>**Fin de la redevance et financement de l’audiovisuel public: c’est flou, non?**
>Alors qu’est débattue l’idée d’une fusion de l’audiovisuel public, un mouvement social des salariés du secteur a lieu ce mardi pour protester contre les nombreuses inconnues qui entourent son financement, après l’annonce de la fin de la redevance.
>Le jour n’est pas anodin. Mardi 28 juin, première séance publique à l’Assemblée nationale. Alors que les députés nouvellement élus prendront place dans l’hémicycle pour l’inauguration de la XVIe législature de la Ve République, un premier mouvement social viendra se faire entendre sous les fenêtres du palais Bourbon. A l’appel des organisations syndicales, les salariés de l’audiovisuel public feront grève et manifesteront entre Montparnasse et l’Assemblée ce mardi. En cause principalement, «le flou absolu sur le remplacement de la redevance», indique Lionel Thompson de la SNJ-CGT Radio France. Annoncée par Emmanuel Macron au début de sa campagne présidentielle, le 7 mars à Poissy (Yvelines), la suppression de la redevance, présentée comme une mesure destinée à favoriser le pouvoir d’achat, n’a pour le moment pas été suivie d’un réel projet de financement alternatif de l’audiovisuel public. Son calendrier a même été accéléré, l’exécutif souhaitant faire disparaître le prélèvement de 138 euros (par foyer disposant d’un téléviseur) dès cet été.
>**A mesure que les télés disparaissent des salons**
>Cette fin de contribution à l’audiovisuel public (CAP) a ainsi été intégrée au projet de loi de finances rectificatif qui sera présenté en Conseil des ministres le 8 juillet, puis à l’Assemblée à partir du 18 juillet. En 2021, la redevance couvrait 3,2 des 3,8 milliards d’euros de budget de l’audiovisuel public. Mais elle était devenue obsolète, un constat partagé quasi unanimement. Fondamentalement inégalitaire – elle est payée par tous les foyers munis d’un téléviseur sans distinction de revenus – elle a aussi, en l’état, vocation à décroître mécaniquement, à mesure que les télés disparaissent des salons. «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il fallait la réformer, en convient Lionel Thompson. Mais on persiste à revendiquer le maintien d’une taxe fléchée, seul moyen d’assurer la pérennité du financement et l’indépendance du service public.» Dans un rapport de l’économiste Julia Cagé pour la Fondation Jean-Jaurès, paru lundi, seules 20,6 % des personnes interrogées souhaitent une suppression de la redevance, 34,5 % d’entre elles voudraient son remplacement par une nouvelle ressource affectée, et 16 % son maintien tel quel (28,9 % ne se prononcent pas).
>Le rapport propose ainsi divers modèles de contributions affectées en fonction des revenus, déjà à l’œuvre en Scandinavie. Mais l’exécutif semble avoir depuis longtemps abandonné les pistes d’une redevance universelle «à l’allemande», ou même d’une taxe sur les matériels électroniques, alternatives les plus souvent citées. Reste alors sur la table une intégration au budget de l’Etat, avec tous les écueils que cela implique : l’audiovisuel public comme variable d’ajustement, une renégociation annuelle du budget, sans parler de la perte d’indépendance des rédactions. Avec aussi, 3 milliards à trouver dans les caisses de l’Etat.
>**«Ils n’ont pas arrêté de bricoler»**
>Le débat aura-t-il lieu ? L’effet d’annonce passé, le gouvernement a semblé rechigner à se pencher sur le dossier. Pendant ce temps-là, salariés et dirigeants de l’audiovisuel public ne savent toujours pas comment ils gagneront leurs vies dans six mois. Tout juste la nouvelle ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a déclaré, dans le Parisien, que des «mécanismes» seraient mis en place pour préserver l’indépendance et une «garantie supplémentaire rendant impossible les baisses de crédits en cours d’année». Elle a ajouté sur France Inter que l’audiovisuel public bénéficiera d’une visibilité pluriannuelle sur son financement et qu’une option était de créer une «commission pluraliste, en discussion avec le président de l’Arcom [l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique]» pour assurer son indépendance. En l’état, c’est assez mince. Un responsable du service public analyse : «On a l’impression qu’ils n’ont jamais considéré que le financement de l’audiovisuel public pouvait être un dossier prioritaire, et ils n’ont pas arrêté de bricoler.»
