**Selon nos informations, Laëtitia*, l’élue centriste qui avait accusé, dans Mediapart, le ministre des solidarités d’avoir tenté de la violer en 2010, a porté plainte lundi 27 juin. Damien Abad avait réfuté « catégoriquement » ces accusations.**
Elle voulait « que ça s’arrête, qu’il ne puisse pas recommencer », nous avait-elle déclaré. L’élue centriste qui accuse le ministre des solidarités, Damien Abad, d’avoir tenté de la violer en 2010 a porté plainte lundi 27 juin auprès du parquet de Paris, selon nos informations.
À Mediapart, Laëtitia* indique vouloir, par cette plainte, « encourager les victimes à libérer leur parole ».
Le 14 juin, Mediapart avait révélé son témoignage : l’élue dénonçait une agression sexuelle et du harcèlement de la part de Damien Abad lors d’un mariage dans l’Aveyron, le 31 juillet 2010 ; mais aussi une tentative de viol lors d’une fête au domicile du député européen, à Paris, au premier semestre 2010. Des accusations que Damien Abad a « catégoriquement » réfutées.
L’avocate de Laëtitia, Me Raphaële Bialkiewicz, estime que si les faits présumés d’agression sexuelle et de harcèlement sont prescrits, la tentative de viol que sa cliente dénonce ne l’est pas. « Il s’agit d’une plainte pour “tentative de viol”, la prescription est donc la même qu’en matière de viol, soit de 20 ans. Les faits ayant été commis en 2010, ma cliente peut porter plainte jusqu’en 2030 », explique l’avocate à Mediapart.
Dans sa plainte, que Mediapart a pu consulter, Laëtitia indique qu’elle engage une démarche judiciaire « parce qu’elle est élue, parce qu’elle est décidée à tout faire pour éviter qu’il n’y ait d’autres victimes, et parce qu’elle entend démontrer sa foi en la justice ».
L’élue centriste affirme que la lecture, dans Mediapart, le 21 mai, des témoignages de Chloé* et Margaux – qui dénoncent des viols qui seraient survenus en 2010 et 2011, quelques mois après la tentative de viol qu’elle dit elle-même avoir subie –, a agi en déclencheur. « Nombre d’éléments des témoignages de Margaux et Chloé, rapportés par Mediapart, faisaient écho à sa propre expérience », peut-on lire dans sa plainte. Elle s’est alors demandé si elle aurait pu « empêcher, par sa parole », ces faits présumés.
Elle explique que, « assaillie par la culpabilité, pressée par ses proches de briser l’omerta, mais également très inquiète à l’idée des répercussions que pourraient avoir sur sa carrière politique, sur son électorat et sa carrière professionnelle de telles révélations », elle a décidé de « prendre la parole », avec « la volonté d’éviter » que d’éventuelles victimes « ne soient à déplorer » à l’avenir.
Elle dit avoir initialement refusé de considérer l’idée d’une « prise de parole médiatique » – celle-ci étant « contraire à ses valeurs » – et plutôt envisagé d’écrire à la première ministre, Élisabeth Borne. Mais par peur que son nom ne soit révélé, elle a finalement accepté de témoigner, de manière anonymisée, dans l’enquête de Mediapart, en « espérant qu’elle parviendrait, ainsi, à prévenir les autres [éventuelles victimes – ndlr] ».
Sa plainte est étayée par une série de documents annexés : huit attestations de témoins ou confident·es – tels que son médecin, des proches, ami·es ou élu·es –, des messages et éléments constatés par huissier, et une attestation de Chloé – qui accuse Damien Abad de viol, et que Laëtitia ne connaît pas.
La plaignante sollicite aussi le versement au dossier de l’enquête préliminaire concernant le viol dénoncé par Margaux – procédure qui avait été classée sans suite en décembre 2017.
**Des faits qui auraient eu lieu en 2009 et en 2010**
L’histoire que Laëtitia avait relatée à Mediapart, au cabinet de son avocate, pendant près de six heures, remonte aux années 2009 et 2010. L’élue rencontre Damien Abad chez les Jeunes Centristes, en 2009. Il préside alors ce mouvement de jeunesse du Nouveau Centre ; elle est de son côté présidente de la fédération de son département. La jeune femme affirme qu’après son élection au Parlement européen, en juin 2009, Damien Abad aurait « vrillé » et serait « tombé dans un sentiment de toute-puissance et d’impunité permanentes ».
