Le Monde : Derrière l’opposition aux éoliennes, une galaxie influente et pronucléaire

13 comments
  1. Oui oui c’est pas du tout le fait qu’il faudrait recouvrir tout le pays de moulins à vent, qui utilisent des pales non recyclables et des blocs de béton de plusieurs tonnes, pour avoir le tiers de ce qui sera nécessaire pour recharger les voitures électriques, quand il ne fait pas trop beau…

  2. **Derrière l’opposition aux éoliennes, une galaxie influente et pronucléaire**

    Dans l’ombre des contestations locales et souvent spontanées contre les implantations, s’active un réseau bénéficiant de puissants relais jusqu’au sommet de l’Etat. Avec pour objectif d’imposer une relance massive du nucléaire.

    « Tu as raison. Bats-toi. Tu es notre Don Quichotte ! » L’hommage est de Brigitte Macron. Son Don Quichotte ? Stéphane Bern. Ses moulins à vent ? Les éoliennes. L’animateur télé, ami du couple présidentiel, les combat sans relâche au nom de la préservation du patrimoine, son autre mission – officielle celle-là –, confiée par le chef de l’Etat. La scène se déroule il y a un an, le 7 juin 2021, sous les lambris de l’Institut de France, à Paris, lors de la remise des prix de la fondation Stéphane Bern. Le présentateur étrille les éoliennes dont « la multiplication anarchique » est « en train de défigurer nos paysages, de saccager des sites naturels et de polluer notre environnement ». La première dame acquiesce.

    Deux ans plus tôt, dans l’hélicoptère qui les emmène à Amboise (Indre-et-Loire) pour le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, Emmanuel Macron fait une confidence à Stéphane Bern en survolant un parc éolien : « C’est vrai que c’est moche, tu as raison il y en a trop. » Au cours de son premier quinquennat, le chef de l’Etat a opéré un virage à 180 degrés sur la stratégie énergétique de la France. Il débute son mandat en mettant en œuvre la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) décidée par son prédécesseur et prévoit de doubler les capacités de l’éolien terrestre d’ici à 2030. Cinq ans plus tard, il reporte cet objectif à 2050 et relance la filière nucléaire.

    Pourquoi un tel revirement ? Ces dernières années, un peu partout en France, des citoyens se sont opposés à des projets éoliens. Mais, dans l’ombre de ces contestations locales et souvent spontanées, s’active une galaxie organisée au niveau national qui milite non seulement pour mettre un coup d’arrêt à l’éolien, mais aussi pour une relance massive du nucléaire. Une mouvance qui dispose de puissants relais politiques et médiatiques et de réseaux d’influence touchant jusqu’au sommet de l’Etat, comme le montre cette enquête, qui s’appuie notamment sur des éléments transmis par Greenpeace et le Global Strategic Communications Council (un réseau international promouvant la transition écologique), vérifiés et complétés par Le Monde.

    Mardi 31 mai, ses représentants ont rendez-vous dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, pour une conférence portant sur « un nouveau mix énergétique ». Lorsque l’ordinateur qui projette les présentations des intervenants s’éteint, la boutade est toute trouvée : « C’est à cause de l’intermittence des éoliennes ! », s’amuse la salle.

    Au rez-de-chaussée de l’Hôtel de l’industrie sont réunies des figures historiques des mouvements antiéolien, mais aussi pronucléaire. Jean-Louis Butré, le président de la Fédération environnement durable (FED), la principale organisation antiéoliennes ; Fabien Bouglé, conseiller municipal (divers droite) de Versailles, auteur d’un livre à charge contre les éoliennes (Eoliennes. La face noire de la transition énergétique, Editions du Rocher, 2019) et d’un autre vantant les mérites de l’atome (Nucléaire. Les vérités cachées, Editions du Rocher, 2021) ; Bernard Accoyer (Les Républicains, LR), ancien président de l’Assemblée nationale, fondateur de l’association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC) ; ou encore les présidents du saint des saints de l’establishment français – le Cercle de l’Union interalliée – Denis de Kergorlay, et du Cercle d’étude réalités écologiques et mix énergétique (Cérémé) Xavier Moreno, deux autres pourfendeurs de l’éolien et défenseurs acharnés de l’atome.

