Centrale nucléaire de Tricastin : des dissimulations en cascade

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  1. #Centrale nucléaire de Tricastin : des dissimulations en cascade

    #####Dans l’affaire du lanceur d’alerte de la centrale du Tricastin qui porte plainte contre EDF, de nouveaux éléments consultés par Mediapart révèlent que l’Autorité de sûreté du nucléaire connaissait depuis longtemps le problème. Selon un document interne, EDF a menti et l’autorité de sûreté également dans sa communication publique.

    [Jade Lindgaard](https://www.mediapart.fr/biographie/jade-lindgaard)

    En plein débat sur la relance du nucléaire, un lanceur d’alerte jette un pavé dans la mare : un membre de la direction de la centrale du Tricastin (Drôme), l’une des plus anciennes du parc français, a déposé plainte contre EDF concernant la sûreté du site, la mise en danger d’autrui, le Code du travail ainsi que pour harcèlement, comme [l’a révélé _Le Monde_](https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/12/nucleaire-un-cadre-de-la-centrale-du-tricastin-denonce-une-politique-de-dissimulation-d-incidents-de-surete_6101804_3244.html).

    Les faits dénoncés par celui qui se fait appeler « Hugo » sont graves et longuement détaillés dans la plainte, à laquelle Mediapart a eu accès. Des incidents se sont produits en 2017 et 2018 sur le site, parmi lesquels une importante inondation dans la zone contrôlée, le 28 août 2018, dont la durée et l’ampleur ont été dissimulées à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), [comme l’avait révélé Mediapart en 2019.](https://www.mediapart.fr/journal/france/190719/centrale-du-tricastin-edf-triche-avec-la-surete-nucleaire?onglet=full)

    Le refus d’Hugo de déroger à l’obligation de transparence, pierre angulaire de la sûreté nucléaire, lui a valu les foudres de sa hiérarchie, selon son récit. Au point de subir des intimidations ainsi que des humiliations, avant d’être brutalement poussé vers la sortie. Après une longue période d’arrêt maladie, il attend aujourd’hui de retrouver son poste.

    Il sollicite le statut de lanceur d’alerte qui peut le faire bénéficier d’une protection juridique. La plainte a été déposée début octobre auprès du tribunal judiciaire de Paris, qui n’a pas encore annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire.

    Depuis la révélation de cette plainte, très embarrassante pour EDF au regard de la qualité du parcours professionnel d’Hugo et de son niveau de responsabilité au sein de l’une des plus importantes centrales nucléaires françaises – quatre réacteurs de 900 mégawatts et la première à être prolongée au-delà de quarante ans – l’ASN est particulièrement discrète. Pas de communiqué de presse, et des réactions lapidaires dans les médias. Interrogée par Mediapart lundi 22 novembre, l’autorité annonce ne plus vouloir répondre aux questions des journalistes, en raison de la procédure judiciaire.

    Selon nos informations, l’ASN connaît parfaitement ce dossier car elle avait été informée dans le moindre détail par Hugo lui-même, au moment où se déroulaient les faits en 2018. Pourtant, elle n’a pas sanctionné l’exploitant nucléaire pour la dissimulation de l’inondation. Elle occulte ses dysfonctionnements dans sa communication publique au sujet du Tricastin, et semble prendre la défense de la centrale en réponse aux premiers médias qui l’ont interrogée concernant la plainte d’Hugo. L’ASN n’a pas non plus soutenu le salarié quand il a été mis sur la touche, alors qu’elle est chargée de l’inspection du travail sur les installations nucléaires d’EDF.

  2. De manière générale, les centrales connaissent des soucis « régulier » mais ces derniers ne sortent jamais pour éviter « d’affoler » les gens.

  3. On parle de quoi ? C’est grave ou pas ?

    Après lecture on parle de l’inondation pendant 24h d’une salle dans laquelle il y avait du matériel. Ok. Quoi comme matériel ? Est ce qu’on pouvait encore y accéder si besoin impérieux ? Pas mentionné.

    Non parce que si c’est là ou étaient entreposées les bouteilles de jus d’orange pour faire le pot du vendredi et que la seule raison de pas aller les chercher c’est qu’on devait mettre des bottes, c’est peut être pas la peine de faire croire à un nouveau Tchernobyl.

    Ensuite c’est parti en sucette (ou c’était peut être même déjà parti en sucette avant en fait) entre un cadre de la centrale (HUGO) et sa hiérarchie. Hugo, qui depuis a porté plainte pour harcèlement, et s’est mis en arrêt maladie. Ce qui est exactement ce que font tous les cadres dans toutes les boites quand il y a un problème avec la hiérarchie.

    Y’a aussi une histoire de “repli de réacteur” non déclaré par EDF à l’ASN, qui demande ensuite à ce qu’il le soit. Aucune idée de ce que c’est. Mais je crois que ça ne rentre par en compte dans les manquements signalés par ce Hugo.

    Enfin bon, le site de l’ASN dit :

    > **Repli**

    > Le repli d’un réacteur consiste à abaisser la pression et la température de son circuit primaire en application de ses règles générales d’exploitation

    Ça n’a pas l’air particulièrement problématique. Je comprend donc que le souci n’est pas avec le réacteur mais que c’est une histoire de com avec l’ASN sur une procédure normale, mais qui doit être mentionnée quand même.

    J’ai franchement l’impression que Mediapart utilise des grands mots sur le nucléaire pour faire peur, alors que c’est avant tout un problème humain et de détails de procédure. Que la sûreté de la centrale n’est pas en cause, mais que le fait qu’indirectement l’ASN couvrirait EDF, pourrait être un vecteur d’accident à l’avenir.

    Au milieu de ça, Hugo est en conflit ouvert avec sa hiérarchie.

    J’ai pas d’opinion là dessus. Mais le fait de ne pas avoir eu d’accident depuis 40 ans me porte toutefois à faire confiance à l’ASN et à EDF. Même si un peu de poil à gratter ne peut pas faire de mal de temps en temps.

  4. Vivement qu’on rétablisse le délit de blasphème, qu’on puisse condmner Mediapart et tous ces incroyants…

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