Salut à tous,

Depuis le début de la semaine, j’essaie d’observer la crise des migrants en Biélorussie/Pologne d’un œil extérieur. On en parle beaucoup sur /r/France, mais les articles que j’ai vus partagés ici se concentrent trop sur le seul territoire polonais-biélorusse.

Ce qui se comprend, c’est l’endroit le plus proche de nous et donc celui qui capte le plus notre attention. Le désastre humanitaire que ça représente, l’utilisation de civils comme arme de guerre, le bras-de-fer entre Lukashenkoutine et l’Europe, les tragédies humaines qui se jouent et ce que ça signifie pour les frontières européennes… Ouais, ça a tendance à occuper le théâtre médiatique.

Mais c’est une affaire qui implique bien plus de pays (Syrie, Irak, Turquie). J’ai donc cherché quelques trucs qui parlent de cette crise depuis hors d’Europe, en espérant que ça replace certaines choses dans leurs contextes.

Tous ces articles étant en anglais, je vous mets des extraits traduits par DeepL.

Tout d’abord, un topo vite fait : Qui sont les migrants qui tentent de passer la frontière ? Dans leur immense majorité, ce sont des Kurdes irakiens. Le Kurdistan irakien est une région autonome à l’intérieur de l’Irak, dont la capitale est officiellement à Kirkouk, mais la plus grande ville (et capitale dans les faits) à Erbil. C’est une kleptocratie à la botte du clan Barzani, qui truste tous les pouvoirs : Le premier président du Kurdistan autonome était Massoud Barzani, et aujourd’hui son neveu Nechirvan est président, et son fils Masrour premier ministre.

Les autres sont en partie des Syriens. Impossible de savoir si ceux-ci sont majoritairement kurdes ou arabes, les sources ne parlant que de Syriens, mais il semblerait que les vols syriens vers Minsk partent uniquement de Damas, donc il est possible que ça soit une majorité d’Arabes.

Et en partie des Yéménites, mais là c’est encore plus confus.

Il y a aussi un grand nombre de vols Istanbul-Minsk, dont la majorité sont remplis par des Irakiens et des Syriens également.

Pourquoi ils viennent ?

Qu’on pense que c’est légitime ou non, la réponse est le classique : Le désespoir face à l’impossibilité d’avoir une meilleure vie dans son pays.

Par exemple, [‘I’ll Camp All Winter if I Have To’: Onboard a Flight to Belarus With Iraqi Migrants]( https://www.themoscowtimes.com/2021/11/12/ill-camp-all-winter-if-i-have-to-onboard-a-flight-to-belarus-with-iraqi-migrants-a75531) :

> “C’est notre billet de la chance, nous allons en Europe”, a déclaré Zoran, 18 ans, enveloppé dans un épais manteau d’hiver et alourdi par trois gros sacs, alors qu’il attendait de monter à bord du vol pour la capitale biélorusse opéré par la Belavia, la compagnie nationale. “Je n’ai pas le choix, la vie est dangereuse et sans espoir en Irak. Je suis prêt pour la traversée”, a-t-il déclaré.

Ou encore :

> “Ça va être la merde, je sais, je sais. J’ai vu les vidéos “, a déclaré Rebin lorsqu’on l’a interrogé sur la perspective de marcher des kilomètres jusqu’à la frontière et de dormir dans une tente.

> Il a dit qu’il était au courant des dernières informations selon lesquelles certains migrants mourraient de froid.

> L’agence des Nations unies pour les réfugiés a déclaré qu’au moins huit migrants sont morts de froid à la frontière. Les groupes de défense des droits de l’homme estiment que le bilan est plus lourd.

> La nouvelle n’a pas découragé Rebin.

> “Je n’ai pas peur. Je n’ai pas de vie en Irak. Pas de travail, pas d’avenir, pas d’argent. C’est en Europe que je veux être. L’Allemagne, j’espère”, a-t-il dit.

(A noter, la plupart veulent à tout prix aller en Allemagne, et semblent utiliser « Europe » et « Allemagne » de manière interchangeable)

Ça vous rappelle rien ? C’est la même chose qui motive les migrants depuis la grande crise de 2015.