    **Une « agression » contre les populations rurales**

    Quelques mois plus tôt, les mêmes étaient rassemblés dans un lieu encore plus prestigieux : à l’invitation de M. Accoyer, environ 200 personnes participaient au colloque organisé par le Cérémé au sein même de l’Assemblée nationale, avec pour ambition de « faire entrer la politique énergétique française dans l’âge de la raison ». Lors de ces rencontres s’égrainent, au fil des interventions, les contours de leur « combat ».

    Pour les intervenants, les éoliennes sont une « agression » à l’encontre des populations rurales, une atteinte aux paysages qui provoque dégâts environnementaux, problèmes de santé et dévaluation des prix de l’immobilier. Elles seraient aussi une aberration économique aux mains d’un « cartel » et imposées par la « corruption » ou les « menaces » des développeurs éoliens.

    Plus largement, les renouvelables sont jugés inutiles pour lutter contre le réchauffement climatique. Intermittentes (les éoliennes ne fonctionnent que lorsqu’il y a du vent) et non pilotables (la production ne peut être ajustée en fonction des besoins), elles nécessiteraient inévitablement de rallumer des centrales à gaz polluantes dès qu’elles cessent de fonctionner. Et si les prix de l’énergie explosent et que la France risque aujourd’hui « le black-out », ce ne serait que parce qu’un « puissant lobby éolien » aurait « infiltré » tous les niveaux de l’Etat : l’Agence de la transition écologique (Ademe), le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE), la direction générale de l’énergie et du climat et surtout le ministère de la transition écologique.

    Face à « l’illusion » de l’éolien, il n’y a, pour tous ces acteurs, qu’une seule option : relancer massivement la filière nucléaire. « La France a un atout fabuleux : il est de notre responsabilité de harceler l’exécutif, de harceler les élus » pour que soit reconstruite la filière, insiste, en conclusion du colloque du 31 mai, Bernard Accoyer, le président de l’association PNC, lancée en février 2021 par une cinquantaine de personnalités de tous bords (l’ancien ministre et sénateur (LR) de la Meuse Gérard Longuet, l’ex-député (LR) de Vaucluse Julien Aubert, l’ancien président de la SNCF Louis Gallois, les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg…).

    **« Un lobby nucléaire fort »**

    Pour ces défenseurs de l’atome, les ambitions du président, qui prévoit désormais la construction de six, voire quatorze nouveaux réacteurs, restent largement insuffisantes. Sur la petite estrade de l’Hôtel de l’industrie, Xavier Moreno sort de son tote bag blanc l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050 », qui décrit six scénarios possibles permettant d’atteindre la neutralité carbone du système électrique en France, à l’horizon 2050. L’option la plus favorable au nucléaire prévoit que celle-ci fournisse la moitié de l’électricité d’ici à trente ans. Bien trop peu, aux yeux du Cérémé, qui a donc fait réaliser son propre scénario par le cabinet d’étude indépendant Roland Berger. Sans surprise, celui-ci affirme qu’un mix électrique reposant à 80 % sur le nucléaire, grâce à la construction de vingt-quatre EPR 2 d’ici à 2050 et sans nouveau parc éolien, serait « le meilleur pour la France ».

    Les défenseurs des énergies renouvelables réfutent les arguments de leurs adversaires et dénoncent des stratégies de désinformation. Au-delà des acteurs du secteur, aucun organisme officiel ou organisation internationale n’a jusqu’à présent confirmé qu’il était possible d’atteindre la neutralité carbone en cessant le développement de l’éolien et en misant quasiment exclusivement sur l’atome.

    Le parc nucléaire permet aujourd’hui à la France d’avoir le système électrique le plus décarboné d’Europe. Mais, au cours des prochaines décennies, pour des raisons industrielles liées à leur vieillissement, les cinquante-six réacteurs devront être mis à l’arrêt. Or, en parallèle, l’objectif de baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre va exiger une électrification de nombreux usages, et donc une hausse de la consommation d’électricité.

    Pour le gouvernement et la plupart des experts de l’énergie, une augmentation massive de la production d’électricité d’origine renouvelable est donc indispensable pour faire face à cette double dynamique, et ce même en conservant des capacités de production nucléaire importantes.