Le député, déjà dans « la séduction » à son égard, lui aurait proposé des « visites nocturnes en tête-à-tête » du Parlement européen, puis serait « devenu collant ». Lorsqu’il lui faisait la bise, il aurait régulièrement « frotté » ses mains contre sa poitrine, prétextant, quand elle s’en plaignait, que c’était involontairement, en raison de son handicap, selon elle.
Laëtitia dénonce en particulier deux événements qui l’auraient « marquée », en 2010. D’abord un comportement déplacé qu’il aurait eu lors d’un mariage d’un responsable du Nouveau Centre, le 31 juillet 2010, dans l’Aveyron. À cette occasion, il aurait commencé « à se frotter à [elle] » et à sa « poitrine », il aurait tenu « des propos inappropriés du type : “Je veux te baiser” », et aurait insisté pour qu’elle le « rejoigne dans sa chambre ».
Elle évoque ensuite une « tentative de viol » lors d’une soirée au domicile du député, à Paris, durant le premier semestre 2010 également. Selon son récit, Damien Abad lui aurait offert un verre, au fond duquel elle aurait vu quelque chose de « suspect ». « Méfiante étant donné son comportement passé », elle dit être allée aux toilettes recracher sa gorgée et affirme qu’en sortant le député l’attendait et l’aurait « poussée dans une pièce en face ». Puis, d’après son témoignage, il aurait tenté de la contraindre à une fellation en prononçant des « insanités » (« Tu vas la sentir passer, elle est énorme » ; « Vas-y, suce-moi »).
Elle dit avoir été « extrêmement surprise de sa force ». Elle affirme s’être « débattue », l’avoir « frappé dans le ventre ». Laëtitia dit avoir pu « se défaire de lui » et sortir de la pièce grâce à l’irruption d’un convive.
Mediapart avait recueilli les témoignages de huit personnes, à qui Laëtitia s’était confiée ou qui avaient pu être témoins de certains éléments. Notamment la maire (UDI) d’Amiens, Brigitte Fouré, qui avait relaté avoir assisté à un « comportement complètement déplacé, inapproprié » de Damien Abad à l’égard de Laëtitia, au mariage, en 2010. « Il l’importunait, c’étaient des avances vraiment lourdes, insistantes, incongrues. J’ai ressenti un sentiment de malaise. Ça m’a suffisamment marquée pour que 12 ans après je m’en souvienne, et que quand l’affaire est sortie, je me sois dit : “Ça ne m’étonne pas vraiment”, en tout cas sur certains aspects », nous avait-elle raconté.
Dans la plainte déposée le 27 juin, son avocate estime que « l’intention d’une pénétration a minima buccale, imposée par Monsieur Abad à la plaignante par la force » ne ferait « pas le moindre doute ».
Dans ce second volet de notre enquête, plusieurs personnes, issues pour une grande partie des partis du centre et de la droite dans lesquels Damien Abad a successivement milité depuis 2008, décrivaient un élu « lourd », « insistant » à l’égard de jeunes femmes, notamment de collaboratrices : que ce soit par un « comportement déplacé » dans le cadre de sa fonction, ou par des messages écrits.
Selon nos éléments, Damien Abad avait aussi contacté, fin mai, une membre de LR évoquée dans nos questions, juste après avoir reçu celles-ci. Dans leurs échanges, sans nier les faits qu’elle lui reprochait explicitement à l’écrit (un comportement déplacé il y a quelques années), le ministre lui avait demandé si elle avait parlé à notre journal.
Heureusement que son dossier a été minutieusement épluché par Jupiter lui-même, la droite toujours dans les bon coups
Question sérieuse : un dépôt de plainte est-il une information publique?
Encore une coïncidence…
Pour rappel au bout de 10 plaintes Borne lui remet 1 avertissement
Et au bout de 10 avertissements Macron lui remet un blame.
