ne peut, dans un premier temps, fournir toutes les informations espérées. Une expertise plus poussée de l’appareil est diligentée. Elle sera décisive.
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> Le juge d’instruction mandate un collège international d’experts des technologies (tchèques, allemands, etc.) qui ont l’habitude de travailler sur des dossiers difficiles, d’attentats notamment. Le téléphone n’a pu être rallumé. Qu’à cela ne tienne, ils vont le faire fonctionner à nouveau. « Pour déterminer le moment précis où il s’est éteint, on a refabriqué le téléphone de Steve, on a recréé les composants endommagés, explique l’avocate Cécile de Oliveira, détaillant cette prouesse. Le téléphone a ensuite été restauré informatiquement. » Le fabricant, la société Huawei, est même contacté en Chine. La seconde phase de l’expertise consiste en une reconstitution technique visant à étudier le comportement du smartphone une fois immergé. Cela aurait pu être fait en laboratoire. Mais le juge Bénichou, soucieux de « bétonner » son instruction, ne lésine pas sur les moyens : le 6 octobre 2020, il organise une reconstitution in situ, dans les conditions les plus proches possible de celles de la chute de Steve.
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> A 14 heures, dans le froid et le vent, une quinzaine de personnes se réunissent quai Wilson : des plongeurs de la gendarmerie, des agents de la police technique et scientifique, deux experts en téléphonie de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), un représentant de l’opérateur de téléphonie mobile SFR, l’avocate des proches de Steve, le procureur de Rennes et le juge d’instruction lui-même. Ce jour-là, le coefficient de marée du fleuve est comparable à celui du 21 juin 2019. Deux gendarmes sortent de leur 4×4 un mannequin beige vêtu de noir. Plusieurs téléphones équipés de cartes SIM SFR et plusieurs jeans identiques ont aussi été préparés.
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> Pendant quatre heures, on cherche à déterminer à quel moment et à quel endroit un appareil chargé comme celui de Steve lors de sa chute va s’éteindre dans la Loire. « On devait voir, entre le moment où le téléphone est immergé et celui où il envoie un message d’alerte disant qu’il va s’arrêter, le nombre de pings répertoriés par les relais, qui diffèrent en fonction du lieu où se trouve l’appareil », explique l’avocate des proches de Steve. En trois points différents du quai, le mannequin est mis à l’eau. « Ce n’est évidemment pas la même chose si M. Maia Caniço est tombé, comme d’autres, dans la Loire avant l’intervention de la police, au moment même de cette intervention, quelques minutes après, ou plus tard », déclare sur place le procureur de Rennes, Philippe Astruc.
C’est pas la police qui avait chargé Steve plutôt?
Forcément si le téléphone avait commencé ça change tout..
Jeu de mots involontaire?
Et maintenant votre nouvel épisode de “des policiers ont fait une grave connerie et ne seront de toute manière pas sanctionnés lourdement”
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> **Affaire Steve Maia Caniço : le téléphone portable qui charge la police**
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> Il y a trois ans, Steve, 24 ans, se noyait dans la Loire à Nantes, lors d’une Fête de la Musique marquée par une intervention de police musclée. Longtemps les autorités ont nié toute responsabilité. Mais l’analyse de son smartphone raconte une tout autre histoire.
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> Par Céline Rastello
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> · Publié le 19 juin 2022 à 8h00
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> « Quelqu’un s’est noyé ! Quelqu’un a coulé ! » Les hurlements ont longtemps hanté ses nuits. Lui revenaient aussi, comme s’il les subissait encore, l’aveuglement soudain dû à l’épais nuage de gaz lacrymogène, l’étouffement, la panique. Puis le quai qui se dérobe sous ses pieds avant la chute de plusieurs mètres dans l’eau glacée. Il revoyait aussi la corde qu’il avait réussi à agripper avant d’aider quelqu’un à l’attraper. Et repensait sans cesse à cet autre jeune homme, témoin crucial, qui, dans l’eau, était parvenu à saisir par son pull une personne qui dérivait en battant des bras. Mais elle le faisait couler, il avait dû la lâcher…
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> « On a tout de suite su qu’il manquait quelqu’un », souffle Jérémy Bécue, 27 ans, en tirant sur une cigarette roulée. Steve Maia Caniço, 24 ans, ne savait pas nager. Il n’est jamais rentré de cette Fête de la Musique qui a viré au cauchemar après l’intervention de la police quai Wilson, à Nantes, dans la nuit du 21 juin 2019.