>Alors dans ce clair-obscur, resurgissent de vieux projets. Le 8 juin, la présentation d’un rapport sénatorial sur la redevance mené par les élus du parti Les Républicains Jean-Raymond Hugonet et Roger Karoutchi a ainsi été l’occasion de remettre sur la table le rêve ancien de «BBC à la française», ou néo-ORTF, c’est selon. Soit une fusion de l’audiovisuel public (Arte et TV5 Monde mis à part) : Radio France dans France Télés et vice-versa, avec l’INA et un bout de l’audiovisuel extérieur France médias monde dans le lot. «C’est le sens de l’histoire», ont fait valoir les sénateurs, a priori inspirés par les concentrations à l’œuvre dans le secteur des médias, qu’il s’agisse du mariage entre TF1 et M6 ou de l’empire Bolloré. Jusque-là, la tentative la plus récente de créer des ponts entre les différentes composantes de l’audiovisuel public avait été un projet assez consensuel de holding porté par le ministre de la Culture Franck Riester en 2019. Projet tué dans l’œuf par la crise du coronavirus quelques mois plus tard.
>**Le rapport est «catastrophique»**
>La fusion imaginée par les sénateurs, au terme d’auditions de dirigeants de l’audiovisuel public notamment, va beaucoup plus loin. Là où la holding créait une structure se superposant à celles déjà existantes, la fusion envisage par exemple la création d’une newsroom commune regroupant tous les journalistes du service public. Si les sénateurs assurent que cette concentration n’a pas pour but une réduction des effectifs et des moyens, ils estiment tout de même à 10 % du budget de l’audiovisuel public les économies d’échelle à l’issue d’un tel projet. «La motivation profonde du rapport Hugonet-Karoutchi, c’est d’engager un plan d’économies pour l’audiovisuel public, estime un observateur circonspect. Mais une DRH ou une compta au lieu de deux, est-ce que ça donne de l’agilité ? Cette obsession des grands ensembles, c’est une réflexion de l’ère industrielle.»
>Pour Lionel Thompson, de la SNJ-CGT Radio France, le projet préconisé par le rapport est «catastrophique» : «Dans nos métiers, on sait que dans ces cas-là, ce sont les impératifs techniques et éditoriaux de la télévision qui s’imposent. Ici à Radio France, on se bat déjà contre la mutualisation des rédactions au nom de la pluralité et de la diversité des antennes. Accessoirement, mettre tous les journalistes dans la même rédaction, cela devient plus facile à contrôler politiquement.» Comme les sénateurs, l’ancien PDG de Radio France Mathieu Gallet s’est lui aussi fait récemment l’avocat d’une fusion, dans son livre Jeux de pouvoir sorti en mai. «Il apparaît logique et nécessaire que le service public connaisse le même mouvement [que les concentrations à l’œuvre dans les médias privés, ndlr] en fusionnant ses entités pour dégager des synergies et une force de frappe indispensable pour peser sur un marché dont les investissements vont croissant sous la pression concurrentielle des plateformes», écrit-il.
>**Ernotte milite en coulisses**
>Si le rapport des sénateurs ne constitue rien d’autre qu’une éventuelle base de travail pour le gouvernement, il est aussi le reflet des positions des dirigeants de l’audiovisuel public. Et notamment celui de Delphine Ernotte. En coulisses, la présidente de France Télévisions est une fervente partisane d’une fusion. «Elle y est plus que très favorable, indique un bon connaisseur de l’audiovisuel public. Au nom de l’efficacité, de la rationalisation des dépenses. Et ça ne lui déplairait pas forcément d’augmenter son périmètre.»
>Tous les dirigeants ne sont toutefois pas sur cette ligne cependant. Si le PDG de l’INA Laurent Vallet est aussi pour un projet de fusion, Marie-Christine Saragosse de France médias monde et Sibyle Veil de Radio France y sont réfractaires. Cette dernière a passé le message dans une interview au Figaro, jeudi : «Je crains que l’on se trompe de débat. Radio France et France Télévisions n’ont pas du tout les mêmes enjeux stratégiques. […] La création d’un conglomérat public ne permet de gagner ni en efficacité ni en agilité.» Comme le note Mathieu Gallet dans son livre, les mandats de Marie-Christine Saragosse et Sibyle Veil s’achèveront cependant l’an prochain : le timing pour lancer un éventuel projet de fusion se situerait là.