Et au bout de 10 blames il doit presenter ses excuses (sans reconnaitre les faits)
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**Selon nos informations, Laëtitia*, l’élue centriste qui avait accusé, dans Mediapart, le ministre des solidarités d’avoir tenté de la violer en 2010, a porté plainte lundi 27 juin. Damien Abad avait réfuté « catégoriquement » ces accusations.**
Elle voulait « que ça s’arrête, qu’il ne puisse pas recommencer », nous avait-elle déclaré. L’élue centriste qui accuse le ministre des solidarités, Damien Abad, d’avoir tenté de la violer en 2010 a porté plainte lundi 27 juin auprès du parquet de Paris, selon nos informations.
À Mediapart, Laëtitia* indique vouloir, par cette plainte, « encourager les victimes à libérer leur parole ».
Le 14 juin, Mediapart avait révélé son témoignage : l’élue dénonçait une agression sexuelle et du harcèlement de la part de Damien Abad lors d’un mariage dans l’Aveyron, le 31 juillet 2010 ; mais aussi une tentative de viol lors d’une fête au domicile du député européen, à Paris, au premier semestre 2010. Des accusations que Damien Abad a « catégoriquement » réfutées.
L’avocate de Laëtitia, Me Raphaële Bialkiewicz, estime que si les faits présumés d’agression sexuelle et de harcèlement sont prescrits, la tentative de viol que sa cliente dénonce ne l’est pas. « Il s’agit d’une plainte pour “tentative de viol”, la prescription est donc la même qu’en matière de viol, soit de 20 ans. Les faits ayant été commis en 2010, ma cliente peut porter plainte jusqu’en 2030 », explique l’avocate à Mediapart.
Dans sa plainte, que Mediapart a pu consulter, Laëtitia indique qu’elle engage une démarche judiciaire « parce qu’elle est élue, parce qu’elle est décidée à tout faire pour éviter qu’il n’y ait d’autres victimes, et parce qu’elle entend démontrer sa foi en la justice ».
L’élue centriste affirme que la lecture, dans Mediapart, le 21 mai, des témoignages de Chloé* et Margaux – qui dénoncent des viols qui seraient survenus en 2010 et 2011, quelques mois après la tentative de viol qu’elle dit elle-même avoir subie –, a agi en déclencheur. « Nombre d’éléments des témoignages de Margaux et Chloé, rapportés par Mediapart, faisaient écho à sa propre expérience », peut-on lire dans sa plainte. Elle s’est alors demandé si elle aurait pu « empêcher, par sa parole », ces faits présumés.
Elle explique que, « assaillie par la culpabilité, pressée par ses proches de briser l’omerta, mais également très inquiète à l’idée des répercussions que pourraient avoir sur sa carrière politique, sur son électorat et sa carrière professionnelle de telles révélations », elle a décidé de « prendre la parole », avec « la volonté d’éviter » que d’éventuelles victimes « ne soient à déplorer » à l’avenir.
Elle dit avoir initialement refusé de considérer l’idée d’une « prise de parole médiatique » – celle-ci étant « contraire à ses valeurs » – et plutôt envisagé d’écrire à la première ministre, Élisabeth Borne. Mais par peur que son nom ne soit révélé, elle a finalement accepté de témoigner, de manière anonymisée, dans l’enquête de Mediapart, en « espérant qu’elle parviendrait, ainsi, à prévenir les autres [éventuelles victimes – ndlr] ».
Sa plainte est étayée par une série de documents annexés : huit attestations de témoins ou confident·es – tels que son médecin, des proches, ami·es ou élu·es –, des messages et éléments constatés par huissier, et une attestation de Chloé – qui accuse Damien Abad de viol, et que Laëtitia ne connaît pas.
La plaignante sollicite aussi le versement au dossier de l’enquête préliminaire concernant le viol dénoncé par Margaux – procédure qui avait été classée sans suite en décembre 2017.
**Des faits qui auraient eu lieu en 2009 et en 2010**
L’histoire que Laëtitia avait relatée à Mediapart, au cabinet de son avocate, pendant près de six heures, remonte aux années 2009 et 2010. L’élue rencontre Damien Abad chez les Jeunes Centristes, en 2009. Il préside alors ce mouvement de jeunesse du Nouveau Centre ; elle est de son côté présidente de la fédération de son département. La jeune femme affirme qu’après son élection au Parlement européen, en juin 2009, Damien Abad aurait « vrillé » et serait « tombé dans un sentiment de toute-puissance et d’impunité permanentes ».