[TRTWorld rapporte aussi](https://www.trtworld.com/magazine/who-are-the-iraqis-at-the-center-of-the-eu-belarus-refugee-dispute-51594) :

> “Il semble que personne au Kurdistan irakien n’ait de garantie sur ce qui va se passer dans le futur. Tout le monde veut simplement partir pour une vie meilleure en Europe”, déclare Mahmood Yaseen Kurdi, un journaliste basé à Sulaymaniyah, en Irak.

> Kurdi est en contact avec un ami bloqué à la frontière avec la Biélorussie. Il a partagé des vidéos sur les médias sociaux, montrant la situation critique des réfugiés, et les images sont immédiatement devenues virales.

> “Donnez-moi mille visas tout de suite et mille personnes feront la queue pour mettre la main dessus”, dit-il à TRT World.

> Une corruption endémique et un système de favoritisme politique où les politiciens se disputent les postes gouvernementaux pour leurs parents et amis ont miné l’économie de l’Irak, riche en pétrole.

> “Oui, nous avons la stabilité, un parlement et un gouvernement (dans le GRK) mais nous avons aussi beaucoup de corruption. Nous avons deux familles – les Baraznis et les Talabanis – qui contrôlent tout, de l’économie locale à la police en passant par l’université et les médias sociaux”, explique M. Kurdi.

Evidemment, comme tout bon système, les « intermédiaires » véreux se sont rués dessus. Un ticket Kirkouk – Damas – Minsk coûte maintenant [4 300$](https://www.jpost.com/international/kurds-describe-abuse-exploitation-faced-in-belarus-685022), dont un paquet va dans la poche de mafieux locaux – souvent liés aux Barzani, bien sûr, et le reste va payer l’Etat biélorusse. Les visas sont faciles à avoir, mais les billets d’avion ont augmenté en prix – l’article de TRTWorld cité plus haut dit que la plupart des migrants ont vendu leurs maisons pour payer leurs tickets, et un passeur local s’est fait 2 millions de dollars en 2 mois.

La réponse de l’Europe a été principalement diplomatique, et semble être couronnée d’un certain succès. Par exemple, selon cet article : [Turkey bans Syrians, Iraqis and Yemenis from flights to Belarus](https://www.arabnews.com/node/1966641/middle-east).

> L’autorité turque de l’aviation civile a annoncé vendredi qu’elle avait accédé aux demandes de la Pologne, déclarant : “En raison du problème des franchissements illégaux de frontières entre l’Union européenne et le Belarus, il a été décidé que les citoyens d’Irak, de Syrie et du Yémen qui veulent se rendre au Belarus depuis les aéroports turcs ne seront pas autorisés à acheter des billets, ni à embarquer, jusqu’à nouvel ordre.”

Pareillement, la compagnie aérienne syrienne Cham Wings [a mis un terme aux vols en direction du Belarus]( https://www.france24.com/en/europe/20211113-syria-s-cham-wings-airlines-halts-flights-to-minsk), emboîtant le pas à Iraqi Airways qui avait arrêté leurs vols vers le Belarus en août.

Dans ce même article, vous voyez que certains Syriens ont commencé à tenter la route libanaise : Ils espèrent [prendre leurs vols depuis Beyrouth, mais les autorités libanaises sont intervenues](http://www.news.cn/english/2021-11/18/c_1310317206.htm) :

> L’aéroport libanais de Beyrouth a demandé mercredi à toutes les compagnies aériennes opérant à l’aéroport de restreindre les vols directs vers le Belarus, en invoquant la crise des migrants à la frontière entre le Belarus et la Pologne.

> Les voyages du Liban vers le Bélarus doivent être limités aux citoyens libanais munis d’un visa ou d’un permis de résidence du Bélarus, aux citoyens bélarussiens et aux étrangers qui ont un permis de résidence au Bélarus, a déclaré Fadi el-Hassan, directeur général de l’aviation civile à l’aéroport de Beyrouth, dans un communiqué.
Pas de news sur d’éventuelles négociations avec l’Europe, mais je pense que les efforts diplomatiques pour fermer les vannes ont du succès.