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> Le corps de l’animateur périscolaire sera retrouvé un peu plus d’un mois après, non loin du lieu de la fête, près de l’imposante grue Titan jaune, un des emblèmes de la ville. Dès le lendemain, le Premier ministre, Edouard Philippe, prend la parole depuis le perron de Matignon. « Il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de M. Steve Maia Caniço », affirme-t-il en citant un premier rapport de l’IGPN, la police des polices. A sa droite, le ministre de l’Intérieur, Christophe Cas
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> taner, se tait.
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> Les proches de Steve sont heurtés. Le temps du deuil n’est pas respecté. Cherche-t-on à éviter une nouvelle affaire d’Etat ? La répression brutale de toutes les manifestations de « gilets jaunes » a noirci l’image des forces de l’ordre. Il ne faudrait pas y ajouter la mort d’un jeune homme venu danser dans une soirée techno.
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> **« Faute grave de discernement »**
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> Edouard Philippe promet une « transparence totale » et annonce saisir l’Inspection générale de l’Administration (IGA). A la radio, le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, assure que « les forces de l’ordre interviennent toujours de manière proportionnée ». Pas exactement ce que conclut l’IGA en septembre 2019 : « La gestion des dispositifs de sécurité et de secours conduit à s’interroger sur la pertinence de certains choix opérés quai Wilson et à constater un manque de discernement dans la conduite de l’intervention de police »… Un syndicaliste policier ne l’a pas attendue pour dénoncer une « faute grave de discernement ».
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> Sur les murs de la cité traumatisée, à [la question « Où est Steve ? »](https://www.nouvelobs.com/edito/20190724.OBS16321/ou-est-steve-voila-la-question.html) succède la requête « Justice pour Steve ». Une interrogation s’impose, lancinante : pourquoi le jeune homme est-il tombé ? Trois ans après le drame, l’enquête ouverte contre X pour « homicide involontaire » a finalement avancé. Depuis mars, l’instruction est terminée. [Le commissaire de police chargé de l’intervention](https://www.nouvelobs.com/justice/20210720.OBS46735/affaire-steve-le-commissaire-charge-du-dispositif-policier-mis-en-examen-pour-homicide-involontaire.html) et [le préfet en poste à l’époque](https://www.nouvelobs.com/faits-divers/20211015.OBS49888/mort-de-steve-maia-canico-l-ancien-prefet-de-loire-atlantique-mis-en-examen-pour-homicide-involontaire.html) ont été mis en examen pour « homicide involontaire ». Au cœur des investigations, il y a le téléphone portable de Steve, retrouvé dans la poche de son jean, dont la minutieuse expertise technique a tout fait basculer.
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> Ce 21 juin 2019, ils sont nombreux, sur l’île de Nantes, à faire la fête quand la police arrive. A 4 heures, une vingtaine d’agents viennent faire couper le son de la dizaine de « sound systems » alignés sur le quai. Tous obtempèrent. Mais l’un d’eux, vers 4h25, lance un dernier morceau, « Porcherie », de Bérurier noir. Et l’atmosphère s’embrase. Pour se défendre de lancers de projectiles, diront-ils, les policiers dégainent illico les premières grenades de gaz lacrymogène, plongeant rapidement une partie du quai, non loin du petit bâtiment appelé le « bunker », dans un chaos total. En vingt-huit minutes, trente-trois grenades lacrymogènes et dix de désencerclement sont lancées, douze tirs de lanceur de balles de défense (LBD) et un de Taser sont effectués. Alors que l’eau est là, à deux pas, que le nuage de gaz arrive vers le fleuve, poussé par le vent, et qu’il n’y a pas de parapet…
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> **Un scénario qui ne colle pas**
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> Selon le même rapport de l’IGPN qu’a brandi le Premier ministre, le téléphone de Steve a déclenché cette nuit-là « un dernier relais téléphonique à 3h16 ». Soit plus d’une heure avant les premiers tirs de gaz lacrymogènes, qu’on situe alors vers 4h30. Sous-entendu : Steve aurait pu tomber dans l’eau avant même l’arrivée des agents. Mais ce scénario ne colle pas avec ce qu’affirment plusieurs participants à la soirée, que la police des polices n’a pas interrogés.