Le député, déjà dans « la séduction » à son égard, lui aurait proposé des « visites nocturnes en tête-à-tête » du Parlement européen, puis serait « devenu collant ». Lorsqu’il lui faisait la bise, il aurait régulièrement « frotté » ses mains contre sa poitrine, prétextant, quand elle s’en plaignait, que c’était involontairement, en raison de son handicap, selon elle.
Laëtitia dénonce en particulier deux événements qui l’auraient « marquée », en 2010. D’abord un comportement déplacé qu’il aurait eu lors d’un mariage d’un responsable du Nouveau Centre, le 31 juillet 2010, dans l’Aveyron. À cette occasion, il aurait commencé « à se frotter à [elle] » et à sa « poitrine », il aurait tenu « des propos inappropriés du type : “Je veux te baiser” », et aurait insisté pour qu’elle le « rejoigne dans sa chambre ».
Elle évoque ensuite une « tentative de viol » lors d’une soirée au domicile du député, à Paris, durant le premier semestre 2010 également. Selon son récit, Damien Abad lui aurait offert un verre, au fond duquel elle aurait vu quelque chose de « suspect ». « Méfiante étant donné son comportement passé », elle dit être allée aux toilettes recracher sa gorgée et affirme qu’en sortant le député l’attendait et l’aurait « poussée dans une pièce en face ». Puis, d’après son témoignage, il aurait tenté de la contraindre à une fellation en prononçant des « insanités » (« Tu vas la sentir passer, elle est énorme » ; « Vas-y, suce-moi »).
Elle dit avoir été « extrêmement surprise de sa force ». Elle affirme s’être « débattue », l’avoir « frappé dans le ventre ». Laëtitia dit avoir pu « se défaire de lui » et sortir de la pièce grâce à l’irruption d’un convive.
Mediapart avait recueilli les témoignages de huit personnes, à qui Laëtitia s’était confiée ou qui avaient pu être témoins de certains éléments. Notamment la maire (UDI) d’Amiens, Brigitte Fouré, qui avait relaté avoir assisté à un « comportement complètement déplacé, inapproprié » de Damien Abad à l’égard de Laëtitia, au mariage, en 2010. « Il l’importunait, c’étaient des avances vraiment lourdes, insistantes, incongrues. J’ai ressenti un sentiment de malaise. Ça m’a suffisamment marquée pour que 12 ans après je m’en souvienne, et que quand l’affaire est sortie, je me sois dit : “Ça ne m’étonne pas vraiment”, en tout cas sur certains aspects », nous avait-elle raconté.
Dans la plainte déposée le 27 juin, son avocate estime que « l’intention d’une pénétration a minima buccale, imposée par Monsieur Abad à la plaignante par la force » ne ferait « pas le moindre doute ».
Dans ce second volet de notre enquête, plusieurs personnes, issues pour une grande partie des partis du centre et de la droite dans lesquels Damien Abad a successivement milité depuis 2008, décrivaient un élu « lourd », « insistant » à l’égard de jeunes femmes, notamment de collaboratrices : que ce soit par un « comportement déplacé » dans le cadre de sa fonction, ou par des messages écrits.
Selon nos éléments, Damien Abad avait aussi contacté, fin mai, une membre de LR évoquée dans nos questions, juste après avoir reçu celles-ci. Dans leurs échanges, sans nier les faits qu’elle lui reprochait explicitement à l’écrit (un comportement déplacé il y a quelques années), le ministre lui avait demandé si elle avait parlé à notre journal.
Heureusement que son dossier a été minutieusement épluché par Jupiter lui-même, la droite toujours dans les bon coups
Question sérieuse : un dépôt de plainte est-il une information publique?
Encore une coïncidence…
Pour rappel au bout de 10 plaintes Borne lui remet 1 avertissement
Et au bout de 10 avertissements Macron lui remet un blame.
Et au bout de 10 blames il doit presenter ses excuses (sans reconnaitre les faits)