Parallèlement, [l’Irak a essayé d’empêcher le Belarus de délivrer des visas](https://www.iraq-businessnews.com/2021/11/12/iraq-reported-to-have-closed-belarusian-consulates/) :

> Le ministère irakien des affaires étrangères aurait ordonné la fermeture des consulats honoraires du Belarus à Bagdad et à Erbil. Selon Rojnews, la décision a été prise en raison de la facilité avec laquelle les Irakiens se voyaient accorder des visas pour se rendre en Biélorussie, et de la crise des réfugiés qui se poursuit à la frontière entre ce pays et la Pologne.

Il est possible (je dis bien **possible**, n’étant pas un expert en politique (biélo)russe) que Lukashenko commence à faire machine arrière. Les [premiers rapatriements depuis le belarus](https://www.nytimes.com/2021/11/18/world/europe/iraq-migrants-belarus.html) commencent :

> “J’aurais aimé mourir et qu’ils ramènent mon cadavre”, a déclaré Awara Abbas, 30 ans, qui est descendu du vol à Erbil, dans la région du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, après avoir dépensé 5 500 dollars dans une tentative futile de quitter un pays où il ne voit aucun avenir économique.

> Il a déclaré qu’il avait tenté à huit reprises de passer du Belarus à la Pologne, et que lorsqu’il y est parvenu, les forces polonaises l’ont rattrapé et repoussé au Belarus. “À partir de maintenant et jusqu’à mon dernier souffle, j’essaierai de me rendre en Europe”, a-t-il dit. “J’essaierai la Turquie ou l’Iran ou tout autre moyen d’atteindre l’Europe”.

> L’Irak avait déclaré qu’il ne rapatrierait que les personnes qui rentraient volontairement, mais Ashti Younis, 29 ans, qui a également pris l’avion pour Erbil, a déclaré que les autorités biélorusses l’avaient piégé et forcé à rentrer. Il a déclaré que la police s’est présentée à son hôtel jeudi matin et a dit qu’elle l’emmenait simplement pour renouveler son visa, mais qu’elle l’a plutôt emmené à l’aéroport.

> Certains migrants irakiens ont déclaré qu’ils pourraient essayer de demander l’asile en Biélorussie, ce qui pourrait créer une situation tendue pour M. Lukashenko.

Dans les [articles que j’ai pu lire](https://www.nytimes.com/2021/11/22/world/middleeast/belarus-iraqi-migrant-deportations.html), les rapatriés voient ça [avec désespoir]( https://www.aljazeera.com/features/2021/11/23/destitute-and-hopeless-iraqi-kurds-return-from-belarus) :

> Contusionnés physiquement et en proie à une douleur émotionnelle indescriptible, Azad et sa femme, qui ont demandé à ne pas être nommés, ont déclaré à Al Jazeera qu’ils avaient été traités comme des animaux à la frontière entre le Belarus et la Pologne et qu’ils ne voulaient pas être à nouveau soumis à une série de questions de la part des journalistes dès leur retour dans le pays qu’ils voulaient tant quitter.

> “Pour l’instant, nous essayons de ne pas trop penser à notre avenir car dès que nous commencerons à y penser, il deviendra clair que nous n’en avons pas ici au Kurdistan”, a déclaré Azad à Al Jazeera, assis dans leur maison à Duhok. “Mais nous savons tous les deux que nous sommes probablement coincés ici pour le reste de notre vie”.

> De retour en Irak, Azad dit qu’ils ont eu de la chance qu’il n’ait pas vendu la maison. Mais c’est la dernière chose qu’il possède maintenant : Il a vendu les canapés, le réfrigérateur, et même la cafetière. En fait, tout ce qui pouvait être transformé en argent liquide pour soutenir leur odyssée hors d’Irak était à vendre.

> Les messages sur les médias sociaux ont également révélé une image sinistre de ce qui attend les rapatriés dans la région kurde du nord de l’Irak. Par exemple, une famille kurde n’avait même pas assez d’argent pour payer un taxi qui la conduirait de l’aéroport au camp de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) où elle résidait.

D’autres à l’inverse le prennent comme un échec temporaire et [comptent repartir](https://www.france24.com/en/live-news/20211123-despite-hurdles-in-belarus-iraqi-migrants-still-long-for-way-out) :

> Khodr a déclaré s’être endetté pour pouvoir quitter l’Irak et avoir même vendu l’or de sa femme et de sa mère.

> Pour survivre, il a fait des petits boulots et a gagné un peu d’argent en réparant des téléphones portables.