>**«Proximité, jeunesse, création»**
>La fusion a en tout cas un autre supporteur de renom, et il se trouve à l’Elysée. Le bras droit d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, y verrait une rationalisation bienvenue. Il préfère de longue date le regroupement de l’audiovisuel public au sein d’une seule et même entité, plutôt que le projet de holding porté par Riester par exemple. Le secrétaire général de l’Elysée connaît bien le sujet : il a siégé au conseil d’administration de France Télévisions au début des années 2010, du temps où il travaillait à l’Agence des participations de l’Etat.
>Interrogée sur la possibilité d’une fusion le 20 juin sur France Inter, la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak n’a, elle, pas fermé la porte. Tout en restant prudente : «Pour moi, le sujet c’est de partir des enjeux et des ambitions de l’audiovisuel public, sur la proximité, la jeunesse, la création. Il faut discuter de l’organisation dans un second temps». Il faut dire qu’au lendemain des résultats des législatives, la donne a quelque peu changé : supprimer la redevance, peut-être ; faire rentrer le financement de l’audiovisuel public dans le budget de l’Etat, pourquoi pas ; mais la majorité présidentielle a-t-elle encore le poids politique pour engager le Big Bang d’une fusion ?
Il y avait déjà une façon de ne pas payer la redevance TV (remplacer la télé par un ordinateur et un vidéoprojecteur). Ça fait un écran vraiment plat, l’image peut être agrandie, et ça coûtait moins cher qu’une TV écran plat
Ce serait tout de même logique que l’audiovisuel soit financé par le budget de l’Etat (qui décide combien il veut y mettre) plutôt que par une taxe dont le produit varie forcément d’année en année.
Ou alors on rend l’accès à la télé et la radio publique payants, mais on sait bien que personne ne voudra payer.
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>**Fin de la redevance et financement de l’audiovisuel public: c’est flou, non?**
>Alors qu’est débattue l’idée d’une fusion de l’audiovisuel public, un mouvement social des salariés du secteur a lieu ce mardi pour protester contre les nombreuses inconnues qui entourent son financement, après l’annonce de la fin de la redevance.
>Le jour n’est pas anodin. Mardi 28 juin, première séance publique à l’Assemblée nationale. Alors que les députés nouvellement élus prendront place dans l’hémicycle pour l’inauguration de la XVIe législature de la Ve République, un premier mouvement social viendra se faire entendre sous les fenêtres du palais Bourbon. A l’appel des organisations syndicales, les salariés de l’audiovisuel public feront grève et manifesteront entre Montparnasse et l’Assemblée ce mardi. En cause principalement, «le flou absolu sur le remplacement de la redevance», indique Lionel Thompson de la SNJ-CGT Radio France. Annoncée par Emmanuel Macron au début de sa campagne présidentielle, le 7 mars à Poissy (Yvelines), la suppression de la redevance, présentée comme une mesure destinée à favoriser le pouvoir d’achat, n’a pour le moment pas été suivie d’un réel projet de financement alternatif de l’audiovisuel public. Son calendrier a même été accéléré, l’exécutif souhaitant faire disparaître le prélèvement de 138 euros (par foyer disposant d’un téléviseur) dès cet été.
>**A mesure que les télés disparaissent des salons**
>Cette fin de contribution à l’audiovisuel public (CAP) a ainsi été intégrée au projet de loi de finances rectificatif qui sera présenté en Conseil des ministres le 8 juillet, puis à l’Assemblée à partir du 18 juillet. En 2021, la redevance couvrait 3,2 des 3,8 milliards d’euros de budget de l’audiovisuel public. Mais elle était devenue obsolète, un constat partagé quasi unanimement. Fondamentalement inégalitaire – elle est payée par tous les foyers munis d’un téléviseur sans distinction de revenus – elle a aussi, en l’état, vocation à décroître mécaniquement, à mesure que les télés disparaissent des salons. «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il fallait la réformer, en convient Lionel Thompson. Mais on persiste à revendiquer le maintien d’une taxe fléchée, seul moyen d’assurer la pérennité du financement et l’indépendance du service public.» Dans un rapport de l’économiste Julia Cagé pour la Fondation Jean-Jaurès, paru lundi, seules 20,6 % des personnes interrogées souhaitent une suppression de la redevance, 34,5 % d’entre elles voudraient son remplacement par une nouvelle ressource affectée, et 16 % son maintien tel quel (28,9 % ne se prononcent pas).
