**De nombreux chefs d’entreprise observent le déclin de la culture scientifique et s’en inquiètent. Trois d’entre eux nous expliquent pourquoi notre pays doit réapprendre la “langue des chiffres”.**
Durée : 7 min
**”Les clefs d’un progrès soutenable et inclusif”**
Colonne vertébrale des sciences et techniques, les mathématiques sont indispensables. Elles servent bien sûr à mieux comprendre notre monde, des lois de la physique aux équilibres biologiques en passant par la chimie ou encore la géologie. Mais ce n’est pas tout : les mathématiques nous obligent à développer une certaine capacité d’abstraction, à manipuler des concepts complexes, à chercher des solutions à des problèmes d’apparence purement théorique. Bref, les mathématiques apprennent à réfléchir. Loin de l’image élitiste que cette discipline peut avoir, elle oblige – au contraire – à une profonde humilité. On ne peut pas tricher, s’arranger d’approximations et de raccourcis avec les maths. Et ce n’est pas nouveau : Galilée avait déjà identifié que “la mathématique est une science dangereuse : elle dévoile les supercheries et les erreurs de calcul”.
La période actuelle, les crises multiples que nous traversons, les psychoses et autres fake news dont nous sommes parfois la cible ne peuvent que nous renforcer dans le besoin de former les jeunes aux mathématiques. Elles ont permis le développement rapide de nouvelles technologies : il paraissait impensable il y a quelques décennies de savoir convertir un courant électrique en intelligence artificielle, de pouvoir communiquer si facilement d’un bout à l’autre de la planète, ou encore de produire des immenses quantités de données. Les défis qui nous attendent sont nombreux. Le défi climatique est sans doute le plus urgent d’entre eux, tant le nombre de paramètres à optimiser est grand, et l’équation complexe.
Et pourtant, je constate que les maths attirent moins les jeunes et encore moins les jeunes femmes. Chez Orange comme ailleurs, cette génération est porteuse d’un espoir immense. Ce sont eux qui feront la société de demain, avec leurs convictions et leurs attentes. Former les plus jeunes aux mathématiques, c’est leur donner les clefs pour construire un avenir meilleur, et conduire l’humanité vers un progrès soutenable et inclusif.
“Un enjeu crucial, pour le développement intellectuel et psychique des générations à venir”
**Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard**
Comme Monsieur Jourdain, nous faisons tous des maths sans le savoir, et je dois avouer que ces équations et règles de trois du quotidien sont pour moi une petite récréation personnelle. Je me désole donc d’un appauvrissement du cursus mathématique qui ne sera pas sans conséquences sur le développement intellectuel et psychique des générations à venir. Car nous savons ce que la pratique de cette discipline apporte à nombre de fonctions cognitives essentielles, comme la capacité de raisonnement, la mémoire ou même la créativité.
Pour trouver leur place dans l’entreprise, les jeunes diplômés doivent comprendre et parler la langue des chiffres, langue universelle, bien vivante, incontournable et souvent ludique.
Je refuse d’opposer littéraires et scientifiques, et la diversité des profils constitue une formidable source de richesse pour l’entreprise. Néanmoins, dans nombre d’activités de management, un minimum de familiarité avec les maths est requis. Dans un monde de plus en plus concurrentiel, il est vital d’évaluer sa performance. Or, en la matière, un tableau vaut bien 10 000 mots, et quelques secondes doivent suffire, sur la base de valeurs chiffrées et bien agencées, pour comprendre la situation d’une entité, ses forces, ses faiblesses, ses perspectives. Les mathématiques sous toutes leurs formes et la gymnastique intellectuelle qu’elles mettent en oeuvre font partie intégrante des compétences requises en entreprise.
Tant que nos plus formidables calculateurs ne comprendront pas la langue de Molière, ni celle de Shakespeare d’ailleurs, il faudra pour les paramétrer et les interpréter des esprits sensibles aux sciences et aux technologies. L’avenir de nombre d’entreprises repose désormais sur leur capacité à tirer le meilleur profit des fameuses datas, qui sont l’aboutissement d’une inimaginable quantité de données et autres algorithmes. Dans la gigantesque grammaire des chiffres, ces informations sont un extraordinaire accélérateur de croissance pour qui sait les croiser, les exporter, les projeter. En somme, les faire parler.
Nous avons la chance, en France, d’avoir des compétences scientifiques et des parcours académiques que le monde entier nous envie. Ne gâchons pas nos talents. Nous avons tous besoin des maths. Sous toutes leurs formes, elles ont encore tellement à nous apprendre.