> “Dès que nous aurons un peu d’argent, nous repartirons. Je n’abandonnerai pas l’idée d’émigrer”.

> Mais la prochaine fois, Khodr a déclaré qu’il essaierait de trouver un autre itinéraire car “nous sommes interdits d’aller en Biélorussie pour les cinq prochaines années”.

Et pour les Yéménites ? Ben en fait, [on n’en sait rien](https://www.republicworld.com/world-news/middle-east/yemen-interior-minister-says-no-data-of-yemeni-refugees-stuck-in-belarus.html). Avec tant de factions qui se tapent sur la gueule, ce qui passe pour un gouvernement à Sana’a se tape totalement de ses citoyens.

Mais la « partie » n’est pas finie. Selon la Pologne, le Belarus serait en passe de [nouer des contacts avec l’Afghanistan](https://apnews.com/article/afghanistan-poland-estonia-migration-europe-a2a3edb13b322dd1339dd9b0cb4a85f1) pour refaire la même chose. Si c’est vrai, et pas juste de la parano polonaise, ça sera terrible, l’émigration afghane étant déjà à son comble par la voie terrestre, les Afghans n’attendent qu’une nouvelle voie pour venir en Europe.

19 comments
  1. La Pologne et la Lituanie font bien de défendre les frontières de l’UE.

    Quand on lit qu’un passeur s’est fait 2 millions d’€ en 2 mois grâce à plusieurs centaines de “clients” souhaitant venir en Europe, je n’ose penser aux fortunes qui ont été faites au plus fort de la crise en 2015-16.

  2. Il y a aussi une énorme migration vénézuélienne si ça t’intéresse, sauf que c’est plutôt concentré en Espagne et le continent américain

  3. Merci encore pour ton travail quant au regroupement d’informations.

    Ça me renforce encore plus dans mon idée qu’il faut se montrer excessivement ferme sur le respect de nos frontières européennes. Je pense vraiment qu’un laxisme de la part des pays de Schengen conduirait à de nouvelles vagues migratoires incontrôlables dont seuls les passeurs et certains états de transit profiteraient.

    Mais il va vraiment être temps de mettre en place une politique migratoire claire. Refouler tout le monde ne peut être que temporaire afin d’empêcher les désastres humanitaires. Mais si on offre pas à ses gens des moyens de faire la queue et qu’on se montre permissif une fois que ces gens ont mis les pieds en Europe, il y aura toujours des dizaines de milliers de personnes pour vendre tous leurs biens et tenter le coup.

    La fermeté en Pologne c’est bien, mais sur le long terme, ça déplacera le problème ailleurs géographiquement.

  4. Ce serait vraiment viable pour les Talibans cette stratégie ? ça fait que 3 mois qu’ils sont au pouvoir, ils disent à qui veut l’entendre qu’ils ont changé, qu’ils veulent être reconnus par la communauté internationale, et ils passeraient à l’offensive contre l’ouest aussi rapidement ?

  5. Vous vous souvenez du film Babylon A.D. ?

    L’Europe y est décrite comme une zone d’anarchie et de violence où les gouvernements ont abandonné les populations, livées à elles même et dominées par des seigneurs de guerre locaux.

    Les USA quand à eux, gouvernés par des gigacorporations et des églises toutes puissantes, ont constuit un mur et tirent sans considération sur quiconque essaie de rentrer dans leur pays.

    Autant le film était assez moisi, autant ce futur me parait plus proche que jamais.

  6. Merci pour ces précisions, je n’ai pas tout fini mais ça fait plaisir de lire des rapports plus precis

  7. En te lisant je me dis qu’il y a deux problèmes avec l’immigration:

    D’une part ce sont les plus débrouillards, les plus ambitieux, les plus déterminés qui partent. Le pays se vide de ceux qui supportent le moins la situation et souhaiteraient le plus la changer. Avec ces profils qui partent, le statut quo s’enracine encore plus.

    D’autre part, il s’instaure un business model ou l’ascension sociale passe par l’immigration. Idéologiquement, cela légitime le pouvoir. Pour ceux qui restent dans le pays, l’immigration va s’imposer comme LA solution et de ce fait ils vont moins contester l’ordre en place. ” Si t’es pas content, t’as qu’a aller en Europe”.