>Le rapport propose ainsi divers modèles de contributions affectées en fonction des revenus, déjà à l’œuvre en Scandinavie. Mais l’exécutif semble avoir depuis longtemps abandonné les pistes d’une redevance universelle «à l’allemande», ou même d’une taxe sur les matériels électroniques, alternatives les plus souvent citées. Reste alors sur la table une intégration au budget de l’Etat, avec tous les écueils que cela implique : l’audiovisuel public comme variable d’ajustement, une renégociation annuelle du budget, sans parler de la perte d’indépendance des rédactions. Avec aussi, 3 milliards à trouver dans les caisses de l’Etat.
>**«Ils n’ont pas arrêté de bricoler»**
>Le débat aura-t-il lieu ? L’effet d’annonce passé, le gouvernement a semblé rechigner à se pencher sur le dossier. Pendant ce temps-là, salariés et dirigeants de l’audiovisuel public ne savent toujours pas comment ils gagneront leurs vies dans six mois. Tout juste la nouvelle ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a déclaré, dans le Parisien, que des «mécanismes» seraient mis en place pour préserver l’indépendance et une «garantie supplémentaire rendant impossible les baisses de crédits en cours d’année». Elle a ajouté sur France Inter que l’audiovisuel public bénéficiera d’une visibilité pluriannuelle sur son financement et qu’une option était de créer une «commission pluraliste, en discussion avec le président de l’Arcom [l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique]» pour assurer son indépendance. En l’état, c’est assez mince. Un responsable du service public analyse : «On a l’impression qu’ils n’ont jamais considéré que le financement de l’audiovisuel public pouvait être un dossier prioritaire, et ils n’ont pas arrêté de bricoler.»
>Alors dans ce clair-obscur, resurgissent de vieux projets. Le 8 juin, la présentation d’un rapport sénatorial sur la redevance mené par les élus du parti Les Républicains Jean-Raymond Hugonet et Roger Karoutchi a ainsi été l’occasion de remettre sur la table le rêve ancien de «BBC à la française», ou néo-ORTF, c’est selon. Soit une fusion de l’audiovisuel public (Arte et TV5 Monde mis à part) : Radio France dans France Télés et vice-versa, avec l’INA et un bout de l’audiovisuel extérieur France médias monde dans le lot. «C’est le sens de l’histoire», ont fait valoir les sénateurs, a priori inspirés par les concentrations à l’œuvre dans le secteur des médias, qu’il s’agisse du mariage entre TF1 et M6 ou de l’empire Bolloré. Jusque-là, la tentative la plus récente de créer des ponts entre les différentes composantes de l’audiovisuel public avait été un projet assez consensuel de holding porté par le ministre de la Culture Franck Riester en 2019. Projet tué dans l’œuf par la crise du coronavirus quelques mois plus tard.
>**Le rapport est «catastrophique»**
>La fusion imaginée par les sénateurs, au terme d’auditions de dirigeants de l’audiovisuel public notamment, va beaucoup plus loin. Là où la holding créait une structure se superposant à celles déjà existantes, la fusion envisage par exemple la création d’une newsroom commune regroupant tous les journalistes du service public. Si les sénateurs assurent que cette concentration n’a pas pour but une réduction des effectifs et des moyens, ils estiment tout de même à 10 % du budget de l’audiovisuel public les économies d’échelle à l’issue d’un tel projet. «La motivation profonde du rapport Hugonet-Karoutchi, c’est d’engager un plan d’économies pour l’audiovisuel public, estime un observateur circonspect. Mais une DRH ou une compta au lieu de deux, est-ce que ça donne de l’agilité ? Cette obsession des grands ensembles, c’est une réflexion de l’ère industrielle.»