Deux des trois patrons parlent du désamour pour les maths, et le troisième évoque en passant les mauvais résultats pour ensuite se concentrer sur l’intérêt global des maths : le choix de titrer sur les français nuls en maths est vraiment discutable au vu du contenu de l’entretien.
D’un autre côté, c’est quoi les perspectives pour les forts en math?
Si t’es pas débile, tu vois bien que créer des slides est bien plus rentable en terme de carrière.
Surtout qu’à un moment le technique c’est le seul à stresser face à de la pensée magique et le seul à devoir résoudre les pbs qd tout le monde est au cocktail.
On l’a vu pendant le covid, les statistiques et les grands nombres ça rend les gens perturbés. Aussi la méthodologie scientifique et empirique qui est passée à la trappe.
Mais plus sérieusement, j’ai jamais compris pourquoi il y a eu des réformes le quinquennat précédent, les maths même si j’étais pas fan ça reste la porte d’entrée aux subtilités de la vie contemporaine, politique, économique, scientifique et humaniste principalement.
Ça marchait pas trop mal avant, pourquoi on a changé les cursus classiques à part pour des délires megalo de politiciens tarés LREM ? C’était quoi le but ? Réduction des coûts ? Salopage de l’éducation publique ?
EDIT : c’est une vraie question c’est pas de la rhétorique, pendant ces 5 dernières années je me disais que c’était complétement con mais j’avais fini mon cursus et je rentrais dans la vie pro donc j’avais d’autres préoccupations, je lisais les grandes lignes mais pas les justifications derrières.
Je ne comprends pas en quoi leur avis serait important. Ça fait plus de 40 ans que les français sont nuls en maths, et que les profs de math se plaignent de la baisse du niveau et de la nullité des programmes.
Les boîtes françaises : paient les commerciaux et les managers deux à trois fois plus que les ingés
Les patrons français : pourquoi un tel désamour des maths ?
Travaillant à orange je ne connais pas un seul métier qui nécessite d’avoir un niveau en maths, y a probablement des postes du côté de la recherche mais c’est marginal par rapport au groupe…
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**De nombreux chefs d’entreprise observent le déclin de la culture scientifique et s’en inquiètent. Trois d’entre eux nous expliquent pourquoi notre pays doit réapprendre la “langue des chiffres”.**
Durée : 7 min
**”Les clefs d’un progrès soutenable et inclusif”**
**Christel Heydemann, directrice générale d’Orange**
Colonne vertébrale des sciences et techniques, les mathématiques sont indispensables. Elles servent bien sûr à mieux comprendre notre monde, des lois de la physique aux équilibres biologiques en passant par la chimie ou encore la géologie. Mais ce n’est pas tout : les mathématiques nous obligent à développer une certaine capacité d’abstraction, à manipuler des concepts complexes, à chercher des solutions à des problèmes d’apparence purement théorique. Bref, les mathématiques apprennent à réfléchir. Loin de l’image élitiste que cette discipline peut avoir, elle oblige – au contraire – à une profonde humilité. On ne peut pas tricher, s’arranger d’approximations et de raccourcis avec les maths. Et ce n’est pas nouveau : Galilée avait déjà identifié que “la mathématique est une science dangereuse : elle dévoile les supercheries et les erreurs de calcul”.
La période actuelle, les crises multiples que nous traversons, les psychoses et autres fake news dont nous sommes parfois la cible ne peuvent que nous renforcer dans le besoin de former les jeunes aux mathématiques. Elles ont permis le développement rapide de nouvelles technologies : il paraissait impensable il y a quelques décennies de savoir convertir un courant électrique en intelligence artificielle, de pouvoir communiquer si facilement d’un bout à l’autre de la planète, ou encore de produire des immenses quantités de données. Les défis qui nous attendent sont nombreux. Le défi climatique est sans doute le plus urgent d’entre eux, tant le nombre de paramètres à optimiser est grand, et l’équation complexe.
Et pourtant, je constate que les maths attirent moins les jeunes et encore moins les jeunes femmes. Chez Orange comme ailleurs, cette génération est porteuse d’un espoir immense. Ce sont eux qui feront la société de demain, avec leurs convictions et leurs attentes. Former les plus jeunes aux mathématiques, c’est leur donner les clefs pour construire un avenir meilleur, et conduire l’humanité vers un progrès soutenable et inclusif.