    La question ” est ce que l’immigration est bonne pour nous? ” revient souvent mais je vois rarement des articles sur ses effets dans les pays d’origine. Par exemple, on a parlé de l’envoi de cash au pays récemment mais pour moi, la question qu’on doit se poser est: quel est l’effet de cet argent sur les sociétés locales, sur les mentalités, sur l’économie? Si cela permet d’améliorer la situation à long terme, c’est tout bon. Mais si cela développe un business model ou tu fais 4-5 enfants et envoyer le plus débrouillard en Europe pour en tirer une rente, on est dans l’hyper-capitalisme.

    Je me dis que l’immigration telle qu’on la traite dans les médias actuellement est: d’un coté sous l’angle de notre intérêt et de l’autre sous l’angle des valeurs. Mais l’immigration est un système qui comprend pays de départ et pays d’arrivée et on a du mal à penser ça globalement. Que ce soit en terme de valeurs ou d’intérêt, je trouve qu’on est trop centrés sur nous.

  8. >Mais la « partie » n’est pas finie. Selon la Pologne, le Belarus serait en passe de nouer des contacts avec l’Afghanistan pour refaire la même chose. Si c’est vrai, et pas juste de la parano polonaise, ça sera terrible, l’émigration afghane étant déjà à son comble par la voie terrestre, les Afghans n’attendent qu’une nouvelle voie pour venir en Europe.

    le salopard… J’espère que c’est de l’intox parce qu’il va finir par déclencher une guerre avec ses conneries.

  9. Merci pour ce résumé, même “à l’arrache” tes post valent toujours des points.

    Si t’as des envies d’expliquer un poil plus les motivations et méthodes (biélo)russes pour foutre le bordel dans l’UE, je prends.

  10. Merci pour tout ce contexte. je suis définitivement convaincu que ce gouvernement est une mafia de bourreaux, maintenant.

  11. juste pour ajouter quelques points:

    ca fait deja des mois (peut etre depuis le printemps) que je vois passer des avertissements sur les reseaux sociaux kurdes sur le sujet (que la bielorussie est en train d’utiliser les candidats migrants comme arme politique), je suis assez etonner que l’europe reagisse si tardivement

    petite precision sur la situation politique au kurdistan ou il ya des positions tres chaudes entre les deux parties majoritaire (PDK de Barzani et PUK de Talabani) historiquement le PUK etant tres proches du PKK Turque et par extension des YPG-J alors que le PDK (au pouvoir) avait jusqu’alors une politique tres liberal vis a vis des turques

    niveau economique ca c’est extremement degradé depuis 2016-2017, encore plus avec la prise des champs petrolier de kirkuk

    Le kurdistan accueuille aussi beaucoup de deplacer et de refugier, ce qui accroit aussi la pression socio-economique

    la prise de kirkuk et des territoires disputée (ces regions etaient disputée avant ISIS et ont majoritairement reprisent puis controller par les kurdes avant d’etre unilateralement reprise par bagdad) d’ailleur je ne sais pas pourquoi tu dis que kirkuk est la capital du KRI (ca a toujours ete Erbil et Kirkuk n’est resté que 2 ou 3 ans sous controle kurde, et encore officielement c’etait seulement un controle securitaire vu que le gouvernorat etait encore officiellement sous administration federal)

    En gros les gens qui peuvent partir se disent qu’il vaut mieux le faire maintenant quand c’est encore possible plutot que de se projeter dans un future proche avec un gros risque de conflit

  12. Tant qu’une situation rapportera rapidement un max de blé / pouvoir à quelqu’un ça ne changera malheureusement pas.

    Merci pour ton post OP

  13. Bonjour, merci pour ce travail. Je trouve que ça confirme que c’est l’espoir irréaliste de l’El Dorado européen qui conduit à tout ces morts. Ils ne voient d’avenir dans leur pays mais il n’en ont en réalité pas plus ici a part pour une poignée de chanceux.

    Si on avait été ferme des le début, beaucoup de vies auraient été épargnées. l’Occident n’a pas (plus) a être la réponse à toutes les misères du monde. Quand il a voulu l’être on avait ce que ça a donné.

  14. >C’est la même chose qui motive les migrants depuis la grande crise de 2015.

    Encore merci Merkel pour ta grande clairvoyance ! Tu ne nous manqueras pas.

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