    « On entend de la part des pronucléaire que RTE est vendu au lobby des renouvelables, ce qui est faux. Mais l’Agence internationale de l’énergie, ce ne sont pas des écolos en Birkenstock, et pourtant ils disent la même chose sur la nécessité de développer massivement l’éolien !, indique Barbara Pompili, l’ancienne ministre de la transition écologique, réélue députée de la Somme. Il y a de nouveaux acteurs, mais il y a toujours eu un lobby nucléaire fort en France. Ces gens considèrent le développement des renouvelables comme une menace vis-à-vis du nucléaire, qui serait dans une situation de forteresse assiégée. »

  3. Autour des chez moi les anti éoliennes sont aussi anti nuke. Enfait dès qu’un nouveau truc est en projet ils sont contre.
    Sinon pour reprendre l’angle de l’article, je pense que de l’autre côté, chez les anti nuke, se cache aussi un lobby des énergies fossiles fort. Quand on regarde la production d’énergie à grande échelle, le nuke est leur menace principale. Perso je suis pour l’éolien et le nucléaire, chacun ses avantages. Même si l’état de l’Allemagne en ce moment malgré 120GW de renouvelables laisse perplexe… on a 60GW de nucléaire en tout en France pour comparer, dont la moitié en panne, et on reste moins dans la mouise qu’eux.

  4. L’article ne détaille aucun argument scientifique, juste un dogme contre un autre.

    On peut avoir un vrai débat scientifique en 2022 ?

  5. Moi ~~au PMU~~ sur R/france:

    “Derrière l’opposition aux OGM, une galaxie influente antinucléaire”

  6. Encore un article de la sphère à Foucart, les articles planète du Monde ne font pas honneur au journal

  7. Ce qu’oublie tout les pro-nucleaire/anti-eoliens c’est que pour garantir l’indépendance énergétique de la France dans le futur, un développement important des énergies renouvelables est obligatoire.

    C’est pas moi qui le dit c’est RTE.

    Si on veut faire du nucléaire au maximum du maximum. C’est 14 EPR2 d’ici 2050, EDF a déjà annoncé que ce chiffre c’était leur limite si tout se passe bien et qu’il n’y a aucun retard et un investissement massif. C’est la prolongation de la durée de vie de nos centrales actuelles à 80 ans pour 40 ans à la base et l’ASN semble déjà très frileuse de dépasser 60 ans (et c’est l’ASN qui a le dernier mot). C’est le développement massif des Petits Réacteurs Modulaire qui n’existe encore que sur le papier.

    Avec tout ce nucléaire, cela représentera seulement 50% de nos besoins en 2050.

    Il nous reste donc à trouver un moyen de produire les 50% restants.

    L’hydraulique représentera 10% et on ne peut pas faire plus car il n’existe plus un seul site capable d’accueillir un barrage sur le territoire.

    Il nous reste donc 40%. Donc soit on le fait avec de l’éolien et du solaire, soit on le fait avec du fossile.

    Si on le fait seulement avec du solaire, ça veut dire une surface équivalente à l’Essonne recouverte à 100% de panneau solaire dans nos régions les plus ensoleillé (autant vous dire que la PACA ne sera jamais d’accord). Donc il nous faut quoi qu’il arrive de l’éolien si on ne veut pas de fossile.

    En 2022 être contre l’éolien ça veut dire être pour le fossile.

  8. >Au-delà des acteurs du secteur, aucun organisme officiel ou organisation internationale n’a jusqu’à présent confirmé qu’il était possible d’atteindre la neutralité carbone en cessant le développement de l’éolien et en misant quasiment exclusivement sur l’atome.

    Et la réalité de la production électrique des trente dernières années avec [une énergie décarboné à 90% ca leur suffit pas comme confirmation ?](https://bilan-electrique-2020.rte-france.com/production-emissions-de-co2/#) Ils sont cons ou cons ?

  9. Moi je suis pro pour les deux…jusqu’à ce qu’on trouve meilleur? Les éoliennes sont fait avec des matériaux difficilement recyclables de ce que j’ai lu et ne produisent pas suffisamment pour couvrir nos besoins électriques. Le nucléaire pollue aussi et doit être plus dangereux (je suppose) que l’éolien mais a un meilleur rendement. Après je pense qu’il y a quand même moyen de trouver mieux? Est-ce que diversifier la production (de l’éolien + du nucléaire + du solaire + de l’hydrolique) tout en investissant dans la recherche ce serait pas possible? J’avoue que j’y connais rien et que mon avis est sans doute pas très utile mais bon c’était mes deux centimes

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