>Pour Lionel Thompson, de la SNJ-CGT Radio France, le projet préconisé par le rapport est «catastrophique» : «Dans nos métiers, on sait que dans ces cas-là, ce sont les impératifs techniques et éditoriaux de la télévision qui s’imposent. Ici à Radio France, on se bat déjà contre la mutualisation des rédactions au nom de la pluralité et de la diversité des antennes. Accessoirement, mettre tous les journalistes dans la même rédaction, cela devient plus facile à contrôler politiquement.» Comme les sénateurs, l’ancien PDG de Radio France Mathieu Gallet s’est lui aussi fait récemment l’avocat d’une fusion, dans son livre Jeux de pouvoir sorti en mai. «Il apparaît logique et nécessaire que le service public connaisse le même mouvement [que les concentrations à l’œuvre dans les médias privés, ndlr] en fusionnant ses entités pour dégager des synergies et une force de frappe indispensable pour peser sur un marché dont les investissements vont croissant sous la pression concurrentielle des plateformes», écrit-il.
>**Ernotte milite en coulisses**
>Si le rapport des sénateurs ne constitue rien d’autre qu’une éventuelle base de travail pour le gouvernement, il est aussi le reflet des positions des dirigeants de l’audiovisuel public. Et notamment celui de Delphine Ernotte. En coulisses, la présidente de France Télévisions est une fervente partisane d’une fusion. «Elle y est plus que très favorable, indique un bon connaisseur de l’audiovisuel public. Au nom de l’efficacité, de la rationalisation des dépenses. Et ça ne lui déplairait pas forcément d’augmenter son périmètre.»
>Tous les dirigeants ne sont toutefois pas sur cette ligne cependant. Si le PDG de l’INA Laurent Vallet est aussi pour un projet de fusion, Marie-Christine Saragosse de France médias monde et Sibyle Veil de Radio France y sont réfractaires. Cette dernière a passé le message dans une interview au Figaro, jeudi : «Je crains que l’on se trompe de débat. Radio France et France Télévisions n’ont pas du tout les mêmes enjeux stratégiques. […] La création d’un conglomérat public ne permet de gagner ni en efficacité ni en agilité.» Comme le note Mathieu Gallet dans son livre, les mandats de Marie-Christine Saragosse et Sibyle Veil s’achèveront cependant l’an prochain : le timing pour lancer un éventuel projet de fusion se situerait là.
>**«Proximité, jeunesse, création»**
>La fusion a en tout cas un autre supporteur de renom, et il se trouve à l’Elysée. Le bras droit d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, y verrait une rationalisation bienvenue. Il préfère de longue date le regroupement de l’audiovisuel public au sein d’une seule et même entité, plutôt que le projet de holding porté par Riester par exemple. Le secrétaire général de l’Elysée connaît bien le sujet : il a siégé au conseil d’administration de France Télévisions au début des années 2010, du temps où il travaillait à l’Agence des participations de l’Etat.
>Interrogée sur la possibilité d’une fusion le 20 juin sur France Inter, la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak n’a, elle, pas fermé la porte. Tout en restant prudente : «Pour moi, le sujet c’est de partir des enjeux et des ambitions de l’audiovisuel public, sur la proximité, la jeunesse, la création. Il faut discuter de l’organisation dans un second temps». Il faut dire qu’au lendemain des résultats des législatives, la donne a quelque peu changé : supprimer la redevance, peut-être ; faire rentrer le financement de l’audiovisuel public dans le budget de l’Etat, pourquoi pas ; mais la majorité présidentielle a-t-elle encore le poids politique pour engager le Big Bang d’une fusion ?
Il y avait déjà une façon de ne pas payer la redevance TV (remplacer la télé par un ordinateur et un vidéoprojecteur). Ça fait un écran vraiment plat, l’image peut être agrandie, et ça coûtait moins cher qu’une TV écran plat
« le besoin de financement des sociétés de l’audiovisuel public s’établit à 3,7 milliards d’euros. » ([source](https://www.senat.fr/rap/r21-651/r21-651-syn.pdf))
Ce serait tout de même logique que l’audiovisuel soit financé par le budget de l’Etat (qui décide combien il veut y mettre) plutôt que par une taxe dont le produit varie forcément d’année en année.
Ou alors on rend l’accès à la télé et la radio publique payants, mais on sait bien que personne ne voudra payer.