“Un enjeu crucial, pour le développement intellectuel et psychique des générations à venir”
**Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard**
Comme Monsieur Jourdain, nous faisons tous des maths sans le savoir, et je dois avouer que ces équations et règles de trois du quotidien sont pour moi une petite récréation personnelle. Je me désole donc d’un appauvrissement du cursus mathématique qui ne sera pas sans conséquences sur le développement intellectuel et psychique des générations à venir. Car nous savons ce que la pratique de cette discipline apporte à nombre de fonctions cognitives essentielles, comme la capacité de raisonnement, la mémoire ou même la créativité.
Pour trouver leur place dans l’entreprise, les jeunes diplômés doivent comprendre et parler la langue des chiffres, langue universelle, bien vivante, incontournable et souvent ludique.
Je refuse d’opposer littéraires et scientifiques, et la diversité des profils constitue une formidable source de richesse pour l’entreprise. Néanmoins, dans nombre d’activités de management, un minimum de familiarité avec les maths est requis. Dans un monde de plus en plus concurrentiel, il est vital d’évaluer sa performance. Or, en la matière, un tableau vaut bien 10 000 mots, et quelques secondes doivent suffire, sur la base de valeurs chiffrées et bien agencées, pour comprendre la situation d’une entité, ses forces, ses faiblesses, ses perspectives. Les mathématiques sous toutes leurs formes et la gymnastique intellectuelle qu’elles mettent en oeuvre font partie intégrante des compétences requises en entreprise.
Tant que nos plus formidables calculateurs ne comprendront pas la langue de Molière, ni celle de Shakespeare d’ailleurs, il faudra pour les paramétrer et les interpréter des esprits sensibles aux sciences et aux technologies. L’avenir de nombre d’entreprises repose désormais sur leur capacité à tirer le meilleur profit des fameuses datas, qui sont l’aboutissement d’une inimaginable quantité de données et autres algorithmes. Dans la gigantesque grammaire des chiffres, ces informations sont un extraordinaire accélérateur de croissance pour qui sait les croiser, les exporter, les projeter. En somme, les faire parler.
Nous avons la chance, en France, d’avoir des compétences scientifiques et des parcours académiques que le monde entier nous envie. Ne gâchons pas nos talents. Nous avons tous besoin des maths. Sous toutes leurs formes, elles ont encore tellement à nous apprendre.
Deux des trois patrons parlent du désamour pour les maths, et le troisième évoque en passant les mauvais résultats pour ensuite se concentrer sur l’intérêt global des maths : le choix de titrer sur les français nuls en maths est vraiment discutable au vu du contenu de l’entretien.
D’un autre côté, c’est quoi les perspectives pour les forts en math?
Si t’es pas débile, tu vois bien que créer des slides est bien plus rentable en terme de carrière.
Surtout qu’à un moment le technique c’est le seul à stresser face à de la pensée magique et le seul à devoir résoudre les pbs qd tout le monde est au cocktail.
On l’a vu pendant le covid, les statistiques et les grands nombres ça rend les gens perturbés. Aussi la méthodologie scientifique et empirique qui est passée à la trappe.
Mais plus sérieusement, j’ai jamais compris pourquoi il y a eu des réformes le quinquennat précédent, les maths même si j’étais pas fan ça reste la porte d’entrée aux subtilités de la vie contemporaine, politique, économique, scientifique et humaniste principalement.
Ça marchait pas trop mal avant, pourquoi on a changé les cursus classiques à part pour des délires megalo de politiciens tarés LREM ? C’était quoi le but ? Réduction des coûts ? Salopage de l’éducation publique ?
EDIT : c’est une vraie question c’est pas de la rhétorique, pendant ces 5 dernières années je me disais que c’était complétement con mais j’avais fini mon cursus et je rentrais dans la vie pro donc j’avais d’autres préoccupations, je lisais les grandes lignes mais pas les justifications derrières.
Je ne comprends pas en quoi leur avis serait important. Ça fait plus de 40 ans que les français sont nuls en maths, et que les profs de math se plaignent de la baisse du niveau et de la nullité des programmes.
Les boîtes françaises : paient les commerciaux et les managers deux à trois fois plus que les ingés
Les patrons français : pourquoi un tel désamour des maths ?
Travaillant à orange je ne connais pas un seul métier qui nécessite d’avoir un niveau en maths, y a probablement des postes du côté de la recherche mais c’est marginal par rapport au groupe…