
Sylvie Germain menacée sur internet : “Ces messages ne reflètent pas la majorité de nos élèves qui ne sont pas des abrutis”, témoigne une enseignante

Sylvie Germain menacée sur internet : “Ces messages ne reflètent pas la majorité de nos élèves qui ne sont pas des abrutis”, témoigne une enseignante
5 comments
Je m’attendais à la traditionnelle pétition demandant l’annulation d’une matière, mais là, je n’ai pas de mots qui me viennent à l’esprit.
Ca y est on vit dans un pays où c’est jugé rassurant de dire que la majorité des terminales n’ont pas envie de tuer les auteurs de littérature contemporaine
https://www.midilibre.fr/2022/06/22/polemique-apres-le-bac-de-francais-auteur-dun-texte-juge-trop-difficile-sylvie-germain-visee-par-un-flot-dinsultes-10389402.php
J’aime bien ce que dit l’auteur.
“Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit.”
“Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injurient et menacent. Quels adultes vont-ils devenir ? Tout cela est aussi absurde qu’affligeant.”
**Le texte en question est apparemment celui-ci :**
Dans les forêts du Morvan, loin du monde, vivent bûcherons, flotteurs de bois, bouviers, des hommes que les forêts ont faits à leur image, à leur puissance, à leur solitude, à leur dureté. Même l’amour, en eux, prend des accents de colère.
“Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, – des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères. Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles (1) que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires (2) creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles. La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.”
1. Venelles : petits sentiers
2. Séculaires : qui existent depuis cent ans ou davantage
Le texte n’a effectivement aucun intérêt à mes yeux, et j’aurai pris un des sujets de dissertation.
Et je ne comprends juste pas le besoin de revenir sur le sujet après l’épreuve, ou d’aller contacter l’illustre inconnue qui l’a écrit pour aller l’insulter à propos d’un texte qu’elle a écrit plus de 10 ans avant ma naissance.
J’ai eu 9 à l’écrit de Français sur un sujet de commentaire que j’ai foiré, ça ne m’a pas empêché d’avoir mon bac avec mention TB.