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> Une jeune femme confie à « l’Obs » avoir vu Steve aux alentours de « 4 h-4h15 », assoupi sur le quai entre le « bunker » et le fleuve. En septembre 2019, « le Canard enchaîné » révèle que le téléphone de Steve a en réalité borné une dernière fois à 4h33, heure du dernier « ping » (signal envoyé au réseau) relevé. Soit durant l’intervention policière. L’horaire de 3h16 correspond en réalité au dernier SMS envoyé par Steve. Sans doute épuisé d’avoir dansé comme un fou comme à son habitude, le jeune homme écrit à un ami : « Je suis trop fatigué. […] On peut se retrouver ou quoi ? »
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> Pourquoi ce bornage à 4h33, nouvel élément décisif, n’était-il pas mentionné par l’IGPN ? Parce qu’elle ne peut faire de réquisition judiciaire aux opérateurs téléphoniques dans le cadre d’une enquête administrative, justifieront plusieurs sources policières. « Ce rapport a été rédigé en urgence, sans éléments techniques suffisants », déplore alors Cécile de Oliveira, l’avocate de la famille de Steve. Entre-temps, une information judiciaire a été ouverte, la police judiciaire, saisie, et l’enquête, dépaysée à Rennes, pour plus de sérénité. Ce dossier brûlant atterrit sur le bureau du juge David Bénichou, un magistrat aguerri qui s’attelle à reconstituer, minute par minute, les événements. En l’absence de témoin direct de la chute de Steve, une double inconnue persiste : quand et où est-il exactement tombé ? Du fait de son immersion prolongée dans la Loire, son smartphone Huawei Honor 8X ne peut, dans un premier temps, fournir toutes les informations espérées. Une expertise plus poussée de l’appareil est diligentée. Elle sera décisive.
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> Le juge d’instruction mandate un collège international d’experts des technologies (tchèques, allemands, etc.) qui ont l’habitude de travailler sur des dossiers difficiles, d’attentats notamment. Le téléphone n’a pu être rallumé. Qu’à cela ne tienne, ils vont le faire fonctionner à nouveau. « Pour déterminer le moment précis où il s’est éteint, on a refabriqué le téléphone de Steve, on a recréé les composants endommagés, explique l’avocate Cécile de Oliveira, détaillant cette prouesse. Le téléphone a ensuite été restauré informatiquement. » Le fabricant, la société Huawei, est même contacté en Chine. La seconde phase de l’expertise consiste en une reconstitution technique visant à étudier le comportement du smartphone une fois immergé. Cela aurait pu être fait en laboratoire. Mais le juge Bénichou, soucieux de « bétonner » son instruction, ne lésine pas sur les moyens : le 6 octobre 2020, il organise une reconstitution in situ, dans les conditions les plus proches possible de celles de la chute de Steve.
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> A 14 heures, dans le froid et le vent, une quinzaine de personnes se réunissent quai Wilson : des plongeurs de la gendarmerie, des agents de la police technique et scientifique, deux experts en téléphonie de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), un représentant de l’opérateur de téléphonie mobile SFR, l’avocate des proches de Steve, le procureur de Rennes et le juge d’instruction lui-même. Ce jour-là, le coefficient de marée du fleuve est comparable à celui du 21 juin 2019. Deux gendarmes sortent de leur 4×4 un mannequin beige vêtu de noir. Plusieurs téléphones équipés de cartes SIM SFR et plusieurs jeans identiques ont aussi été préparés.
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> Pendant quatre heures, on cherche à déterminer à quel moment et à quel endroit un appareil chargé comme celui de Steve lors de sa chute va s’éteindre dans la Loire. « On devait voir, entre le moment où le téléphone est immergé et celui où il envoie un message d’alerte disant qu’il va s’arrêter, le nombre de pings répertoriés par les relais, qui diffèrent en fonction du lieu où se trouve l’appareil », explique l’avocate des proches de Steve. En trois points différents du quai, le mannequin est mis à l’eau. « Ce n’est évidemment pas la même chose si M. Maia Caniço est tombé, comme d’autres, dans la Loire avant l’intervention de la police, au moment même de cette intervention, quelques minutes après, ou plus tard », déclare sur place le procureur de Rennes, Philippe Astruc.
C’est pas la police qui avait chargé Steve plutôt?
Forcément si le téléphone avait commencé ça change tout..
Jeu de mots involontaire?
Et maintenant votre nouvel épisode de “des policiers ont fait une grave connerie et ne seront de toute manière pas sanctionnés lourdement”